Bulletin quotidien d'information No. 1188 pour la région des Grands Lacs

Report
from IRIN
Published on 29 May 2001
NATIONS UNIES
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RDC: Les droits des enfants à l'ordre du jour

La Convention des Nations unies sur les droits de l'enfant a commencé lundi à discuter de la situation en RDC, soulignant que certains enfants soldats démobilisés s'étaient "retrouvés dans la rue" ou qu'ils n'avaient pas été réintégrés dans la société. Il a cependant été aussi noté que des enfants servaient toujours dans les forces armées gouvernementales et que soi-disant ils falsifiaient leur âge afin d'être recrutés dans l'armée. Un membre de la Convention a déclaré que si le gouvernement congolais avait accordé un peu plus d'attention à l'éducation, les autres problèmes auraient été résolus.  Il a relevé que le montant budgétaire alloué à l'éducation n'était que d'un pour cent.

Un rapport préparé par la RDC et présenté par la ministre congolaise des affaires sociales, Embamba Boboto, indique que les efforts du gouvernement pour faire appliquer les droits des enfants auraient été plus importants si "la guerre d'agression n'avait pas créé des obstacles". "La crise économique et les conflits armés dont souffre le pays font toujours beaucoup de victimes parmi les enfants, et des catégories d'enfants ayant besoin de mesures de protection spéciales sont en train d'apparaître," explique le rapport. Ces catégories couvrent les enfants non accompagnés dans les déplacements de population causés par la guerre, les enfants des rues, les enfants exploités économiquement ou sexuellement, les enfants travaillant dans les mines et les enfants soldats. Selon le rapport, il y a actuellement entre 15 000 et 20 000 enfants des rues à Kinshasa, une situation qu'on peut attribuer principalement à la pauvreté, aux familles séparées, aux déplacements causés par la guerre et à la mort des parents victimes du SIDA.

RDC: Les rebelles accusés de recruter des enfants soldats

L'organisation de défense des droits de l'homme basée à New York, Human Rights Watch, a accusé mardi le mouvement rebelle du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), à l'est de la RDC, de continuer de recruter des enfants soldats dans sa lutte contre le gouvernement. "Des enfants sont enlevés et envoyés à la bataille par les soldats mêmes qui sont censés les protéger," a dénoncé Alison des Forges, conseillère principale pour la division Afrique de HRW. Dans son rapport, HRW indique que le RCD-Goma "a promis à plusieurs reprises de démobiliser ses enfants soldats mais il n'a pas tenu ses promesses".

"L'emploi d'enfants soldats suscitant de plus en plus de critiques de la part des observateurs internationaux, le RCD-Goma a éloigné ses campagnes de recrutement des centres urbains, ce qui rend plus difficile le contrôle de leurs activités", a souligné le rapport. "Ils utilisent aussi de plus de plus les promesses de récompense pour enrôler les enfants pauvres et affamés qui n'ont pas d'autre recours."

"Selon des observateurs sur le terrain, des camions effectuent toujours la traversée de Goma, avec à leur bord des enfants qu'ils transportent vers des camps militaires au Congo et même au Rwanda, en vue de les entraîner", a déclaré Mme des Forges. "Ce sont de mauvaises nouvelles, à la fois pour les enfants et pour l'espoir de paix au Congo."

RCD: L'enquête sur l'assassinat de Kabila "ne répond pas aux questions clés"

L'organisation congolaise de défense des médias, Journaliste en danger (JED), a fait savoir que l'enquête du gouvernement sur l'assassinat de l'ancien président Laurent-Désiré Kabila avait révélé "très peu d'informations". Dans un rapport sur les conclusions de la commission d'enquête du gouvernement, JED a déclaré que l'investigation "ne répondait pas à la question clé de savoir qui avait profité de la mort de Kabila". "Le rapport d'enquête de la commission demeure ambigu sur certains éléments clés tels que la date et l'endroit exacts de la mort du président Kabila,", a poursuivi JED. Bien que la commission ait attesté que Kabila est mort après avoir reçu trois balles "en même temps, le rapport corrobore l'hypothèse du gouvernement selon laquelle l'ancien président serait décédé deux jours après l'attaque du 18 janvier [2001]".

"La commission se réfugie derrière le principe de présomption d'innocence pour expliquer le fait qu'elle ne mentionne pas les noms des personnes et des pays impliqués dans l'assassinat de Kabila," a affirmé JED. "En même temps, elle ne fait aucun effort pour dissimuler les noms de Bizima Karaha, Adolphe Onosumba, Joseph Mudumbi ... qui sont tous des membres du groupe rebelle du rassemblement congolais pour la démocratie. Elle cite également des pays comme l'Ouganda et le Rwanda qui soutiennent la rébellion."

"JED a demandé au gouvernement, aux tribunaux et autres instances de justice de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour veiller à ce que le principe de divulgation maximum soit appliqué et pour révéler toutes les informations sur les circonstances de la mort de Kabila," a souligné l'organisation.

RCD: L'ancien ministre retire sa plainte contre un journaliste

L'ancien ministre de la communication, Dominique Sakombi Inongo, a retiré sa plainte contre Mukebayi Nkoso, le directeur du bimensuel 'The Post'. Selon JED, M. Sakombi - qui édite le mensuel chrétien 'La voie de Dieu' - a invoqué des "raisons de conscience professionnelle" pour justifier sa décision. Il avait accusé M. Nkoso d'avoir fait des "déclarations préjudiciables" dans un article dénonçant le fait que l'ancien ministre avait reçu des subventions mensuelles d'un total de 200 000 dollars de la part de l'ancien président Laurent-Désiré Kabila pour avoir saisi les stations privées Radiotélévision Kin-Malebo et Canal Kin.

RDC: Le gouvernement étranger à la déclaration d'un groupe de "pré-dialogue"

Le gouvernement congolais s'est déclaré, en fin de semaine, étranger à la déclaration d'un groupe se prénommant le Conseil des Eglises de la RDC, qui s'est donné pour mission de coordonner les discussions de "pré-dialogue" au sein des Congolais. Le groupe affirme représenter les partis politiques et la société civile, a annoncé la télévision nationale. Ce week-end, le groupe a désigné un pasteur congolais, Jean-Paul Moka, comme "médiateur local" pour les pourparlers de pré-dialogue. "La grande majorité des Congolais souhaiterait que notre peuple reprenne le contrôle de ce processus et que [l'ancien président botswanais] Ketumile Masire assume son vrai rôle, celui de facilitateur, en laissant les Congolais décider entre eux de l'avenir de leur pays," a déclaré M. Moka à Radio France Internationale (RFI). M. Moka a également appelé le président gabonais Omar Bongo à aider à la facilitation.

Cependant, le gouvernement a indiqué qu'il "souhaitait se dissocier de cette déclaration, dont le porte-parole de ce comité est entièrement responsable, notamment en ce qui concerne la nécessité d'un pré-dialogue, la désignation d'un co-facilitateur francophone ou la nomination d'un conciliateur". Dans un communiqué, le gouvernement a fait savoir qu'il réitérait "son engagement à poursuivre le processus de paix en vertu de l'accord de paix de Lusaka et des résolutions et décisions qui l'accompagnent." "En outre, le gouvernement appelle tous ceux qui souhaitent s'exprimer officiellement sur le processus de paix et politique en cours, à le faire dans le cadre des structures légalement reconnues et identifiées, en conformité avec les lois gouvernant les partis et groupes politiques, ainsi que les associations à but non lucratif, au lieu de semer la confusion dans l'esprit des gens en essayant d'impliquer des groupes et des individus encore jamais consultés," a-t-il ajouté.

OUGANDA: La seconde phase du retrait de la RDC est en cours

La seconde phase du retrait de l'armée ougandaise de la RDC devait commencer mardi dans la ville de Gemena, au nord-ouest du pays, a rapporté le journal semi-officiel 'New Vision'. "Nos unités stationnées à Gemena sont en cours de retrait. Le dernier contingent pourrait se retirer plus tard cette semaine," a déclaré lundi le porte-parole de l'armée, Phineas Katirima, cité par 'New Vision'. En février dernier, le septième bataillon s'était retiré de Gemena mais quelques unités étaient restées sur place pour garder l'aéroport. "L'opération de retrait progresse selon le calendrier. Des journalistes seront spécialement conviés pour assister au retrait du dernier contingent à Gemena," a ajouté le porte-parole.

BURUNDI: Deux partis absents de la réunion du CSA

Le Comité de suivi et d'application (CSA) pour l'accord de paix au Burundi a entamé lundi à Arusha une réunion qui doit durer une semaine, ceci en l'absence de deux signataires de l'accord, a rapporté l'agence d'information Hirondelle. Les partis pro-tutsis PARENA et MSP-Inkinzo ne participent pas à la rencontre. Certains délégués ont déclaré que le parti PARENA de l'ancien président Jean-Baptiste Bagaza n'avait pas été invité car il n'avait pas encore signé un document promettant son engagement à exécuter l'accord de paix du 28 août. Le président de MSP-Inkinzo, Alphonse Rugambarara, a quant à lui déclaré qu'il "suspendait la participation" de son parti aux réunions du CSA jusqu'à ce que "le gouvernement, la médiation et le comité respectent les modalités de l'accord sur les libertés politiques".

Hirondelle a rappelé que M. Rugambarara est le porte-parole de huit groupes pro-tutsis soutenant l'ancien ministre de l'intérieur, le Colonel Epitace Bayaganakandi, comme candidat pour diriger les 18 premiers mois de la transition du Burundi. Le porte-parole a déclaré que les partis en faveur de M. Bayaganakandi étaient "agressés et provoqués" par le gouvernement de M. Buyoya et que leurs conférences de presse étaient interdites "sans aucune raison légale".

TANZANIE: La situation au Burundi peu favorable au retour des réfugiés

Le HCR affirme que la meilleure solution pour les réfugiés est qu'ils rentrent chez eux et qu'ils recommencent leur vie, "mais ce rapatriement ne peut pas avoir lieu si les conditions dans leur pays d'origine sont incertaines et peu sûres", a déclaré mardi la responsable des relations extérieures du HCR à Dar es Salaam, Ivana Unluova. "Dans le cas du Burundi, nous continuons d'accueillir des réfugiés en provenance de ce pays, qui témoignent des combats, des attaques et du climat d'insécurité," a-t-elle expliqué à IRIN. "Nous ne pouvons pas renvoyer des gens vers un tel contexte. Pour le moment, les conditions sur le terrain n'incitent pas à un rapatriement à grande échelle au Burundi et dans une certaine mesure en RDC," a-t-elle souligné. Elle a indiqué que l'agence avait mis en place le mécanisme de rapatriement et qu'elle se tenait prête, "mais il faut que ce soit un mouvement durable et unique".

La semaine dernière, le président tanzanien Benjamin Mkapa a ordonné le rapatriement "à tout prix" des réfugiés burundais résidant en Tanzanie, a rapporté le journal 'East African'. M. Mkapa avait déclaré à la délégation du Conseil de sécurité de l'ONU en visite à Dar es Salaam qu'il "en avait assez des accusations incessantes selon lesquelles son pays abritait des rebelles du Burundi". "Mes compatriotes sont fatigués. Je suis d'avis qu'une fois ces réfugiés partis, nous pourrons vivre en paix et continuer nos activités de développement," a-t-il expliqué. Le 8 mai dernier, le ministre des affaires intérieures Mohammed Khatib, son homologue burundais Pascal Nkruzinza et la représentante du HCR en Tanzanie, Marjon Kamara, ont signé un accord tripartite sur le rapatriement volontaire des réfugiés burundais en Tanzanie.

Nairobi, le 29 mai 2001

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