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Bulletin quotidien d'information No. 861 pour la région des Grands Lacs

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NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires - IRIN
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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: l'Eglise demande le retour de l'évêque de Bukavu

L'Eglise catholique de Bukavu a demandé le retour de l'évêque de la ville, Emmanuel Kataliko, qui a été déclaré persona non grata par les autorités du groupe rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). Dans un communiqué, l'Eglise a indiqué qu'il n'y aurait pas d'office dans le diocèse de Bukavu jusqu'au retour du prélat. Elle a aussi demandé aux fidèles de s'abstenir de tout mouvement de violence et de protestations dans les rues. Le communiqué a condamné l'expulsion de Mgr Kataliko du territoire contrôlé par le RCD ce week-end, déclarant que les allégations selon lesquelles il avait incité à la haine ethnique était une 'diffamation'. Les autorités rebelles ont accusé l'Eglise catholique d'être derrière une campagne de désobéissance civile à Bukavu.

Parallèlement, le Vatican a confirmé que Mgr Kataliko n'avait pas été autorisé à retourner dans son diocèse et a indiqué qu'il se trouvait actuellement chez lui, dans la ville de Butembo. Un communiqué émanant du Vatican, diffusé par l'agence de presse MISNA, a appelé au 'retour inconditionnel de l'évêque parmi ses fidèles' et a fait savoir qu'il utiliserait des voies diplomatiques pour 'remédier à un épisode aussi désagréable, violant gravement les droits de l'Eglise'.

RDC: Calme à Goma mais poursuite de la grève à Bukavu

On signalait une situation calme à Goma mardi, suite au mouvement de grève générale de la veille. Des sources humanitaires ont indiqué à IRIN que les étudiants se rendent à leurs cours et que la moitié des commerces ont rouvert. Des bulletins de presse ont indiqué lundi que les sympathisants de la grève ont dressé des barricades sur les routes et brûlé des pneus, ce qui a poussé les autorités du RCD à déployer des troupes dans les rues.

Le RCD basé à Goma a imputé les mouvements de grève de Goma et de Bukavu aux 'agents' du président de RDC, Laurent-Désiré Kabila. Selon nous, il s'agit de l'une des tactiques de Kabila pour poursuivre la guerre,' a confié à IRIN le chef de la sécurité du RCD, Bizima Karaha. 'Il a d'abord armé l'Interahamwe et les Mayi-Mayi pour nous combattre et a échoué. Maintenant, il essaie d'infiltrer la population et de provoquer la désobéissance civile dans les régions que nous contrôlons.' Le vice président du RCD, Jean-Pierre Ondekane est actuellement à Bukavu en vue de restaurer l'ordre dans le Sud-Kivu qui a été 'intoxiqué par les médias de Kabila', a déclaré à l'agence rwandaise d'information (ARI) le porte-parole du RCD, Kin Kiey Mulumba. Il a indiqué que cette mission visait à expliquer les buts du RCD. M. Mulumba a accusé les groupes de pression du Sud-Kivu de 'susciter une tension sociale'. C'est un problème majeur pour nous et nous devons garantir la sécurité à tout prix,' a-t-il ajouté.

RDC: Les autorités de Bunia coopèrent avec les organisations humanitaires

Les dirigeants de la région de Bunia, au nord-est de la RDC, se sont engagés à coopérer avec les organisations humanitaires opérant dans cette région à l'occasion d'un colloque organisé par le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) vendredi dernier. Le principal objectif de cette rencontre était d'entamer un processus conduisant à une distribution équitable et efficace de l'aide humanitaire à une population dans le besoin, ont informé des sources humanitaires. La région a été ravagée par des combats sanglants interethniques entre les communautés Lendu et Hema.

Ce colloque a permis de faire accepter aux autorités locales et aux dirigeants de la communauté des deux bords du conflit d'accompagner les acteurs humanitaires sur le terrain. Les dirigeants de la communauté et les dignitaires de l'Eglise ont été appelés à populariser la compréhension, le concept et la nature de l'aide humanitaire.

RWANDA: Peine d'emprisonnement maintenue contre un coupable du génocide

La Chambre d'appel du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a confirmé lundi la peine de 15 ans d'emprisonnement contre la personne d'Omar Serushago, accusé de génocide qui s'était pourvu en appel pour une réduction de sa peine. Selon l'agence d'information Hirondelle, le juge Claude Jorda a indiqué que la cour avait rejeté l'appel et que les raisons en seraient données dans un document écrit aussi rapidement que possible. Serushago, un ancien milicien rwandais de l'Interahamwe, a été condamné en février 1999 après avoir plaidé coupable des accusations de génocide portées contre lui. C'est pour cette raison qu'il avait fait appel dans l'espoir d'obtenir une peine moins lourde. Hirondelle a souligné que l'affaire Serushago était la première à être clôturée au TPIR. Les six autres personnes condamnées jusqu'à présent en première instance ont toutes fait appel.

BURUNDI: 'Second souffle' pour le processus de paix

Un rapport analytique sur le processus de paix au Burundi, dont la reprise est prévue à Arusha le 21 février, a noté que ce processus bénéficiait d'un second souffle grâce aux efforts de médiation de l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela. Le rapport, réalisé par Jan van Eck du Centre pour la résolution des conflits, basé en Afrique du Sud, a indiqué que les chances de progrès dans la recherche d'un accord de compromis avaient considérablement augmenté. Néanmoins, le rapport a souligné qu'en même temps, les parties burundaises négociaient dans le cadre 'd'un environnement interne et régional extrêmement négatif'. L'aggravation de la situation économique, s'ajoutant à la montée de l'insécurité, a créé une situation très instable. 'Le processus d'Arusha n'ayant pas entraîné une amélioration de la sécurité ni de la situation économique, un nombre croissant de personnes se demandent sérieusement s'il est nécessaire de poursuivre les négociations,' a averti le rapport. Le document a conclu que la nouvelle médiation pourrait jouer un rôle important dans la promotion de la confiance entre les différents bords, sans laquelle un accord significatif serait difficile à obtenir. [copies du rapport disponibles à partir de l'adresse électronique suivante: emyburgh@ccr.uct.ac.za]

BURUNDI: Perspectives d'une relance de l'aide des pays donateurs

Un effondrement économique est à craindre si l'aide des bailleurs de fonds au Burundi n'est pas relancée, selon des experts. 'On ne peut plus parler d'économie, les réserves étrangères sont au minimum, ce qui a conduit à l'émergence d'un énorme marché noir,' a confié mardi à IRIN l'économiste burundais Prime Nyamoya. 'Si ce n'était pas pour la forte économie de subsistance, la situation aurait échappé à tout contrôle.' Il a ajouté que la 'solution à court terme' était pour les donateurs traditionnels tels que la Banque mondiale et l'Union européenne de reprendre la coopération économique. L'aide étrangère au Burundi avait été suspendue en 1996 lorsque le commandant Pierre Buyoya avait été porté au pouvoir par un coup d'Etat militaire. La suspension de l'aide a succédé à un embargo économique régional de 30 mois.

En avril prochain, une réunion du conseil d'administration de la Banque mondiale doit étudier un programme temporaire d'aide économique au Burundi à hauteur de 20 millions à 35 millions de dollars pour ces deux prochaines années, d'après 'l'Economist Intelligence Unit'. Dans un rapport, l'organisme a déclaré que la principale raison pour la relance temporaire de l'aide était d'enrayer l'aggravation du niveau de vie et de stabiliser l'économie pendant le processus de paix. Les bailleurs de fonds lient la relance totale de l'aide économique au succès des pourparlers d'Arusha.

OUGANDA: Arrestation d'un officier militaire, remaniement de l'armée démenti

Un officier supérieur de l'armée ougandaise, le major Hajji Kimbowa, basé dans l'ouest du pays, a été arrêté, a rapporté le journal semi-officiel 'New Vision'. Dans les colonnes du journal, on apprenait que l'arrestation avait été ordonnée par le chef d'état-major, le général de brigade James Kazini, après que six unités de l'armée placées sous le commandement de l'officier récemment arrêté avaient été simultanément attaquées par les rebelles de l'Allied Democratic Forces (ADF). Un certain nombre de soldats ont été tués au cours des attaques.

Parallèlement, L'armée régulière a démenti mardi qu'il y avait eu un remaniement dans le commandement de l'ouest du pays o=F9 l'armée est engagée dans des opérations militaires contre l'ADF. 'Les médias ont créé la fausse impression qu'il y avait eu un remaniement,' a indiqué à IRIN le porte-parole de l'armée, à l'ouest de l'Ouganda, le capitaine Shaban Bantariza. 'Ce qui s'est passé, c'est que nos hommes ont reçu de nouvelles fonctions en plus de ce qu'ils faisaient déjà. C'est une pratique courante dans les zones opérationnelles.'

Nairobi, le 15 février 2000

[FIN]

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