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Bulletin quotidien d'information No. 814 pour la région des Grands Lacs

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NATIONS UNIES
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Réseau intégré d'information régional
Pour l'Afrique centrale et de l'Est
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BURUNDI: Quasi unanimité pour Mandela comme médiateur

Le gouvernement et l'une des factions du principal parti d'opposition, le FRODEBU, se sont félicités mercredi que les chefs d'Etat d'Afrique Australe et de l'Est aient désigné l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela, comme facilitateur des pourparlers de paix burundais à Arusha. "M. Mandela peut nous aider dans ce processus de négociation. C'est un homme de stature internationale ... ayant beaucoup d'expérience en matière de résolution des conflits et je pense qu'il est peut être accepté par la majorité des Burundais. Nous sommes heureux qu'il ait été choisi pour diriger ce processus", a déclaré le Président burundais, Pierre Buyoya, cité par l'agence de presse Hirondelle. Jean Minani, qui dirige l'aile extérieure du parti hutu d'opposition FRODEBU, s'est lui aussi déclaré très heureux d'apprendre que M. Mandela avait été choisi comme médiateur car c'est "quelqu'un de très haute stature" qui a lutté toute sa vie contre l'oppression, a ajouté l'agence de presse.

M. Buyoya a par ailleurs déclaré que "la question concernant le siège des pourparlers, et qui doit assister ou non" était du ressort du nouveau facilitateur, et il a démenti que le gouvernement se soit jamais prononcé contre Arusha pour accueillir les négociations, selon Hirondelle.

BURUNDI: Annan espère que Mandela pourra "revigorer le processus de paix"

Le Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, a lui aussi accueilli avec satisfaction la désignation de M. Mandela comme facilitateur dans les pourparlers de paix du Burundi, et a exprimé l'espoir que le prestige et l'autorité de M. Mandela puissent "revigorer le processus". Qualifiant cette désignation de décision opportune, étant donné le contexte politique
et les conditions de sécurité instables qui prévalent au Burundi, M. Annan a appelé toutes les parties burundaises "à offrir une coopération maximum au nouveau facilitateur afin d'amener les négociations de paix à une conclusion heureuse et rapide." Le Secrétaire Général de l'ONU a également rappelé que, pour lui, "il n'y a pas d'alternative à une solution négociée au conflit burundais".

BURUNDI: ULINA rejette l'implication de l'Afrique du Sud

L'Union pour la libération nationale (ULINA), un collectif de factions rebelles hutues mineures, a cependant indiqué qu'elle était "vigoureusement opposée" à la désignation de Nelson Mandela, et "qu'elle ne participerait jamais aux pourparlers d'hypocrites". "L'Afrique du Sud s'est jointe au Rwanda et à l'Ouganda pour aider le Dictateur Buyoya militairement, et en munitions (sic), pour tuer des innocents hutus dans les camps de concentration, de sorte que des centaines de Hutus sont
massacrés chaque jours", indique un communiqué de l'ULINA et du président du Parti pour la libération du peuple hutu - Forces nationales de libération (PALIPEHUTU-FNL), parvenu à IRIN.

D'autres représentants hutus qui participaient au sommet d'Arusha, dont le principal groupe rebelle CNDD (Conseil national pour la défense de la démocratie), ont déclaré en privé qu'ils auraient préféré que le choix se porte sur l'ancien président du Botswana, Ketumile Masire, parce qu'ils considèrent que l'Afrique du Sud n'est pas neutre au Burundi ou dans la région des Grands Lacs, a rapporté Hirondelle.

BURUNDI: Les camps civils sont une affaire intérieure, déclare Buyoya

Le Président Pierre Buyoya a rejeté mercredi les critiques exprimées par les chefs d'Etat de la région, au sommet d'Arusha, concernant les camps civils de regroupement au Burundi, et leur demande que les camps soient démantelés immédiatement. Il a déclaré lors d'une conférence de presse à Arusha que les camps étaient "un problème de gestion de la situation dans le pays... qui ne doit pas être discuté dans le cadre du processus de paix". Le gouvernement a contraint des centaines de milliers de civils à s'installer dans des camps de regroupement, dans lesquelles les conditions humanitaires seraient déplorables et qui ont été fermement condamnés par la communauté internationale.

BURUNDI: Un affrontement entre l'armée et des rebelles aurait fait 10 morts

Dix rebelles ont été tués et deux soldats blessés au cours d'affrontements survenus mardi soir à Gituro, zone Kamenge, au nord de Bujumbura, ont rapporté mercredi les agences de presse. Les combats ont éclaté lorsqu'un groupe de soldats est tombé sur des rebelles alors qu'ils revenaient d'opérations militaires à Bujumbura Rural, ont indiqué des sources militaires citées par Radio Burundi. Plus de 43 personnes ont été tuées lors d'attaques séparées de rebelles hutus dans le pays depuis samedi, selon des responsables de l'armée et du gouvernement, cités mercredi par Reuter. Parmi les morts, on dénombre 22 civils, 19 rebelles et deux soldats, ont-ils ajouté.

TANZANIE: Mkapa "en a assez" des accusations du Burundi

Le Président Benjamin Mkapa a une fois encore démenti mercredi que son gouvernement ait permis aux réfugiés burundais de s'entraîner, s'équiper et lancer des attaques contre le Burundi à partir de Tanzanie, et a ajouté que son gouvernement "en avait assez de ces accusations perpétuelles et sans fondements", alors que ça n'a jamais été sa politique. La Tanzanie
éprouve de plus en plus de difficultés à supporter le nombre de réfugiés et a demandé honnêtement "aux pays qui génèrent des réfugiés... de créer la situation politique et de donner les garanties de sécurité qui amèneraient leurs citoyens à cesser de chercher refuge à l'étranger", a déclaré M. Mkapa, cité par le quotidien 'Daily News'. "Nous ne voulons pas être le bouc émissaire de la lenteur des négociations, et nous abhorrons l'idée même que la Tanzanie puisse être un obstacle à la
résolution rapide du conflit au Burundi", a ajouté M. Mkapa, dans un discours qui, selon les analystes, est le signe de relations particulièrement tendues entre ces deux pays limitrophes.

RDC: Le dialogue inter-congolais sera financé par l'UE

L'Union Européenne a indiqué qu'elle financerait le dialogue inter-congolais, qui, selon l'accord de cessez-le-feu de Lusaka, devrait avoir lieu en RDC, si les dirigeants se mettent d'accord sur un calendrier et si l'accord de paix est respecté. "Nous attendons d'avoir davantage d'informations concernant la situation sur le terrain avant d'allouer les fonds", a déclaré mercredi le diplomate finlandais Leo Olasvarta, cité par l'agence de presse allemande. La Finlande assure actuellement la
présidence de l'UE.

RDC: Bemba affirme avoir capturé 120 soldats de l'armée gouvernementale

Le Mouvement de libération congolais (MLC), dirigé par Jean-Pierre Bemba, a affirmé jeudi avoir capturé 120 soldats du gouvernement au cours "de l'offensive continuelle de Kabila" dans la Province de l'Equateur, au nord-ouest du pays. Kinshasa a "tenté en vain de reprendre la ville de Bongandanga pour poursuivre son offensive vers Lissala" mais s'est fait
prendre 120 prisonniers de guerre au cours des combats, selon un communiqué du MLC cité par l'Agence France Presse (l'AFP). Parallèlement, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) a affirmé avoir repris, au cours de combats intenses mercredi, ses positions de Bokungu, Province d'Equateur, que lui avaient prises mardi les troupes
zimbabwéennes.

RDC: Les alliés de Kabila accusent les rebelles de violations ducessez-le-feu

Les armées de trois Etats d'Afrique Australe (Namibie, Zimbabwe et Angola) qui soutiennent le Président Laurent-Désiré Kabila contre les rebelles soutenus par l'Ouganda et le Rwanda dans le conflit en RDC, ont affirmé mercredi que leurs bases à Ikela, au nord est de l'Equateur, et d'autres dans les provinces du Kasai Oriental et Occidental, au centre de la RDC, ont été attaquées par les rebelles, en violation du cessez-le-feu de Lusaka.

RDC: Il faut agir avant la catastrophe, selon un Ministre

Le gouvernement a prévenu mercredi que les inondations qui ont submergé Kinshasa après l'entrée en crue du fleuve Congo, ont déjà provoqué beaucoup de détresse et risquaient de tourner au désastre si l'on n'agissait pas rapidement. En sortant de son lit, le Congo, gonflé de pluies anormalement fortes, a fait 10 000 sans abris, selon les estimations, et inondé 15 des 24 districts de la capitale, Kinshasa, ont indiqué des responsables gouvernement, cités par les médias congolais. "La
situation est très préoccupante. Nous devons prendre des précautions pour éviter que cela ne tourne à la catastrophe", a déclaré le Ministre de la santé, Mashako Mamba, qui a appelé la communauté des donateurs à envoyer des fonds de secours.

OUGANDA: La Banque mondiale approuve le financement de deux projets

La Banque Mondiale a approuvé un total de 114,9 millions de dollars destinés à financer deux programmes de développement qu'elle soutient en Ouganda: Le Programme de Développement des Gouvernements Locaux et le Second Programme de Gestion Economique et Financière. Le premier, d'une valeur de 80,9 millions de dollars, vise à soutenir la stratégie nationale de développement du gouvernement ougandais, présentée dans son Plan d'Action pour l'Eradication de la Pauvreté (1997). Ce plan vise à garantir que les bénéfices du développement soient répartis dans toute la population. L'objectif du second programme, d'une valeur de 34 millions, est d'améliorer l'efficacité de la gestion des dépenses publiques, notamment la planification, la budgétisation, la gestion financière, le contrôle et l'évaluation.

Nairobi, le 2 décembre 1999

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