Bulletin quotidien d'information No. 1018 pour la région des Grands Lacs

Report
from IRIN
Published on 25 Sep 2000
NATIONS UNIES
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BURUNDI : Après Nairobi, poursuite des pourparlers à Arusha

Succédant au sommet de Nairobi, les pourparlers de paix ont repris lundi à Arusha en Tanzanie. A l'occasion de cette rencontre, un appel a été adressé aux diverses factions en guerre pour parvenir à un cessez-le-feu. Le juge Mark Bomani, un des responsables du bureau de la médiation, a déclaré aux émissaires des 19 parties impliquées dans le processus de paix que, tant que la violence ne cesserait pas, l'accord de paix - signé le 28 août - ne pourrait pas être appliqué. Il a exhorté les participants à faire 'tout ce qui était en leur pouvoir' pour encourager les belligérants à faire la paix, apprenait-on par le service d'information Internews. Il espérait qu'une trêve soit conclue dans le délai de 30 jours imposé par les dirigeants régionaux lors du sommet de Nairobi, a-t-il déclaré. Les 19 négociateurs ont maintenant paraphé l'accord de paix, mais M. Bomani a souligné qu'aucune conférence de donateurs sur le Burundi n'aura lieu avant la cessation des hostilités.

Durant cette rencontre, les délégations discuteront les différents points de l'ordre du jour proposé, notamment la question du cessez-le-feu et de la direction du gouvernement transitoire. 'Le choix de la personnalité devant diriger la transition est une question exclusivement burundaise,' a déclaré M. Bomani.

BURUNDI : Le chef rebelle 'ignorait' l'existence d'un ultimatum

Le chef rebelle Cossan Kabura a déclaré qu'il ignorait l'existence d'un ultimatum de 30 jours imposé par le bureau de la médiation aux mouvements rebelles pour la tenue de pourparlers sur un accord de cessez-le-feu. Cette échéance a été fixée à l'issue du sommet de Nairobi la semaine dernière. Dans une entrevue avec Radio Umwizero, une station burundaise privée, le chef de file du PALIPEHUTU-FNL a également réaffirmé que son mouvement n'avait rien à voir avec le processus d'Arusha car il n'avait pas fait partie des négociations.

Parallèlement, le chef de l'autre faction du PALIPEHUTU, Etienne Karatasi, a écrit au médiateur, Nelson Mandela, déclarant que tout accord de cessez-le-feu devrait être signé par le gouvernement et tous les mouvements rebelles. Ceci inclut les factions du CNDD et du CNDD-FDD, ainsi que les mouvements du PALIPEHUTU et PALIPEHUTU-FNL, ainsi que le groupe rebelle du FROLINA, a-t-il précisé. 'Ce n'est pas une question qui concerne seulement un accord entre le président Pierre Buyoya, le colonel Jean-Bosco Ndayikengurukiye [du CNDD-FDD] et le commandant Cossan Kabura [du PALIPEHUTU-FNL], mais c'est une décision importante qui lie toutes les parties, groupes et mouvements combattants,' lisait-on dans la lettre. 'L'engagement à signer un cessez-le-feu définitif devrait être une garantie, un choix par tous les belligérants pour la non violence et la coexistence pacifique.'

BURUNDI : Buyoya de retour de Pretoria

Le président burundais, Pierre Buyoya, est revenu dimanche de sa visite en Afrique du Sud à l'issue de consultations avec les partis de l'opposition et les médiateurs du processus de paix pour le Burundi. 'Le médiateur doit résoudre la question de la sécurité des Burundais qui rentreront d'exil,' a déclaré M. Buyoya lors d'une conférence de presse dès son retour, d'après la radio nationale. Il a également indiqué que M. Mandela 'ne souhaite plus tenir de grands sommets à Arusha'. Dans l'intervalle, la radio privée Umwizero a rapporté samedi que la tension montait au sein du G10 - regroupant les 10 partis tutsis qui ont signé l'accord d'Arusha - sur la participation au sommet d'Afrique du Sud. Selon le secrétaire général du mouvement tutsi radical, le Parti pour le redressement national (PARENA), Rémy Nkengurutse, les trois partis tutsis qui se sont rendus à Pretoria 'sans en informer d'autres membres du G10' pourraient compromettre l'application de l'accord de paix du Burundi'. Les partis tutsis qui ont participé aux négociations de Pretoria sont le RADDES, l'UPRONA et l'INKINZO. Le G7, regroupant des partis hutus - étaient également présents à Pretoria.

BURUNDI : 11 morts dans une attaque rebelle

Onze personnes ont été tuées vendredi soir lors d'une attaque de deux heures à Matakura, au nord de Bujumbura, ont rapporté les organes de presse ce week-end. Selon des témoignages recueillis par l'AFP, les rebelles, dont certains étaient vêtus d'un uniforme militaire, ont pris d'assaut les habitations 'tuant sans prévenir et demandant de l'argent'. La British Broadcasting Corporation (BBC) a déclaré que les assaillants, des combattants rebelles présumés, étaient munis d'armes automatiques et de grenades et chantaient des chants religieux durant l'attaque.

'Ils sont entrés dans ma maison, m'ont fait mettre à genoux et m'ont demandé de l'argent,' selon les propos d'un survivant recueilli par la BBC, Benoît Nkurunziza. 'Je leur ai donné tout ce que j'avais, ensuite ma femme a commencé à pleurer et l'un des assaillants a dit à ses amis 'tuez cette femme' et ils l'ont abattue,' a-t-il déclaré. 'Sans l'intervention des forces de sécurité, ceci aurait tourné en catastrophe,' selon les propos du ministre burundais de l'intérieur, Ascension Twagiramungu, cités par l'AFP.

RDC : 'Peu de progrès' dans le processus de paix, selon Kofi Annan

Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a fait observer dans son dernier rapport remis vendredi au Conseil de sécurité qu'il y avait eu 'peu de progrès', voire aucun, dans l'application de l'accord de cessez-le-feu de Lusaka, qui a été, à maintes reprises, violé durant les combats acharnés que se sont livrés l'armée, les rebelles et les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) dans la province septentrionale de l'Equateur'. Selon M. Annan, les hostilités n'ont pas seulement mis en péril le processus de paix, mais se sont également étendues en République du Congo (RC) et en République centrafricaine (RCA). Toutefois, il a recommandé une prorogation de huit semaines du mandat de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC), dans l'espoir que ce 'temps supplémentaire sera utilisé avec sagesse par les parties au conflit'.

Le rapport souligne que le plan de désengagement a été suspendu. Quant aux efforts pour aider les parties à appliquer l'Accord de Lusaka, ils ont été contrariés par les restrictions de la liberté de mouvement de la MONUC et par l'opposition, jusqu'à une date récente, au déploiement de troupes de l'ONU. En outre, le gouvernement congolais a remis en question la validité de l'accord de cessez-le-feu de Lusaka. 'L'absence de progrès dans le processus de paix rendrait difficilement justifiable le lancement de la seconde phase du déploiement de l'ONU ainsi que le maintien de la présence de la mission en RDC, à son niveau actuel,' a indiqué M. Annan. 'Il est clair que les opérations de maintien de la paix de l'ONU ne peuvent pas remplacer la volonté politique de parvenir à un règlement politique.'

RDC : Le déploiement dans les conditions actuelles est 'risqué'

Parallèlement, le secrétaire général adjoint pour les opérations de maintien de la Paix de l'ONU, Bernard Miyet, a déclaré à des journalistes vendredi à New York que le déploiement de troupes dans les conditions actuelles en RDC serait 'risqué'. 'L'un des risques d'une telle initiative serait de se lancer dans l'opération de maintien de la paix sans sérieuse perspective de succès ni progrès politique et de se retrouver bloqué là bas pour une durée indéterminée sans aucun espoir de voir la situation s'améliorer,' a-t-il commenté.

RDC : Kabila souhaiterait la médiation d'Eyadema

Le président de la RDC, Laurent-Désiré Kabila, souhaiterait la médiation du président togolais, Gnassingbe Eyadema dans le conflit en RDC, selon des sources officielles citées par l'AFP. 'Le président Kabila souhaite qu'il soit davantage impliqué dans la résolution de la guerre que nous impose trois autres pays frères - le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi,' selon les propos prêtés par l'AFP au ministre de la communication, Dominique Inongo Sakombi, à l'issue d'une rencontre avec M. Eyadema. La semaine dernière, le leader du mouvement rebelle du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), basé à Goma, Emile Ilunga, s'est entretenu avec le président togolais à Lomé.

RDC : L'UE réaffirme son attachement à l'accord de Lusaka

L'Union européenne (UE) a publié une déclaration vendredi réaffirmant son attachement à l'accord de Lusaka, le décrivant comme étant le 'seul point de référence consensuel' permettant une solution négociée au conflit. L'UE se disait alarmée par la proposition de suspendre l'application de l'accord. Une telle initiative, lisait-on, aboutirait vraisemblablement à une reprise générale des hostilités et, en conséquence, menacerait l'opération de maintien de la paix de l'ONU. L'UE a enjoint au gouvernement congolais et aux autres signataires de l'accord de Lusaka de restaurer un minimum de confiance réciproque en respectant le cessez-le-feu et en appliquant le retrait prévu par l'Accord de Lusaka et l'accord tripartite (Ouganda, Rwanda et ONU) pour la ville de Kisangani.

L'UE a recommandé que ceci devrait se faire en confirmant et en appliquant 'de manière urgente' les garanties approuvées en matière de sécurité et de liberté de mouvement. Le communiqué a également prié les gouvernements ougandais et rwandais ainsi que les autres Etats signataires de mettre en pratique, sans tarder, la résolution 1304 du Conseil de sécurité de l'ONU et d'appliquer leurs propositions pour le redéploiement de leurs troupes en RDC.

RDC : Normalisation des relations avec la RCA

Le président de la RDC, Laurent-Désiré Kabila et son homologue de la République centrafricaine, Ange-Félix Patassé, ont annoncé vendredi la normalisation des relations entre leurs deux pays. Dans un communiqué conjoint émanant des deux présidents à l'issue de la visite de M. Patassé, ils ont exprimé le souhait de renforcer leurs liens afin de promouvoir leurs intérêts communs et la paix dans la sous-région, apprenait-on sur les ondes de la télévision d'Etat.

Les deux dirigeants ont réaffirmé la 'nécessité urgente' pour le Rwanda et l'Ouganda de retirer leurs troupes du territoire de la RDC, en vertu de la résolution 1304 du Conseil de sécurité de l'ONU. Ils ont également rappelé leur engagement dans la libre circulation des navires des deux pays sur les fleuves Congo et Oubangui.

RDC : Nouvelles investigations sur les affrontements de Kisangani

Le Rwanda et l'Ouganda lanceront de nouvelles investigations pour tenter de déterminer la cause des combats entre leurs forces survenus dans la ville congolaise de Kisangani, cette année, au cours desquels plus de 700 civils ont été tués. 'Au niveau politique, nous nous sommes mis d'accord sur le fait que les deux pays devraient établir ce qui s'est passé à Kisangani afin de pouvoir classer cet incident,' a indiqué à IRIN, James Wapakhabulo, commissaire politique national du parti ougandais au pouvoir, le Mouvement de résistance national. Le président ougandais, Yoweri Museveni s'est rendu la semaine dernière au Rwanda pour la première fois depuis les affrontements. 'Les relations entre l'Ouganda et le Rwanda sont excellentes et ceci s'est manifesté par une 'atmosphère décontractée entre les deux pays, bien que nous ne sachions pas pour quelle raison nous nous sommes affrontés à Kisangani,' a déclaré le président ougandais lors d'une conférence de paix à l'issue de sa visite. Le président rwandais, Paul Kagamé, a également souligné les bonnes relations entre les deux pays. 'Nous avons conservé une relation fraternelle malgré les récents différends qui nous ont opposés mais que nous avons réglés,' a-t-il dit. Dans un communiqué publié à l'issue de cette rencontre, les deux leaders ont 'réitéré leur précédent engagement dans l'accord de cessez-le-feu de Lusaka et se sont mis d'accord pour collaborer ensemble à sa totale application. Ils ont lancé un appel à l'ONU en faveur du déploiement total des observateurs pour soutenir cet accord, et pour fournir les ressources nécessaires au médiateur du dialogue inter-congolais'. La prochaine rencontre entre les deux dirigeants aura lieu en Ouganda.

TANZANIE : Le ministre met en garde les réfugiés congolais contre la politique

Le ministre tanzanien des affaires étrangères, Jakaya Kikwete, a mis en garde, ce week-end, les réfugiés de RDC vivant en Tanzanie, contre l'exercice d'activités politiques 'ou de tout autre mouvement hostile à leur pays pendant leur séjour en Tanzanie'. Il a déclaré à des journalistes à Dar es Salaam que certains réfugiés de RDC pratiquaient des activités politiques, rapportait la radio tanzanienne. Les réfugiés auraient formé leur propre parti, l'Union des forces pour la libération de la RDC, 'avec le seul objectif de renverser le gouvernement du président de RDC, Laurent-Désiré Kabila et d'expulser tous les soldats étrangers de la RDC'.

M. Kikwete a indiqué que ces réfugiés avaient violé les principes et conditions élémentaires concernant les réfugiés. Avec leur statut de réfugiés, ils n'étaient pas supposés s'engager dans des activités politiques, a-t-il dénoncé. Il a indiqué que son gouvernement reconnaissait le gouvernement du président Kabila et par conséquent, les membres de ce nouveau parti politique devraient élire un autre pays que la Tanzanie pour exercer leurs activités.

RWANDA : Washington octroie 4,5 millions de dollars pour la démocratie

Le gouvernement américain a octroyé 4,5 millions de dollars au gouvernement rwandais en faveur de la démocratie, de la justice et des programmes de bonne gouvernance dans le pays, selon un communiqué émanant du ministère des finances cité par l'Agence rwandaise d'information (ARI). Cette somme sera remise par l'agence américaine pour le développement international (USAID). Le communiqué a indiqué qu'un total de 4 millions de dollars a été réuni par le biais d'un programme du gouvernement américain 'Great Lakes Justice Initiative' (GLJI). Le GLJI est un programme spécial lancé par le président Bill Clinton en 1998 pour renforcer les systèmes judiciaires dans les pays de la région des Grands Lacs. L'ARI a fait observer qu'avec cette dernière contribution, le gouvernement américain aura alloué 14 millions de dollars au Rwanda dans le cadre du GLJI.

Le communiqué a rappelé que l'enveloppe du GLJI destinée au Rwanda cette année sera utilisée pour développer les initiatives en matière de gouvernance et d'autorité de la loi, renforçant notamment le soutien technique et logistique au ministère de la justice. Ces fonds seront utilisés pour aider à traiter les dossiers des accusés du génocide et promouvoir le développement à long terme des institutions du secteur judiciaire. Ils serviront également à soutenir des initiatives éducatives et liées à la médiation du conflit à l'Université nationale du Rwanda, à produire des comptes-rendus en anglais et en kinyarwanda sur le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et les juridictions des gacaca [système judiciaire traditionnel], à soutenir les ONG locales engagées à promouvoir la connaissance, le respect des droits de l'homme et les travaux des tribunaux gacaca. Grâce à cet accord avec le gouvernement rwandais, les Etats-Unis continueront d'apporter leur soutien aux journalistes basés à Arusha en Tanzanie qui transmettent des informations sur les travaux du TPIR, indiquait le communiqué.

RWANDA : La migration provoquée par la sécheresse

L'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a signalé que la forte sécheresse prolongée dans certaines parties du Rwanda a provoqué le déplacement de bon nombre de personnes et d'animaux. La région de Bugesera est particulièrement touchée, ses insuffisantes récoltes ont conduit les habitants - et parfois des foyers entiers - à migrer vers de nouvelles régions à la recherche de travail ou d'aide. Cette situation a entraîné le vol de bétail, obligeant les fermiers à surveiller leurs terres en permanence. Les habitants des nouveaux villages créés par les autorités rwandaises, dépourvus de plantations de bananes ou de manioc, sont particulièrement vulnérables aux pénuries alimentaires. La FAO a souligné l'existence d'un important soutien communautaire pour les personnes touchées. Environ 150 000 personnes nécessitent une aide d'urgence dans la région de Bugesera, ajoutait la FAO. Elle a lancé un appel pour une aide internationale continue.

Nairobi, le 25 septembre 2000

[FIN]

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