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Bulletin quotidien d'information No. 872 pour la région des Grands Lacs

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News and Press Release
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NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires - IRIN
Pour l'Afrique Centrale et de l'Est
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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: La MONUC dément les restrictions sur les vols

La Mission d'observateurs de l'ONU en RDC (MONUC) a démenti des informations mercredi selon lesquelles ses vols d'observateurs militaires avaient été retenus au sol par les autorités de Kinshasa cette semaine. La semaine dernière, la MONUC a rejeté une demande de la RDC d'effectuer un contrôle de sécurité sur un avion, et selon quelques informations, les vols auraient été interdits en conséquence. La mission avait perdu un vol ce jour-là, mais les vols avaient continué normalement depuis lors, hormis certaines annulations de vol en raison des conditions météorologiques, a confié à IRIN un responsable de la MONUC. Alors qu'il continuait à y avoir des malentendus et des 'frictions bureaucratiques' entre la mission de l'ONU et Kinshasa, les choses semblaient aller raisonnablement bien en ce moment, et le rythme de travail s'accélérait dans la préparation du déploiement de la Phase 2 approuvée jeudi dernier par le Conseil de sécurité de l'ONU, a ajouté le représentant de la MONUC. La Mission se préparait actuellement à recevoir les 'premiers à rendre les choses possibles', les logisticiens, le personnel de communication et leur force de sécurité, pour le nouveau déploiement. Plusieurs centaines d'autres membres des Nations Unies devaient se déployer sur quatre bases principales - Mbandaka, Kisangani, Kindu et Mbuji-Mayi - dans les 40 à 60 prochains jours.

Ce déploiement donnerait un profil totalement nouveau à la MONUC. En effet, le sous-secrétaire général de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix, Bernard Miyet - attendu en RDC aux environs de la semaine prochaine - va probablement adopter une attitude plus forte et imposer des procédures plus strictes sur la liberté de mouvement et les laissez-passer accordés au personnel par mesure de sécurité, a fait savoir un fonctionnaire de l'ONU. Par exemple, la MONUC n'avait pas encore obtenu l'autorisation de la part du gouvernement de RDC de déployer ses forces à Mbandaka. Un des points de la visite de M. Miyet serait de garantir à la MONUC la liberté de déploiement, a-t-il ajouté. En ce moment, la mission devait demander des autorisations pour tous les déploiements, vols et missions sur le terrain. Mais en prenant une envergure plus importante, la MONUC ne pourrait plus ni ne souhaiterait travailler dans ce système actuel, qui était trop restrictif et bureaucratique, a-t-il dit.

RDC: Rapport des Etats-Unis sur l'usage des droits de l'homme

Les deux bords au conflit congolais ont fait preuve d'une violence excessive et ont commis de nombreux abus, a déclaré le département d'état américain dans son rapport de 1999 sur les droits de l'homme en RDC, rendu public cette semaine. 'Tout au long de l'année, on a recueilli un grand nombre d'informations relatant des massacres et des abus des droits de l'homme perpétrés par les forces rebelles et gouvernementales,' a signalé le rapport. La faction Goma du groupe rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma) et les forces rwandaises avaient commis de nombreux massacres collectifs, généralement en représailles contre les attaques Mayi-Mayi, tandis que le président Laurent-Désiré Kabila 'coordonnait les opérations' avec les milices Mayi-Mayi et hutues, qui auraient également tué beaucoup de civils, a indiqué le rapport.

Les CPP 'formés par les Libyens' restreignent la liberté d'expression

Les Comités du pouvoir populaire (CPP) - créés par Kabila en 1999 après sa dissolution de l'AFDL - ont contrôlé les activités des citoyens dans les quartiers, les écoles et les lieux de travail et ont rapporté aux forces de sécurité toute parole critique à l'égard du gouvernement, a révélé le rapport du département d'état. Selon le rapport, les CPP auraient été formés par la Libye qui aurait également inspiré l'idée de leur création. Ces comités ne faisaient pas partie de la structure d'état officielle mais étaient 'clairement des agences du régime de Kabila.' 'Plusieurs enseignants des universités de Kinshasa et de Lubumbashi ont été arrêtés après avoir été dénoncés par les membres du CPP pour avoir remis en question le gouvernement, apprenait-on dans le document.

La propagande anti-tutsie continue

Des massacres collectifs extrajudiciaires, observés dans les régions contrôlées par le gouvernement en 1998, ont cessé l'année dernière et les fonctionnaires du gouvernement n'ont plus incité à la violence collective contre les Tutsis non armés, poursuivait le rapport. 'La détention par le gouvernement d'au moins quelques Tutsis est progressivement devenue plus protective que punitive,' a relevé le rapport. Néanmoins, le texte indiquait que le gouvernement et la société continuaient de faire subir de graves violences et discriminations à l'encontre des Tutsis. Par ailleurs, le gouvernement avait relâché 1 341 détenus Tutsis à la seule condition qu'ils quittent le pays dans le cadre de programmes de réinstallation parrainés par la communauté internationale. Les représentants du gouvernement et les médias publics continuaient de publier et de diffuser une propagande anti-tutsie, tandis que les forces de sécurité, les citoyens et les membres des CPP étaient chargés de retrouver les Tutsis qui se cachaient, d'après le rapport. 'De hauts fonctionnaires du gouvernement et les médias publics continuaient à décrire la guerre comme si elle faisait partie d'un plus large conflit supranational entre Bantous et Nilotiques,' ajoutait le rapport.

RDC: Réinstallation des villageois de Rutshuru

En conséquence de la récente escalade des attaques de groupes armés sur des villages de la région de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu, les forces rwandaises auraient commencé à réinstaller de force quelques habitants de la région dans des camps, ont révélé lundi à IRIN des sources indépendantes de la région. Elles ont indiqué qu'on faisait partir les gens de leur village dans les régions de Tongo, Kibirizi et Bambu. Des milliers de personnes déplacées étaient arrivées au cours des quelques dernières semaines dans plusieurs camps, dont ceux de Kanyabayonga et de Nyanzale. Les populations civiles touchées à Rutshuru avaient un besoin urgent de recevoir de l'aide mais le niveau actuel de l'insécurité rendait très difficile l'acheminement de l'aide dans la région, ont ajouté ces sources.

RDC: L'UE réclame le retour de l'évêque

L'union européenne (UE) a appelé mardi les rebelles et le gouvernement rwandais à laisser l'évêque du Sud-Kivu, Mgr Emmanuel Kataliko revenir dans son diocèse de Bukavu, ont rapporté les agences de presse. 'L'UE exhorte les chefs rebelles du RCD-Goma, ainsi que le gouvernement rwandais, à tenir leur promesse verbale de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour permettre à Monseigneur Emmanuel Kataliko de revenir rapidement et en toute sécurité,' a indiqué un communiqué de l'UE. Le RCD a accusé le mois dernier Mgr Kataliko de 'prêcher la haine ethnique' et l'a déclaré persona non grata. Il se trouverait maintenant chez lui, dans la région de Butembo.

RDC: Ouverture de la rencontre de réconciliation

Le président Laurent-Désiré Kabila a participé mardi à la cérémonie d'ouverture des pourparlers de réconciliation nationale organisés par les groupes religieux congolais à Kinshasa, mais n'a fait aucun discours, ont rapporté les agences de presse. Des organisateurs ont indiqué que les délégués entameraient la rencontre en petits groupes de travail mercredi. Quelque 1 200 personnes ont été invitées aux pourparlers, qui ont pour but d'ouvrir la voie aux négociations intercongolaises prévues aux termes de l'accord de cessez-le-feu de Lusaka. Les principaux membres de l'opposition du pays et les chefs rebelles ont refusé d'y prendre part.

RWANDA: Le respect des droits de l'homme reste précaire, selon un rapport

Un rapport du département d'état américain a affirmé que le respect des droits de l'homme de la part du gouvernement rwandais était resté précaire en 1999, et que 'le gouvernement continuait à être responsable de nombreux et graves abus'. Il a accusé la 'Rwandan Patriotic Army' (RPA) de massacres extrajudiciaires et d'abus des droits de l'homme - mais moins qu'en 1998. Les conditions de détention dans les prisons étaient 'dures et mettaient en danger la vie' de près de 130 000 prisonniers, a indiqué le rapport. Il a aussi mentionné son inquiétude devant l'influence du gouvernement, à quelques reprises, sur la détention judiciaire de mineurs, l'arrestation de civils dans des centres de détention militaire et la conscription forcée - notamment depuis que le Rwanda était entré dans le conflit en RDC voisine. Toutefois, le rapport a reconnu la tentative du gouvernement d'accélérer l'application de la justice par des procès collectifs et la mise en place des tribunaux traditionnels 'gacaca'.

RWANDA: La Commission des droits de l'homme retrouve des détenus

La 'National Human Rights Commission' (NHRC - Commission nationale de défense des droits de l'homme) a confirmé mardi la détention par le gouvernement de cinq Rwandais, dont deux soldats et trois civils, qui auraient été forcés de rentrer dans leur pays après avoir été récemment arrêtés au Burundi et en Tanzanie. Les cinq personnes étaient détenues au centre de détention militaire de Kanombe, selon les propos du président de la NHRC, Gasana Ndoba, cités par l'Agence rwandaise d'information (ARI). La NHCR avait reçu l'autorisation de rendre visite aux prisonniers afin d'évaluer leurs conditions de détention mais s'était entendu dire que leurs dossiers d'instruction n'étaient pas encore finalisés, a indiqué M. Ndoba. 'Le gouvernement rwandais a démenti toute allégation de tortures infligées aux détenus, et a indiqué que leur emprisonnement n'était lié à aucune cause politique' mais était dû à une affaire de vol à main armée et d'assassinat d'un Indien, a-t-il ajouté. Les analystes politiques dans la capitale rwandaise, Kigali, ont lié ces détentions à une campagne menée pour redonner le pouvoir à l'ancien roi Kigeli V, qui avait été renversé en 1961 et qui vit actuellement aux Etats-Unis.

RWANDA: Quatre accusés condamnés à mort par le tribunal de Cyangugu

Quatre personnes ont été déclarées coupables de génocide et de crimes contre l'humanité, mardi, pour leur participation dans le meurtre de 120 personnes dans l'église paroissiale de Mwezi, dans la province de Cyangugu, au sud-ouest du Rwanda, au cours du génocide de 1994. A l'issue du procès collectif de 40 accusés, le tribunal de Cyangugu a aussi condamné 13 personnes à la réclusion à perpétuité, et d'autres ont reçu des peines variables, ont rapporté les organes d'information. Huit accusés ont été déclarés non coupables.

BURUNDI: Les rebelles attaquent des postes de l'armée

Les rebelles ont attaqué deux positions militaires à Sororezo et à Mugoboka, au nord de Bujumbura lundi soir, ont rapporté les agences de presse. Radio Burundi a déclaré que des coups de feu automatique et des explosions de grenade avaient retenti depuis les collines aux abords de Bujumbura. Selon un premier bilan donné par la station, il y aurait eu un blessé mais aucun mort. D'après des témoins cités par l'AFP, certains rebelles portaient l'uniforme militaire tandis que d'autres étaient en tenue civile. Les habitants de Mugoboka ont indiqué que les rebelles étaient des membres des Forces nationales de libération (FNL), l'aile armée du PALIPEHUTU.

BURUNDI: Affrontements près de la fabrique de sucre de Rutana

Des affrontements auraient éclaté à un km de la fabrique de sucre SOSUMO, dans la province de Rutana, après une embuscade rebelle qui aurait coûté la vie mardi à deux ouvriers de la fabrique et à trois soldats, a rapporté l'agence de presse privée Netpress. Selon l'agence, deux véhicules de SOSUMO ont été attaqués mardi, en début de matinée. L'armée a tenté de repousser les rebelles de la région, a ajouté Netpress.

TANZANIE: Emission de cartes d'identité dans l'ouest du pays

Le risque sérieux de sécurité posé par la présence de centaines de milliers de réfugiés dans les régions occidentales de Tanzanie, a été avancé mardi par le commissaire régional de Kigoma, Abubakar Mgumia, comme l'une des
principales raisons de prévoir l'émission de cartes d'identité pour les citoyens tanzaniens de la région. Des cartes d'identité seraient émises dans les régions de Kigoma, Kigera et Rukwa au cours des quelques prochains mois, puis dans le reste du pays, avant les élections législatives d'Octobre, pour des raisons électorales et de sécurité, selon les propos de M. Mgumia cités par le quotidien tanzanien 'Guardian'. L'insécurité dans les régions occidentales du pays est due à l'afflux de réfugiés et au problème connexe de la disponibilité d'armes.

Nairobi, le 1er mars 2000

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