Bulletin quotidien d'information No. 1021 pour la région des Grands Lacs

Report
from IRIN
Published on 28 Sep 2000
NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires - IRIN
Pour l'Afrique Centrale et de l'Est
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GRANDS LACS: Les chefs religieux cherchent une paix durable

Les représentants de la communauté religieuse dans la région des Grands Lacs viennent de lancer un appel à la communauté internationale pour qu'elle investisse davantage dans la recherche de solutions à la crise qui secoue cette région, selon un communiqué publié à l'issue d'un sommet de trois jours à Nairobi. Ces chefs religieux, représentant les communautés protestante, catholique, orthodoxe, kimbanguiste et musulmane, venaient de l'Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de la RDC. Ils ont déclaré que les gouvernements avaient la responsabilité de développer des politiques de bon voisinage et des relations amicales entre les populations et les Etats. En outre, il incombait aux Etats de promouvoir le dialogue qui constituait le meilleur moyen de résoudre les conflits et les problèmes dans la sous-région.

"Nos églises et nos confessions religieuses entendent assurer leur rôle de médiation d'une manière qui va au delà de la facilitation politique," ont-ils déclaré. "Nous recommandons le courage et le dialogue entre les citoyens, les autorités politiques et les citoyens, et entre les états et la communauté internationale." "Nous intimons à nos gouvernements en collaboration avec la société civile de régler leurs différends par le dialogue afin de parvenir à une cessation des hostilités, à un cessez-le-feu, au respect des frontières nationales et au retrait des troupes étrangères." Ils ont reconnu les diverses initiatives de paix, notamment celles de l'OUA, de la CDAA et de l'ONU qui ont abouti à différents accords dans la région des Grands Lacs.

Cette rencontre, qui s'est tenue du 18 au 20 septembre, a examiné les causes de la guerre dans la région des Grands Lacs. Parmi les questions soulevées par les participants, figuraient la manipulation des tribus et groupes ethniques dans le but d'accéder au pouvoir et à la richesse, l'exploitation des ressentiments et l'utilisation des armées.

TANZANIE: Le gouvernement nie ses "échecs" dans les camps de réfugiés

Les autorités tanzaniennes ont rejeté les allégations selon lesquelles elles n'auraient pas su protéger comme il se doit les femmes burundaises séjournant dans les camps de réfugiés à l'ouest de la Tanzanie. Selon un responsable du département des réfugiés cité par la BBC, Johnson Brahim, dans la plupart des cas, les réfugiés vivaient une existence paisible dans les camps. Il a décrit les allégations de Human Rights Watch comme étant une "grave exagération". L'enquête menée par l'organisation basée à New York a révélé que dans certains camps de réfugiés, une femme burundaise sur quatre avait été violée ou subissait de graves sévices sexuels. HRW accusait le gouvernement tanzanien ainsi que le HCR de ne pas intervenir davantage. Le HCR a indiqué qu'il préparait une déclaration en réponse à ces accusations.

La Tanzanie a également accusé l'ONU de ne pas apporter de réponse satisfaisante aux conflits qui secouent l'Afrique. Le secrétaire permanent du ministère des affaires étrangères, Hasan Kibelloh, a déclaré à l'Assemblée générale de l'ONU à New York que son pays soutenait les efforts de paix de l'ONU mais "nous observons avec inquiétude que dans le cas des conflits africains, la réponse apportée par l'ONU a été lente et inadaptée". Selon le quotidien tanzanien 'Guardian', M. Kibelloh a cité le cas de l'Angola o=F9 il était "inquiétant" de voir les rebelles de l'UNITA poursuivre leur insurrection en violant les sanctions de l'ONU. A propos du Burundi, la Tanzanie espérait que les différents bords finiraient par adhérer aux termes de l'accord de paix, a fait savoir le secrétaire permanent. Quant à la RDC, il a exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à déployer des soldats de la paix dans les plus brefs délais.

BURUNDI: L'évêque appelle à un cessez-le-feu

Le président de la conférence des évêques catholiques du Burundi, Mgr Simon Ntwamana, a appelé à la cessation des hostilités dans le pays. "L'accord [de paix] ne servira à rien tant que nous n'aurons pas conclu un cessez-le-feu," a-t-il déclaré mercredi lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Il a précisé que certaines des conditions préalables imposées par les rebelles - telles que le démantèlement des camps de regroupement - ne pouvaient être mises en ouvre que si les affrontements cessaient. "Les citoyens sont regroupés à cause de l'insécurité," a-t-il dit. "Ceci n'est pas seulement causé par le gouvernement mais aussi par les rebelles." Il a également déclaré, à l'occasion de cette conférence, que certaines personnes sont "sans aucun doute" détenues pour raisons politiques. La libération de tous les prisonniers politiques est la seconde condition imposée par les rebelles pour des pourparlers directs avec le gouvernement. L'évêque a insisté pour qu'un plus grand effort soit consenti en vue d'édifier une seule nation au Burundi. C'est pourquoi il ne soutenait pas les partages au sein du gouvernement, de l'Assemblée ou de l'armée en fonction de critères ethniques.

BURUNDI: Les parties en négociations s'entendent sur l'ordre du jour

Les 19 parties en sommet actuellement à Arusha ont fini par s'entendre sur l'ordre du jour de leurs discussions, indiquait ce mercredi l'agence d'information indépendante, Hirondelle. Un haut responsable du bureau de la médiation, le juge Mark Bomani, a annoncé que les délégués avaient adopté un agenda en cinq points comprenant la nomination des membres du Comité de suivi des négociations de l'accord de paix, le leadership de la transition, la réaffirmation de l'adhésion des parties à l'accord, la modification du calendrier et la correction des erreurs techniques ou contradictions figurant dans le texte de l'accord de paix. Certaines questions ne figuraient pas sur l'ordre du jour, à savoir l'appel aux belligérants pour négocier un cessez-le-feu, un inventaire des biens acquis par l'Etat, un appel pour une aide internationale et le lieu des prochaines rencontres. Des sources proches des pourparlers ont déclaré à Hirondelle que cette rencontre - devant s'achever jeudi - se poursuivrait probablement jusqu'à vendredi.

RWANDA: Avancements au sein de l'armée

Le Rwanda a annoncé mercredi d'importants avancements au sein de l'armée. Deux officiers ont été promus au rang de général de division, les hissant au même rang que celui du président rwandais, Paul Kagamé. Cette annonce officielle transmise sur les ondes de la radio nationale, concernait le chef de l'état-major militaire Kayumba Nyamwasa et Marcel Gatsinzi, directeur général de la sécurité, tous deux promus au rang de général de division. Parmi les autres officiers supérieurs militaires, figuraient le commandant de l'armée de l'air, le colonel Charles Muhire, devenu général de brigade, Charles Kayonga, conseiller militaire du président Kagamé et Patrick Nyavumba, représentant du Rwanda auprès de la Commission militaire mixte pour la RDC, tous deux promus colonels. Radio Rwanda a également informé qu'un certain nombre de promotions militaires avaient été accordées à un niveau inférieur. Un officier supérieur militaire rwandais a indiqué à IRIN que ces promotions "s'inscrivent dans le cadre de la modernisation de l'armée".

RWANDA: Le TPIR met en place un programme pour les rescapés du génocide

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) vient de lancer une initiative d'aide aux victimes destinée à soutenir les rescapés du génocide de 1994. Ce programme a été inauguré mercredi et offrira aux victimes du génocide une assistance en matière juridique, un soutien psychologique, une aide à l'intégration et des services de rééducation physique. D'après un communiqué émanant du TPIR, ce programme sera mis en place par cinq organisations non gouvernementales rwandaises qui étendront ces services à diverses préfectures o=F9 des témoins ont été identifiés. Ce programme a été lancé dans la commune de Taba o=F9 l'ancien maire, Jean-Paul Akayesu, a été la première personne reconnue coupable de crimes contre l'humanité. "Ce programme de soutien aidera également les personnes victimes de violence sexuelle," lisait-on dans le communiqué.

DRC: Visite du Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme

Le Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Mary Robinson, doit se rendre en RDC du 1er au 3 octobre, d'après un communiqué de presse émanant du HCR. Mme Robinson rencontrera à Kinshasa le président Laurent-Désiré Kabila et des ministres du gouvernement, ainsi que des fonctionnaires de l'ONU et des diplomates, des membres de la société civile, des organisations de défense des droits de l'homme, des communautés religieuses et des ONG. Elle se rendra ensuite à Goma dans le Nord-Kivu o=F9 elle s'entretiendra avec des responsables du mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et des organismes de la société civile. Elle doit signer un accord avec le gouvernement à Kinshasa à propos de l'ouverture d'un bureau du HCR à Goma, indiquait le communiqué de presse.

DRC: Les Mayi-Mayi revendiquent des victoires sur le RCD-Goma

Les milices alliées aux forces du gouvernement congolais ont revendiqué mercredi la reprise de Matere aux abords de Shabunda, à l'est du pays, aux mains des rebelles soutenus par le Rwanda. Selon les propos du chef de la milice pro-gouvernementale Mayi-Mayi, le général Padiri Kalendu, cités sur un bulletin télévisé sur la chaîne officielle de RDC, ses hommes auraient également pris Ngongomeka dans la province de Maniema, à l'est de la RDC. Le bulletin ne précisait pas à quel moment ces deux villes avaient été prises et ne donnait pas un bilan des victimes. "A l'issue des combats, ils [les Mayi-Mayi] ont récupéré une quantité importante d'armes et de munitions," apprenait-on. Le parti au pouvoir, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma) a démenti ces informations. "Ces accusations sont des voeux pieux," a déclaré à IRIN Bizima Karaha, chef de la sécurité du RCD. "Le calme règne dans Shabunda et ses faubourgs et il n'y a pas eu d'affrontements à Maniema. Kinshasa fabriquent ces victoires à des fins de propagande."

DRC: Retour à Bunia de deux responsables du RCD-ML

Deux hauts responsables du Rassemblement congolais pour la démocratie-Mouvement de libération (RCD-ML), basé à Bunia - Ateenyi Tibasima et Mbusa Nyamwisi, accusés d'avoir fomenté une rébellion au sein du mouvement et évincés du mouvement par leur leader, Ernest Wamba dia Wamba - sont revenus à Bunia après un séjour en Ouganda. "Le commissaire général, Mbusa Nyamwisi et l'adjoint au commissaire général, Ateenyi Tibasima sont arrivés à Bunia aujourd'hui," a rapporté la radio rebelle de Bunia mercredi. "Ils ont rendu une visite de politesse au leader du RCD avant de s'adresser à la population...Le mot réconciliation est souvent apparu dans leur discours." La brouille entre les deux responsables et M. Wamba avait entraîné des combats entre les milices qui les soutenaient et des unités de l'armée ougandaise, entraînant la mort de centaines de civils.

Parallèlement, M. Wamba dia Wamba a rencontré l'évêque de Bukavu, Mgr Emmanuel Kataliko. Le prélat vient d'être autorisé par le RCD-Goma, soutenu par les Rwandais, à revenir dans son diocèse après une interdiction de sept mois, rappelait la station de Bunia. "Avant de prendre congé de ses invités, le président [Wamba] a exprimé la volonté de créer une commission d'enquête indépendante afin de faire la lumière sur la question épineuse des droits de l'homme au Kivu," a indiqué la station de radio.

Nairobi, le 28 septembre 2000

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