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Bulletin quotidien d'information No. 871 pour la région des Grands Lacs

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NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires - IRIN
Pour l'Afrique Centrale et de l'Est
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RWANDA: L'ex-premier ministre affirme qu'il ne fuira pas

L'ancien premier ministre, Pierre-Célestin Rwigema a expliqué qu'il avait démissionné lundi en raison des convocations de l'assemblée nationale pour expliquer plusieurs actions et des 'mots désagréables' qui s'en sont ensuivis. D'après sa lettre de démission, il a expliqué qu'en conséquence, 'il n'y avait pas une atmosphère propice au travail, notamment en tant que premier ministre'. Le 17 février, l'assemblée a voté pour établir une commission chargée d'enquêter sur les allégations d'harcèlement et d'intimidation proférées à l'encontre de M. Rwigema par Stanley Safari, le premier vice-président de son Mouvement démocratique républicain (MDR), a rapporté l'agence rwandaise d'information (ARI). M. Safari a joué un rôle clé dans l'enquête ouverte sur M. Rwigema, soupçonné d'avoir détourné des fonds publics lorsqu'il était ministre de l'éducation. 'Quels fonds? Je ne gérais aucuns fonds,' a affirmé, lundi, M. Rwigema au service BBC de Kinyarwanda. Il a déclaré qu'il était encore le chef de file du parti MDR jusqu'à ce que son bureau politique décide s'il devait garder son poste ou bien être remplacé. Il a souligné qu'il ne suivrait pas l'exemple de l'ancien président de l'assemblée, Joseph Kabuye Sebarenzi, qui avait été forcé de démissionner le 6 janvier dernier et s'était peu après enfui du pays. 'Mon plan est de vivre dans ma maison, avec ma femme et mes enfants. Je suis encore ici, je n'irai nulle part et il n'y a aucune raison pour moi de quitter le pays,' a ajouté M. Rwigema.

RWANDA: La Belgique ne devrait pas être le 'refuge' des suspects du génocide, selon un rapport

L'organisation 'African Rights', basée à Londres, a accusé des membres du clergé catholique belge d'essayer d'interférer avec le processus judiciaire concernant le génocide rwandais de 1994. Dans un nouveau rapport,
'African Rights' rappelle le cas de deux religieuses rwandaises impliquées dans le génocide, qui s'étaient réfugiées en Belgique, et qui ont 'été protégées d'une poursuite en justice' par quelques prêtres et religieuses belges. Les deux religieuses - Soeur Gertrude Mukangango et Soeur Julienne Kizito - sont accusées d'avoir instigué des massacres perpétrés au monastère de Sovu, dans la préfecture de Butare et d'avoir aidé les forces de la milice. 'Cela fait maintenant presque cinq ans que les accusations ont été rendues publiques pour la première fois,' a indiqué le rapport. 'Avec les solides preuves dont on dispose maintenant sur les massacres de Sovu, il est inconcevable que les religieuses puissent continuer d'échapper à la justice.' Le rapport a révélé que le leader de la milice de Sovu, l'adjudant Emmanuel Rekeraho - maintenant emprisonné au Rwanda - avait donné un témoignage signé, franc et détaillé 'avouant son propre rôle dans le génocide et confirmant que les deux soeurs étaient fortement impliquées'. Le rapport a aussi souligné qu'à la lumière de ce cas, 'il est important de s'assurer que la Belgique n'est pas maintenant et ne sera plus jamais un refuge pour les suspects du génocide'.

BURUNDI: La communauté humanitaire va soutenir le processus de paix

Les agences des Nations Unies et le représentant de la quatrième commission d'Arusha (sur la reconstruction et le développement) se sont rencontrés à Bujumbura afin de discuter des différents moyens de soutenir le processus de
paix au Burundi. La rencontre, tenue à l'initiative d'OCHA-Burundi, a reconnu qu'avant de mettre en oeuvre les activités de reconstruction et de développement, on devrait sensibiliser les communautés à cohabiter dans la paix, aider le retour des réfugiés et des déplacés, et s'occuper de la démobilisation et de la réinsertion des combattants. Dans un communiqué, OCHA a fait savoir qu'il proposait de renforcer les liens entre les opérations humanitaires au Burundi et les initiatives de paix en vue de consolider le processus de paix. L'équipe de l'ONU basée au Burundi a entamé un dialogue avec le gouvernement et les organisations privées pour essayer de trouver une alternative commune à la situation actuelle. Le communiqué a conclu que c'était le rôle des Nations Unies de promouvoir une approche plus large au sein de la communauté internationale.

BURUNDI: D'autres sites vont être démantelés

Dans son dernier bulletin sur la situation humanitaire au Burundi, OCHA a rappelé que le démantèlemment des camps de regroupement serait réalisé en plusieurs phases. La première phase prévoyait le retour de 55 732 personnes
provenant de 11 sites implantés à Bujumbura Rural. Un site, Maramvya, a déjà été fermé et quatre autres - Matara, Kinonko, Gitaza, Rutongo - sera fermé entre le 1er et le 7 mars. Deux autres sites - Gatumba et Muberure - doivent fermer vendredi. La première phase pourrait prendre trois mois, a indiqué OCHA. Elle sera suivie d'une deuxième phase au cours de laquelle 13 sites devraient être démantelés. 'Nous nous félicitons de la décision du gouvernement de démanteler ces sites et encourageons le gouvernement à poursuivre ce processus tant que les conditions de sécurité le permettent,' a confié à IRIN mardi, le directeur d'OCHA-Burundi, Jahal de Meritens. Le Conseil de sécurité de l'ONU a exhorté lundi le Burundi à 'abandonner la politique du regroupement forcé' et à laisser aux organisations humanitaires un accès libre aux populations regroupées.

BURUNDI: Situation nutritionnelle alarmante

OCHA a également signalé une situation nutritionnelle alarmante. Les admissions dans les centres nutritionnels thérapeutiques et supplémentaires ont plus que doublé au cours des dernières semaines. Une sécheresse prolongée frappe le Burundi, notamment les provinces de Kirundo, Muyinga et Bujumbura Rural. OCHA est aussi préoccupé par la situation sécuritaire qui empêche l'acheminement de l'aide dans certaines parties du pays - particulièrement les régions à la frontière de la Tanzanie. On a observé d'importants déplacements de population dans les provinces frontalières de Rutana et Ruyigi. De nombreuses maisons ont été incendiées, détruites et pillées par des groupes armés.

BURUNDI: Mauvais chiffres économiques

Le second vice-président, Mathias Sinamenye, a présenté de mauvais chiffres économiques à l'occasion d'une conférence économique à Bujumbura. D'après l'agence burundaise de presse (ABP), il a révélé que le déficit général des fonds publics atteignait 23 milliards de francs en 1999 et l'aide étrangère était tombée de 230 milliards de francs burundais en 1993 à 17 millions de francs en 1999. Il a ajouté que la crise politique et l'insécurité régnantes avaient eu un impact négatif sur l'économie, diminuant l'ensemble de la production de 20 pour cent et réduisant le taux d'investissement de 51,1pour cent à 6 pour cent entre 1993 et 1999.

Le secteur agricole au Burundi, qui représente plus de 50 pour cent du produit intérieur brut et constitue la principale source de revenus pour 90 pour cent de la population rurale, a été sérieusement touché par l'insécurité générale. La politique de regroupement actuelle a aussi affecté le secteur agricole.

TANZANIE: Inquiétude devant le manque de fonds pour les réfugiés

Une crise de financement menaçant les opérations humanitaires pour les réfugiés en Afrique a atteint son paroxysme en Tanzanie o=F9, d'ici le mois de juillet, le PAM serait dans l'incapacité de nourrir 525 000 personnes à moins que des contributions ne soient reçues immédiatement, a annoncé lundi un communiqué conjoint émanant du PAM et du HCR. 'Il est impensable qu'en l'espace de seulement quelques mois, plus de 500 000 personnes en Tanzanie vont être privées de l'aide alimentaire, essentielle à leur survie,' a indiqué l'adjoint au directeur général du PAM, Jean-Jacques Graisse. 'La vaste majorité de ces personnes - quelque 500 000 - sont des réfugiés vivant dans des camps qui n'ont aucun accès aux terres agricoles et sont totalement dépendants des vivres apportés par le PAM.' La population de réfugiés en
Tanzanie était récemment passée de 120 000 à 500 000, la plupart des nouveaux réfugiés arrivant du Burundi. En même temps, près de 25 000 Tanzaniens indigents qui vivent près des camps reçoivent aussi une aide alimentaire du PAM, a ajouté le communiqué.

TANZANIE: Le camp de Karago atteint sa capacité d'accueil maximale

Le HCR a transféré tous les nouveaux arrivants du Burundi au camp de réfugiés de Karago ouvert en décembre dernier mais, avec 40 660 réfugiés recensés lundi, Karago a 'atteint sa capacité d'accueil maximale', a indiqué, lundi, à IRIN le chargé d'information du HCR, Vincent Parker. L'agence cherchait des moyens d'agrandir Karago, mais si le camp ne pouvait plus faire face, les réfugiés seraient transférés au district de Ngara dans la région de Kagera, o=F9 il restait encore de la place, a fait savoir M. Parker. La tendance, toutefois, indiquait une baisse importante du nombre de réfugiés burundais arrivant en Tanzanie, a-t-il dit. A l'heure actuelle, 200 à 300 réfugiés arrivaient chaque jour, quelque 11 000 étaient arrivés en février, contre 24 000 en janvier.

M. Parker a aussi démenti des bulletins de presse relatant une épidémie de choléra tuant 14 personnes à Kigoma au cours des deux dernières semaines. Il a indiqué qu'on n'avait relevé que quelques cas sporadiques dans des villages de la région ces trois derniers mois, et que 11 cas de choléra enregistrés dans les centres de réception des réfugiés avaient tous été traités au Centre de choléra d'Ujijii et aucun patient n'était décédé.

TANZANIE: Kigoma déclare qu'il ne peut pas accueillir d'autres réfugiés

Le commissaire régional de Kigoma, Abubakar Mgumia, a déclaré que les neuf camps de réfugiés de la région avaient atteint leur seuil de saturation et l'admission de nouveaux arrivants cesserait immédiatement. Selon les propos du commissaire cités par le journal quotidien tanzanien 'Guardian', les trois camps qui avaient été créés pour servir de centres d'urgence dans le cas o=F9 les réfugiés seraient en surnombre - Lugufu I et II, et Karago - étaient déjà entièrement remplis. 'Je crains que nous n'ayons plus d'autres camps à leur offrir...[organisations humanitaires]...Elles n'auront qu'à
amener les réfugiés ailleurs,' a-t-il dit. Il a aussi déploré le fait que les réfugiés avaient eu un impact négatif sur le développement à Kigoma. On relevait un plus grand nombre d'incidents de vol à main armée et autres délits. Les réfugiés causaient d'énormes dégâts sur l'environnement, a-t-il précisé. 'Au lieu de diriger mes efforts sur la manière de développer la région, le problème des réfugiés occupe environ 60 pour cent de mon temps,' a affirmé M. Mgumia.

OUGANDA: Le HCR et le gouvernement sur un programme commun concernant les réfugiés rwandais

Le HCR et le gouvernement ougandais ont effectué une opération conjointe pour vider un camp de transit de réfugiés rwandais arrivant par la Tanzanie. Tomoko Niino, chargée d'information du HCR en Ouganda, a déclaré que l'agence avait donné des 'conseils techniques' au gouvernement ougandais sur la manière de passer en revue les réfugiés pour les transférer du centre de transit à Nakivale, le campement de réfugiés désigné par le gouvernement. 'Les réfugiés expliquent qu'ils s'enfuient de Tanzanie à cause du harcèlement,' a-t-elle fait savoir à IRIN mardi. Les chiffres du HCR
indiquent que 2 298 réfugiés rwandais ont été placés au total dans le campement de Nakivale, à l'ouest de l'Ouganda.

Dimanche, le journal 'New Vision' a rapporté que le personnel de sécurité ougandais avait 'dispersé avec fermeté' un groupe de 400 réfugiés hutus rwandais, qui auraient été chassés de Tanzanie en raison de leurs liens avec l'Interahamwe.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: La force de l'ONU sera 'ébranlée par la rébellion divisée'

Le leader du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-ML), Ernest Wamba dia Wamba a fait savoir que des divisions internes et l'absence d'un fort leadership dans les rangs rebelles mineront considérablement la mission de l'ONU pour la paix en RDC. Il a aussi déclaré au journal ougandais semi-officiel 'New Vision' que le président Laurent-Désiré Kabila n'avait pas confiance dans les rebelles et 'qu'il n'est pas en position de s'asseoir à la table d'un dialogue national pour obtenir un consensus sur un arrangement qui apporterait la paix et le développement.' M. Wamba a expliqué que le 'problème fondamental' du RCD-Goma était 'd'avoir été un gouvernement en attente'. 'C'était un stratagème du gouvernement rwandais auquel la population congolaise résiste,' a-t-il affirmé. Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé le 24 février le déploiement d'une force de plus de 5 500 casques bleus en RDC, dotée d'un mandat pour protéger les observateurs de l'ONU et le personnel sur le terrain.

RDC: Les rebelles ne participent pas aux pourparlers de Kinshasa

Les rebelles congolais ont décliné une invitation pour participer aux pourparlers de la réconciliation nationale dans la capitale Kinshasa. 'Mon mouvement ne va s'identifier à aucune négociation intercongolaise en dehors de Lusaka [accord de paix],' a indiqué, mardi, à IRIN, Jean-Pierre Bemba du Mouvement de libération du Congo (MLC). 'L'ancien président botswanais [Ketumile] Masire est la seule personne qui peut nous inviter à des pourparlers.' Moïse Nyarugabo, vice-président du RCD-Goma, a indiqué à l'agence rwandaise d'information que les pourparlers de Kinshasa, organisés par des groupes religieux, étaient une tentative organisée par Kabila pour ébranler l'accord de paix de Lusaka, et son groupe n'y participait pas non plus. L'évêque Marini Bodho, un des organisateurs des pourparlers, a fait savoir que la cérémonie d'ouverture prévue lundi avait été repoussée pour permettre aux représentants des rebelles de venir, a rapporté Reuters.

RDC: Tshisekedi se félicite de la campagne de désobéissance civile à l'est

Parallèlement, Etienne Tshisekedi, leader de longue date de l'opposition, a exprimé son 'soutien total' à la campagne de désobéissance civile à l'est de la RDC. Dans un communiqué publié à Johannesburg mardi, le président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a indiqué aux 'membres de la population de l'est de la RDC' qu'ils ne devraient pas se laisser dissuader 'd'aspirer à une paix juste et durable'. 'Nous condamnons fortement les représailles barbares auxquelles vous avez été soumis,' a indiqué le communiqué. Il a appelé à la mise en place rapide d'un dialogue intercongolais, facilité par M. Masire, comme le stipule l'accord de Lusaka.

Nairobi, le 29 février 2000

[FIN]

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