Burundi + 7 more

Bulletin hebdomadaire d'information 12 pour l'Afrique Centrale et de l'Est

Format
News and Press Release
Source
Posted
Originally published
NATIONS UNIES
Bureau de coordination des affaires humanitaires
Réseau intégré d'information régional
Pour l'Afrique centrale et de l'Est
Tel : +254 2 622147
Fax : +254 2 622129
E-mail : irin@ocha.unon.org

RWANDA: Le président démissionne

Le président Pasteur Bizimungu a démissionné jeudi, en invoquant des "raisons personnelles" dans sa lettre de démission à l'Assemblée Nationale. Dans une seconde lettre, M. Bizimungu a présenté sa démission des postes de vice-président, membre du comité exécutif et membre du bureau politique du Front Patriotique Rwandais (FPR), mais a indiqué qu'il continuerait à servir le mouvement en tant que simple membre, a rapporté l'agence de presse Rwanda News Agency (RNA). "J'ai fait de mon mieux pour servir le mouvement et le pays. Dans le même temps, je demande votre pardon pour ce qui ne s'est peut-être pas si bien passé", a-t-il écrit au président du FPR (et vice-président rwandais), Paul Kagame.

Lundi, M. Bizimungu avait reproché au parlement la présentation tardive du nouveau gouvernement rwandais, plus d'un mois après la démission de l'ancien premier ministre, Pierre-Celestin Rwigema. "Vous avez chassé les ministres, vous avez chassé le président de l'assemblée, vous avez fait tombé un gouvernement... encore un peu moi aussi j'étais limogé. Il y a vraiment un problème dans la méthode de travail du parlement ", a-t-il déclaré, selon RNA. Des observateurs avaient relevé des divergences de vues entre MM. Bizimungu et Kagame concernant la composition du nouveau gouvernement, notamment sur la question de savoir s'il fallait ou non garder Patrick Mazimhaka, ministre délégué à la présidence. Ce dernier, proche allié de M. Bizimungu, mais cible de plusieurs accusations de corruption, a été écarté du nouveau gouvernement.

M. Kagame, en tant que vice-président, assume la direction du pays en attendant la nomination d'un président par intérim, a indiqué vendredi à IRIN le juge en chef du Rwanda, Simeon Rwagasore.

RWANDA: Présentation du nouveau gouvernement

Le nouveau gouvernement rwandais a prêté serment lundi. Outre le remplacement de M. Mazimhaka, trois nouveaux ministres font leur entrée, aux portefeuilles des affaires étrangères, du commerce et de l'environnement.

BURUNDI: Le FDD prêt à se rendre à Arusha

Le principal chef de faction rebelle, Jean-Bosco Ndayikengurukiye, a déclaré que son groupe - Les Forces pour la défense de la démocratie (FDD) - est maintenant prêt à participer au processus de paix d'Arusha. Selon l'agence de presse sud-africaine (SAPA), cette décision a été annoncée par le facilitateur de paix au Burundi, Nelson Mandela, à l'issue de sa rencontre avec M. Ndayikengurukiye, lundi en Afrique du Sud. Toutefois, le chef rebelle a souligné les conditions 'non négociables' pour sa participation, dont le démantèlement des camps de regroupement au Burundi et la libération des prisonniers.

Le spécialiste du Burundi Jan van Eck, du Centre pour la résolution des conflits basé en Afrique du Sud, voit dans cette décision un "grand succès et un important pas en avant' pour le processus d'Arusha. 'Les pourparlers ont maintenant pris un ton sérieux,' a-t-il indiqué à IRIN mardi. Cette évolution pouvait faire avancer le processus puisque désormais il pourrait y avoir de réelles discussions entre les belligérants sur la cessation des hostilités.

BURUNDI: Reprise des pourparlers d'Arusha la semaine prochaine

Les pourparlers de paix d'Arusha doivent reprendre la semaine prochaine, ont rapporté mardi les agences de presse. Cette série de pourparlers, qui commencera lundi 27 mars, ne devrait pas inclure le FDD, bien que leur chef Jean-Bosco Njourikengurukiye se soit engagé à participer sous certaines conditions. Un représentant de l'équipe de facilitation, Mark Bomani, a déclaré qu'il était "trop tôt" pour impliquer le FDD. Le facilitateur Nelson Mandela, qui sera à Arusha, devrait rencontrer d'autres factions rebelles armées cette semaine, a rapporté le service Internews basé à Arusha.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Lourds combats sur le front est

Trois offensives séparées dans les provinces du Kasai et du Katanga (deux lancées par les rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et l'Armée patriotique rwandaise (APR), et une autre par les Forces armées congolaises (FAC) et leurs alliés de la Communauté pour le Développement de l'Afrique Australe (SADC)) marquent une grave détérioration du conflit en RDC, ont indiqué ce mercredi à IRIN des sources militaires et diplomatiques. Selon ces sources, la situation est extrêmement dangereuse pour l'ensemble de la région. D'un côté, selon des sources indépendantes dans le pays, le RCD et l'APR ont lancé l'offensive qui a engendré les combats autour de Idumbe, dans le Kasai Occidental, et qui, selon les analystes, pourrait viser à couper les communications entre Ilebo et Kananga. De 150 à 200 soldats gouvernementaux et alliés seraient morts pendant l'offensive, ont indiqué les sources. Dans le même temps, le RCD et l'APR auraient lancé une autre attaque autour de Kabinda, et d'aucuns spéculent que ces deux opérations pourraient s'inscrire dans un grand plan visant à isoler le centre diamantifère de Mbuji-Mayi tenu par les alliés.

Parallèlement, le gouvernement n'est pas resté inactif et a lancé sa propre offensive au Nord Katanga et au Sud Kivu, le long d'une ligne entre Kabalo et Kongolo, ont indiqué des sources militaires indépendantes. Bien que l'on n'ait aucun bilan des victimes, il s'agirait d'une opération d'envergure. Ce qui est clair, selon les analystes, c'est que ces offensives militaires - qui se poursuivent toutes - ne sont pas de simples escarmouches ou des violations du cessez-le-feu de faible intensité. Il s'agit bien "d'actions offensives à grande échelle planifiées". Par contre, le front nord serait calme pour le moment, mais "d'importants préparatifs " de guerre suggèrent que cela ne durera pas, ajoutent les observateurs.

RDC: Le Conseil de Sécurité exige "l'arrêt immédiat" des offensives

Mercredi, le Conseil de Sécurité des Nations Unies s'est déclaré profondément déçu de la reprise des offensives militaires sur plusieurs fronts en RDC, et a prévenu les belligérants que le déploiement envisagé d'une force des Nations Unies de 5 500 hommes ne pourrait avoir lieu si les combats reprennent. "Les membres du Conseil se sont déclarés consternés d'apprendre qu'une nouvelle offensive a été lancée dans la province de Kasai et s'est soldée par la prise de la ville d'Idumbe", a déclaré dans un communiqué de presse l'ambassadeur du Bangladesh, Anwar Karim Chowdhury, qui assure la présidence tournante du Conseil.

RDC: Kinshasa empêche Masire de visiter des régions tenues par les rebelles

Le facilitateur du dialogue inter-congolais prévu par l'accord de Lusaka, l'ancien président du Botswana, Ketumile Masire, a été empêché mercredi par les autorités congolaises de se rendre de Kinshasa vers des régions tenues par les rebelles, selon la BBC. Dans un entretien accordé à la BBC jeudi matin, le ministre congolais des affaires étrangères, Yerodia Ndombasi, a indiqué que M. Masire avait préalablement fourni son plan de voyage au gouvernement, et qu'une réunion avec lui était prévue pour "éclaircir la situation". M. Masire devait se rendre dans les trois quartiers généraux rebelles de Gbadolite, Bunia, et Goma. "Cela montre que [le président de RDC Laurent-Désiré] Kabila est un réel problème pour le processus de paix. M. Masire venait ici pour entendre l'opinion des Congolais. Qui est Kabila pour l'en empêcher? Ce ne sont pas des signes encourageants et la communauté internationale devrait prendre note de cela; sinon, nous nous retrouvons à la case départ", a déclaré jeudi à IRIN un responsable du MLC.

OUGANDA: Changements dans le commandement militaire basé en RDC

Le président ougandais Yoweri Museveni a remanié le commandement militaire du contingent basé en RDC. "Ce n'est pas un remaniement, c'est un nouveau déploiement de commandants déjà en poste dans la région", a indiqué lundi à IRIN le porte-parole de l'armée ougandaise le capitaine Shaban Bantariza. Il a expliqué qu'ils avaient introduit deux personnes supplémentaires "car le commandant en chef [le président Museveni] souhaite une meilleure coordination des forces qui sont déployées sur un vaste territoire'. "C'est pourquoi on a alloué des secteurs aux différents commandants pour qu'ils soient en contact direct avec les forces".

SOUDAN: MSF condamne les attaques aériennes soudanaises

Médecins sans Frontières a condamné les attaques "visant délibérément" les écoles et les hôpitaux, menées par la force aérienne soudanaise. Dans un communiqué publié lundi, l'organisation annonçait qu'elle avait publié un rapport basé sur des témoignages réunis pendant toute l'année 1999. "Des preuves ont été réunies et des allégations graves ont été avancées, selon lesquelles des armes d'une nature prohibée au niveau international sont régulièrement employées contre la population civile, notamment des bombes à fragmentation et des bombes contenant des produits chimiques", a déclaré le Directeur des Opérations de MSF, Thierry Durand. L'organisation a appelé à la fin immédiate des violations "régulières et délibérées" des droits de l'homme au sud du Soudan.

SOUDAN: Le parti Ummah quitte le NDA

Le parti Ummah, présidé par Sadiq al-Mahdi, a quitté le collectif d'opposition 'National Democratic Alliance' (NDA) après que la NDA ait rejeté une tentative de réconciliation de l'Ummah avec Khartoum, ont rapporté les agences de presse. Samedi, le gouvernement soudanais a salué cette décision qu'il qualifie de "développement important" vers la réconciliation. Dans un communiqué, le parti Ummah a expliqué qu'il quittait la NDA "avec plus de tristesse que de colère ". Il a également accusé le dirigeant du mouvement rebelle SPLA, John Garang, "d'attiser les flemmes du conflit".

ETHIOPIE: Le PAM se préoccupe de la situation en Ogaden

Le PAM s'est déclaré préoccupé de la détérioration de la situation alimentaire dans la région éthiopienne de l'Ogaden, due à l'arrivée tardive des petites pluies, qui auraient dû commencer il y a quatre semaines. "En ce moment, nous n'avons pas de vivres supplémentaires en vue", a indiqué la directrice pays du PAM, Judith Lewis, dans un communiqué. "La situation dans la région somalienne [Ogaden] est critique...Le manque d'eau reste un sujet de préoccupation, ainsi que tous les problèmes de santé qui en découlent". Appelant à une intervention urgente des donateurs, elle a prévenu que les stocks alimentaires ne dureraient que jusqu'à la mi-juillet.

Parallèlement, l'Ethiopie s'apprête à rationner l'électricité, en raison du retard des petites pluies, a rapporté le centre d'information progouvernemental Walta.

SOMALIE: Le plan de paix de Djibouti "ne marchera pas", estime Aideed

Le chef de faction Hussein Aideed a expliqué que son mouvement 'Somali National Alliance' (SNA) n'est pas opposé à l'idée avancée par la proposition de paix de Djibouti, mais a déclaré qu'en l'état elle ne pourrait pas marcher, parce que le programme de réconciliation n'est "pas clair". Selon le quotidien 'Xog Ogaal', il a déclaré lors d'une conférence de presse à Mogadishu lundi, qu'en plus, la SNA tenait Djibouti pour responsable de crimes commis contre le peuple somalien. Il a également critiqué le président actuel de Djibouti, Ismael Omar Guelleh, pour "être resté silencieux devant les interférences continues de l'Ethiopie dans les affaires internes de la Somalie".

REPUBLIQUE DU CONGO: Nouveaux retours de personnes déplacées

Quelque 2 300 personnes déplacées sont rentrées dimanche par train dans leurs villages, à quelque 50 km de Brazzaville, a indiqué le CICR dans un communiqué. L'organisation a précisé qu'elles venaient de la région de Pool et avaient trouvé refuge dans la capitale fin 1999 lorsque des combats ont éclaté dans leurs régions. Le CICR souligne que le manque d'entretien a laissé de nombreuses routes dans un très mauvais état et que l'accès à certains villages à partir de Brazzaville n'est possible que par train.

Nairobi, le 24 mars 2000

[FIN]

[IRIN-CEA: Tel: +254 2 622147 Fax: +254 2 622129 e-mail: irin-cea@ocha.unon.org ]

[Les informations contenues dans ce bulletin vous sont parvenues via IRIN, un département d'informations humanitaires des Nations Unies, mais ne reflètent pas nécessairement les vues des Nations Unies ou de ses agences. Si vous réimprimez, copiez, archivez ou renvoyez ce bulletin, merci de tenir compte de cette réserve. Toute citation ou extrait devrait inclure une référence aux sources originales. Les rapports d'IRIN sont archivés sur internet sous : http://www.reliefweb.int/IRIN ]