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Bulletin hebdomadaire d'information 112 pour l'Afrique Centrale et de l'Est

NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA)
Réseau d'Information Régionaux Intégré (IRIN)
(du 23 février au 1er mars 2002)

RDC : Le dialogue reprend et s'enlise

Sur fond d'accusations de tentatives de sabotage des pourparlers, le dialogue intercongolais, longtemps différé, s'est ouvert lundi après-midi à Sun City en Afrique du Sud, en présence de tous les acteurs principaux. Malgré les menaces de boycott prononcées la semaine dernière par le Mouvement pour la libération du Congo de Jean-Pierre Bemba, dénonçant de soi-disants déséquilibres dans la représention des mouvements de l'opposition non armée, les émissaires du MLC étaient présents à Sun City lundi matin, a confirmé l'agence SAPA.

Lors de la cérémonie d'ouverture qui s'est tenue lundi soir, il était clair que les représentants de l'opposition non armée et le MLC n'étaient pas présents. Mardi, un porte-parole du Bureau du facilitateur a indiqué à IRIN que les pourparlers étaient reportés au lendemain, car il " restait encore de nombreux points à résoudre ", notamment la question de la représentation. Selon certaines sources, le chef du MLC, Jean-Pierre Bemba, se trouvait dans un hôtel de Sun City. La radio SABC a rapporté qu'il avait eu des entretiens privés avec le président sud-africain Thabo Mbeki. [Dossier complet sur :http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID"923]

Les pourparlers ont repris mercredi sur fond de querelles sur la question de savoir si les partis de l'opposition non armée devraient être autorisés à participer au dialogue intercongolais. La majeure partie de l'opposition, le RCD, et le MLC de M. Bemba, semblaient s'être ligués contre le gouvernement sur la liste des mouvements de l'opposition non armée, a fait observer un rédacteur d'IRIN ce mardi. De son côté, le gouvernement accusait ces groupes de vouloir saboter les pourparlers. Léonard She Okitundu, le ministre congolais des affaires étrangères, avait déclaré à des journalistes que le gouvernement de Kinshasa comptait sur M. Masire pour résoudre le problème de la représentation, a rapporté l'AFP. M. Masire, pour sa part, a indiqué que les Congolais pouvaient aussi bien saboter leur propre dialogue que transformer ces pourparlers en succès. Au fur et à mesure que montait la tension à Sun City, d'autres émissaires se sont mis à protester contre l'interruption du dialogue. " L'échec de ces pourparlers servirait les intérêts de tous les belligérants, " a déclaré Kabare Rugemaninzi, un représentant de la société civile, cité par AP. Parallèlement, M. Kabila s'est entretenu lundi soir avec M. Bemba et le chef du RCD, Adolphe Onusumba, a rapporté Reuters. [Dossier complet sur : http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID=23108 et http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID=23315]

Cependant, les perspectives du dialogue s'annonçaient meilleures ce jeudi suite à l'annonce d'un cessez-le-feu de la part du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué, le gouvernement a déclaré qu'il avait ordonné un " cessez-le-feu unilatéral " et avait ordonné à ses troupes de commencer à se retirer. Les autorités, dans leur déclaration, accusent les forces rebelles et rwandaises d'avoir rouvert les hostilités le 22 février à Moliro près du lac Tanganyika.

Quant aux revendications de 'opposition sur la liste de leurs participants au dialogue, le gouvernement congolais a suggéré qu'il pourrait consentir à un compromis. Le ministre congolais des affaires étrangères, Léonard She Okitundu, a indiqué qu'un groupe de 30 délégués de l'opposition, qui arriveraient de Kinshasa d'ici le lendemain, règleraient ce problème. Les délégués qui se proclament membres " de la véritable opposition ", ont refusé de participer au dialogue tant qu'ils n'avaient pas leur mot à dire sur le choix des autres émissaires de l'opposition non armée.

Le MLC et le RCD ont accueilli avec satisfaction les concessions de Kinshasa. Le secrétaire général du MLC, Olivier Kamitatu s'est déclaré " très satisfait " de l'annonce de cessez-le-feu qui montre que tout le monde est engagé dans le processus de paix". Azarias Ruberwa, secrétaire général du RCD, a indiqué que les pourparlers devraient reprendre " probablement dans les prochaines 48 heures ", selon AP. [Dossier complet sur : http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID=23486]

Le projet d'ordre du jour du dialogue est disponible sur : http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID"613]

RDC : Les experts reprennent leurs travaux sur l'exploitation des ressources naturelles

Le Groupe d'experts des Nations Unies chargés d'examiner l'exploitation illégale des ressources et d'autres formes de richesses en République démocratique du Congo (RDC) a repris ses travaux le 18 février pour une période de six mois. Dans le cadre de son nouveau mandat de six mois, le Groupe d'experts effectuera une évaluation des mesures possibles que pourraient prendre le Conseil de sécurité de l'ONU, la communauté internationale, les pays de transit et les utilisateurs finaux, en vue de mettre fin au pillage des ressources naturelles en RDC. Des recommandations concernant ces mesures seront également soumises par les experts. Un communiqué publié le 19 décembre 2001 par le Conseil de sécurité, lorsque le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a été prié de renouveler le mandat du groupe, indiquait : " Le Conseil de sécurité note avec préoccupation que le pillage des ressources naturelles et d'autres formes de richesses de la RDC se poursuit sans relâche. Le Conseil de sécurité condamne énergiquement ces activités, qui alimentent le conflit dans le pays, entravent le développement économique de la RDC et exacerbent la souffrance de son peuple... " Le communiqué faisait référence à la " situation désastreuse du pays sur les plans humanitaire et économique ".

En s'appuyant sur les précédentes conclusions du Groupe, le Conseil a souligné que ni les parties extérieures au pays, ni les groupes ou personnes sous leur contrôle, ne devraient bénéficier de l'exploitation des ressources naturelles de la RDC aux dépens de la RDC ; que les ressources naturelles de la RDC ne sauraient constituer pour aucun Etat, aucun groupe ni aucune personne une incitation à prolonger le conflit, que ni les parties extérieures au pays, ni les groupes ou personnes sous leur contrôle ne doivent utiliser les ressources naturelles de la RDC pour financer le conflit dans le pays, et que les ressources de la RDC devraient être exploitées légalement et sur une base commerciale équitable afin de bénéficier au pays et à la population de la RDC.

Le Conseil a également souligné l'importance pour le groupe de maintenir un haut niveau de collaboration avec " tous les intervenants congolais, qu'ils soient gouvernementaux ou non gouvernementaux, sur l'ensemble du territoire national ". Un certain nombre de pays ont été mis en cause dans le précédent rapport du Groupe d'experts - notamment le Rwanda et l'Ouganda. Le groupe s'est réuni trois fois depuis l'ouverture de ses travaux en septembre 2000.

RDC : Les experts font état d'une augmentation considérable de l'activité sismique

Aux premières heures de la journée de lundi, des volcanologues et chercheurs du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et de l'Observatoire volcanologique de Goma ont constaté une augmentation considérable de l'activité sismique du volcan Nyamuragira, au nord-ouest de Goma, dans l'est de la RDC. Depuis l'éruption du volcan voisin, le Nyiragongo survenue le 17 janvier, les équipes scientifiques ont surveillé la région avec beaucoup de vigilance. " Les appareils de mesure n'indiquaient aucune activité sismique puis, se sont mis de façon soudaine à révéler une activité impressionnante, " a indiqué Dario Tedesco, professeur de volcanologie à l'Université de Naples et consultant pour OCHA à Goma.

Le Nyamuragira est un volcan en activité qui connaît des éruptions tous les ans ou tous les deux ans. L'éruption survenue en février 2001 s'est poursuivie pendant plusieurs semaines, mais n'a pas mis les populations locales en danger car la lave descendait vers l'ouest, en direction du parc national de Virunga. M. Tedesco et des sismologues congolais pensent qu'une éruption va se produire dans les jours à venir ou au plus tard dans les prochaines semaines. " Ce n'est pas l'éruption, cependant, qui nous inquiète le plus, " a-t-il indiqué, ajoutant que l'activité sismique enregistrée au cours des dernières semaines menace de perturber l'équilibre du lac Kivu situé à proximité. " Une activité sismique dans les eaux du lac associée à une éventuelle activité volcanique au fond du lac bouleverseraient les couches de dioxide de carbone et de méthane qui reposent en son fond. " Si une telle éventualité se produit, a poursuivi M. Tedesco, ces gaz toxiques se répandraient dans l'atmosphère, constituant un danger mortel pour la population de cette région.

En outre, l'activité sismique provoque des fissures dans la terre et élargit les crevasses existantes, augmentant le risque de nouvelles coulées de lave et d'émissions de gaz. L'Observatoire volcanologique de Goma a indiqué qu'une longue fissure avait été découverte sous une église locale, Kanisa La Mungu, au cour de Goma, émettant du dioxide de carbone dont la concentration de 0.1 pour cent a provoqué l'évanouissement de deux femmes qui faisaient le ménage dans l'église. L'accès à cette église a, depuis lors, été interdit. Les volcanologues ont précisé que de telles fissures dans la région pouvaient donner lieu à de nouvelles éruptions de lave. L'Observatoire continue de surveiller l'activité volcanique et sismique dans cette partie du pays et tiendra la population locale informée de la situation.

RC : 2001, une année " décevante " selon le FMI qui reste optimiste pour 2002

A l'issue d'une récente mission d'évaluation, le Fonds monétaire international (FMI) a qualifié les résultats économiques de 2001 en République du Congo (RC) de " décevants ". Le FMI reconnaît toutefois " les conditions particulièrement difficiles - insuffisance des capacités et de l'aide extérieure - dans lesquelles la nation a mis en oeuvre son programme économique et financier ".

Dans un document de synthèse publié le 25 février à l'issue de leurs consultations au titre de l'article IV tenues en 2001, les directeurs du FMI ont affirmé que le budget 2002 est " largement conforme " aux priorités définies. Néanmoins, ils ont souligné : l'importance d'efforts soutenus pour augmenter le recouvrement des recettes non pétrolières et renforcer le contrôle des dépenses ; le rôle central qu'une gestion efficace des ressources pétrolières de la RC pourrait jouer dans le cadre de la lutte contre la pauvreté ; l'importance d'accélérer les réformes structurelles tendant à créer un environnement propice au développement du secteur privé et à la diversification de l'économie ; le besoin d'une importante aide financière et technique permettant de créer une capacité administrative, d'aboutir à l'avènement des réformes du pays et de vaincre la lutte contre la pauvreté ; que les sérieuses lacunes de la base statistique de la RC empêchent la réalisation d'une évaluation en temps utile des conditions économiques et l'élaboration de stratégies appropriées.

Néanmoins, les directeurs généraux du FMI se sont félicités des progrès effectués par la RC " pour poser les fondements d'une paix durable et d'institutions politiques stables ", et ont jugé encourageante la " nature interne " de ce renouveau d'après-guerre. Le FMI a également salué la forte reprise du secteur non pétrolier, ainsi que les efforts consentis par les autorités congolaises pour reconstruire les infrastructures physiques et institutionnelles du pays. Le rapport complet est affiché sur http://www.imf.org]

RCA : La CE va allouer plus de 92 millions de dollars pour lutter contre la pauvreté

La Commission européenne (CE) et la République centrafricaine (RCA) ont signé mercredi dans la capitale de la RCA, Bangui, un document de stratégie de coopération, d'un montant de 106,5 millions d'euros (92 216 220 dollars), dans le cadre de la lutte contre la pauvreté pour les cinq prochaines années. D'après un communiqué émanant de la CE, ce programme constitue " une nouvelle étape dans les relations entre la République centrafricaine et l'Union européenne [UE] dans le cadre de l'Accord de partenariat signé à Cotonou le 23 juin 2000 entre la Communauté européenne et les pays ACP [de l'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique].

Les fonds sont destinés à la réalisation d'objectifs prioritaires dans plusieurs domaines : lutte contre la pauvreté, appui au secteur santé, infrastructures routières, renforcement de la bonne gouvernance, avènement d'un Etat de droit. Au cours des 15 dernières années, la CE a débloqué 272 millions d'euros (235 519 360 dollars) destinés à soutenir le développement de la RCA. Ce récent accord fait partie d'un programme de coopération commencé en 2000 et en vigueur jusqu'en 2007.

BURUNDI : Nouvelles embuscades, bilan : 11 morts

Sept soldats ont trouvé la mort ces derniers jours dans des embuscades rebelles survenues dans l'ouest du Burundi, a rapporté mardi Radio Publique Africaine (RPA) du Burundi. Lundi après-midi, un véhicule se rendant de Bujumbura à Rumonge, est tombé dans une embuscade rebelle à Nyarukona dans la zone de Gitaza, selon RPA. Cinq personnes, dont un soldat, ont été tuées tandis que quatre civils ont été kidnappés et leur véhicule incendié au cours de cet incident.

Au cours d'une autre embuscade survenue mardi matin dans la province de Bubanza, au nord-ouest du Burundi, six soldats ont trouvé la mort alors qu'ils se rendaient à pied au marché de Kivyuka dans la commune de Musigati, selon le bulletin. Les soldats auraient été tués par les rebelles qui les auraient reconnus. Cette nouvelle attaque aurait été perpétrée dans le but de venger la mort de Louis Sinabajije, un ancien chef rebelle des Forces pour la défense de la démocratie (FDD), abattu la semaine dernière au cours d'un affrontement avec l'armée régulière, selon la station. Le marché de Kivyuka s'est vidé immédiatement après les échanges de tirs nourris entre les assaillants et l'armée, laquelle était venue secourir les soldats tombés dans l'embuscade.

Un responsable de la sécurité au Burundi a confirmé mercredi à IRIN ces nouveaux incidents, ajoutant que des rebelles s'étaient infiltrés au Burundi en provenance de la République démocratique du Congo. Il a précisé que des soldats essayaient depuis la semaine dernière de repousser les rebelles dans la vallée de Rukoko et la région de Mutimbuzi à l'ouest du Burundi.

BURUNDI : Une faction du CNDD-FDD et le gouvernement se mettent d'accord sur le cadre des négociations

Une faction du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD) et le gouvernement transitoire se sont mis d'accord le 22 février sur un cadre général pour les négociations visant à aboutir, dès que possible, à un accord définitif sur un cessez-le-feu et à la restauration de la démocratie au Burundi. Dans un communiqué, le CNDD-FDD a indiqué que les deux délégations avaient convenu de se réunir de nouveau " brièvement " pour trouver les moyens de mettre en place des conditions propices aux négociations, à commencer par l'arrêt effectif des hostilités.

" Tout s'est très bien passé. Notre réunion a été très positive et nous avons décidé de nous rencontrer de nouveau pour discuter d'un cessez-le-feu qui aiderait à restaurer la démocratie dans notre pays, " a précisé mardi à IRIN un responsable du CNDD-FDD. Les émissaires se sont réunis la semaine dernière de lundi à vendredi en Afrique du Sud, sous l'égide du vice président sud-africain, Jacob Zuma. Ont également participé à cette rencontre le ministre gabonais des affaires étrangères, Jean Ping et le représentant spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Berhanu Dinka.

La faction du CNDD-FDD qui a participé à la rencontre de la semaine dernière est dirigée par Pierre Nkurunziza. Quant à la faction qui n'a pas assisté à ce sommet, elle est dirigée par Jean-Bosco Ndayikengurukiye. L'autre mouvement armé rebelle, les Forces nationales de libération (FNL), a refusé de se rendre au sommet, arguant que l'invitation était arrivée trop tard - trois jours avant la rencontre - pour leur laisser le temps de se préparer.

BURUNDI : Levée des mesures d'interdiction frappant l'agence Net Press

Le ministre burundais de la communication, Albert Mbonerane, a levé samedi, la suspension du droit de l'agence de presse privée, de publier ou afficher des informations sur son site Internet, a déclaré lundi à IRIN Claude Sibomana, rédacteur en chef de l'agence Net Press. " Nous avons récupéré les clés de nos bureaux samedi. Nous remercions tous nos collègues qui nous ont aidés à négocier notre réintégration avec le ministre, " selon M. Sibomana. La suspension de Net Press a été ordonnée par M. Mbonerane le 14 janvier, au motif que l'agence de presse n'avait pas respecté la loi des médias du Burundi.

" Depuis quelque temps, nous avons constaté que les rédacteurs et la direction de Net Press ne respectaient pas la loi des médias, promulguée en mars 1997, laquelle stipule que les médias doivent éviter de publier des informations subversives, diffamatoires, fausses ou des mensonges publiés dans le seul but de perturber la situation qui prévaut dans le pays, " avait déclaré M. Mbonerane à Radio Burundi. Le ministère public du Burundi a demandé à M. Mbonerane d'examiner le dossier de Net Press, a-t-il expliqué, " pour que des mesures appropriées en vue de protéger la loi des médias et l'ordre public soient prises immédiatement ".

Net Press a recommencé à publier lundi.

AFRIQUE CENTRALE : Ruud Lubbers entame une tournée en Afrique centrale

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Ruud Lubbers, a entamé dimanche une tournée de quatre Etats de l'Afrique centrale en vue de faire ressortir les problèmes des réfugiés et des personnes déplacées sur le continent africain. Il est arrivé dimanche en RCA, puis s'est rendu lundi soir en République du Congo. Un responsable du HCR a indiqué lundi à IRIN que cette tournée permettrait à M. Lubbers d'observer en personne les difficultés des réfugiés dans la région et de réunir des informations sur les diverses initiatives de paix en cours ainsi que sur les développements politiques et socio-économiques.

Après avoir rencontré dimanche des représentants du gouvernement, de l'ONU et des organisations humanitaires, M. Lubbers s'est rendu dans un camp établi à Molangue, à environ 110 km au sud-ouest de la capitale centrafricaine, Bangui, selon l'AP. Le camp héberge plus de 2 500 réfugiés qui ont fui le conflit en RDC. " L'objectif du HCR est de rapatrier les réfugiés congolais, " a déclaré M. Lubbers lors de sa visite dans le camp, selon des propos rapportés par l'AP. Il a également évoqué les difficultés des 23 000 réfugiés de la RCA dispersés en RDC, au lendemain de la tentative de coup d'Etat survenue en mai 2001, a confirmé un responsable du bureau du HCR. La plupart des réfugiés appartiennent au groupe ethnique Yakoma dont est issu le chef de l'opposition André Kolingba - le cerveau du putsch selon le président Ange-Félix Patassé. Les réfugiés, craignant des représailles, ont fui le pays. [Dossier complet sur : http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID"608]

Mardi, Ruud Lubbers a rencontré des responsables du gouvernement de la République du Congo (RC) et s'est rendu dans des camps de réfugiés implantés dans des endroits retirés au nord du fleuve Oubangui au nord-est du pays, a fait savoir le HCR dans un communiqué. Face au regain de violence entre les forces du gouvernement et les rebelles du Mouvement de libération du Congo (MLC), quelque 84 000 réfugiés, provenant principalement de la province de l'Equateur, au nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), ont trouvé asile en bordure du fleuve sur une étendue de 800 km, a expliqué le HCR. M. Lubbers, entamant le troisième jour de sa mission d'une semaine dans la région des Grands Lacs, devait se rendre à l'est du pays dans le camp de Loukolela qui a ouvert en juillet 2000 et héberge 1 700 personnes. Le camp accueille un nombre important de réfugiés vulnérables, notamment des enfants, des femmes et des personnes âgées. [Dossier complet sur : http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID=23113]

Vendredi, M. Lubbers s'est rendu dans le camp de réfugiés de Byumba, au nord du Rwanda, qui héberge environ 16 000 réfugiés congolais, a indiqué un porte-parole du HCR à IRIN. Il a fait savoir que M. Lubbers, qui est arrivé au Rwanda jeudi, a rencontré l'équipe de pays de l'ONU et des responsables du gouvernement, dont le ministre des affaires étrangères, André Bumaya. M. Lubbers devait s'entretenir avec le président rwandais, Paul Kagamé vendredi en fin de journée puis s'envoler pour Goma, à l'est de la RDC samedi.

KENYA : La démolition de bidonvilles fait des millions de sans-abri

Une association locale pour la défense des droits de l'homme a lancé une alerte contre de graves problèmes humanitaires et socioéconomiques à long terme dans la cité côtière de Mombasa au Kenya si les autorités municipales continuent d'appliquer l'ordre d'un ministre de démolir des kiosques et des bidonvilles, qui ont laissé des dizaines de milliers de personnes sans abri et sans moyen de subsistance. La dernière démolition en date a eu lieu mercredi dans les bidonvilles de Tudor et Chonjo, laissant plus de 5 000 personnes sans abri, moins d'une semaine après que le ministre, Sheriff Nassir, a lancé un ordre de démolition, a rapporté jeudi le journal Daily Nation.

Khelef Abdulrahman Khalifa, qui dirige l'association musulmane des droits de l'homme (MUHURI) basée à Mombasa, a déclaré jeudi à IRIN qu'un grand nombre de personnes déplacées par la campagne de démolition actuelle campent maintenant dans des églises et des mosquées, o=F9 ils reçoivent des abris temporaires et des vivres. " Il est regrettable que le même gouvernement qui prétend protéger les droits de l'enfance est le même gouvernement qui démolit leur maison. De nombreuses familles dorment dehors sous la pluie, " a-t-il dit, ajoutant " A long terme, lorsque beaucoup de personnes auront perdu leur emploi ou leur abri, la société se trouvera confrontée à des troubles importants. "

Nassir - le député de la région - avait déclaré la semaine précédente que les bidonvilles de Mombasa, baptisés les " Muorotos ", seraient détruits de la même façon que l'ont été les kiosques un mois plus tôt, dans le cadre de sa campagne de " nettoyage " de la ville, indiquait le rapport. Cependant, des personnes sinistrées par cette campagne de démolition ont déclaré avoir pris connaissance de ce projet gouvernemental uniquement dans la presse, affirmant n'avoir reçu aucun avis officiel leur demandant de quitter les lieux, lisait-on. Avant la démolition de mercredi, cinq autres bidonvilles - Kalahari, Fuata Nyayo, Mutaratara, Majengo ya Simba et Mishomoroni - avaient été détruits, laissant environ 2 000 personnes sans abri, d'après le journal Daily Nation. [Dossier complet sur : http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID=23383]

OUGANDA : L'armée libère 80 otages de l'armée de résistance du Seigneur

Environ 700 soldats ougandais ont libéré 80 civils enlevés par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA-Lord's Resistance Army) au cours d'une attaque perpétrée en fin de semaine sur un marché au nord de l'Ouganda, selon un officier de l'armée régulière. " L'UPDF [Uganda People's Defence Force/Forces de défense du peuple ougandais] a poursuivi les rebelles jusqu'au Soudan, à 10 km de la frontière, a libéré 80 civils et sont maintenant revenus en Ouganda, " a déclaré jeudi à IRIN le porte-parole de l'armée, le major Shaban Bantariza. Quelque 300 rebelles de la LRA ont attaqué samedi 23 février le détachement d'une unité de défense locale à proximité du marché d'Agoro du comté de Lamwo, dans le district de Kitgum, et ont kidnappé une centaine de personnes - principalement des hommes âgés de 15 à 25 ans. Quatre personnes, deux civils et deux soldats, auraient été tués au cours de l'attaque.

Bantariza a confirmé des informations selon lesquelles le chef de la LRA, Joseph Kony, aurait été impliqué dans l'incident, et affirme que la présence de Kony indique que le groupe rebelle avait un énorme besoin de renforts. " N'ayant pas pu faire l'an dernier d'incursions dans le nord, ils sont maintenant prêts à tout. L'incident du week-end était une sorte d'attentat suicide, " selon M. Bantariza.

Au mois de décembre, les Etats-Unis ont inclus la LRA - ainsi que les Forces démocratiques alliées (ADF) opérant à l'ouest et au sud-ouest de l'Ouganda - sur sa " liste d'exclusion terroriste " dans le cadre du 'Patriot Act'. " Ils figurent maintenant sur la liste des terroristes. Ils connaissent les Etats-Unis, le Soudan, et tout le monde est contre eux, " a affirmé Bantariza. [Dossier complet sur : http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID=23312]

TANZANIE : Prix de l'environnement pour le defenseur du Mont Kilimandjaro

Sebastian Chuwa, un défenseur de l'environnement qui a apporté une grande contribution dans les initiatives éducatives et les activités de plantation d'arbres pour un développement durable autour du Mont Kilimandjaro, au nord de la Tanzanie, a été l'un des cinq lauréats internationaux des derniers Jeux Olympiques d'hiver qui ont eu lieu aux Etats-Unis. En 1994, le Comité olympique international a adopté l'environnement comme troisième principe de l'Olympisme - avec le sport et la culture - et les membres du Comité olympique de Salt Lake City souhaitaient vivement transmettre un message favorable à l'environnement l'année o=F9 les Jeux se déroulaient dans leur ville. Par le biais de son projet " Esprit de la Terre ", le Comité essaie de renforcer la prise de conscience des problèmes écologiques " et d'honorer les personnes du monde entier qui ont fourni des efforts éducatifs importants au nom de l'environnement ".

M. Chuwa a joué un rôle important dans le soutien apporté aux communautés du Mont Kilimandjaro pour mettre en place des programmes de protection du système écologique de la montagne, d'après l'initiative " African Blackwood Conservation Project " (ABCP), qu'il a créée avec un partenaire. Le Mont Kilimandjaro revêt une importance socioéconomique majeure, car c'est une source importance d'eau pour environ cinq pour cent de Tanzaniens et génère 95 MW d'hydroélectricité, selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui a lancé l'an dernier un programme avec la Fondation de l'ONU pour promouvoir la conservation durable de la montagne. En outre, un million de personnes utilisent la richesse des sols volcaniques et l'eau du Kilimandjaro pour l'agriculture, ou gagnent leur vie grâce à l'industrie touristique en essor, a expliqué le PNUD, en faisant la promotion de la Gestion communautaire du Projet de conservation des zones protégées pour la montagne.

Les empiètements sur les ressources de la montagne - par l'agriculture, le pâturage, la production fourragère et l'exploitation forestière - ont aggravé les niveaux de pauvreté des communautés locales, d'après Nehemiah Murusuri du PNUD Tanzanie. Au nombre des autres principaux dangers, figurent la dégradation des terres, la diminution des ressources hydrauliques, et la fonte de la calotte glaciaire due au réchauffement climatique de la planète. [informations complémentaires sur http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID=11175; le dossier complet d'IRIN sur : http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID"921; pour les travaux de M. Chuwa, consulter : http://www.kilimanjarotrust.org et http://www.blackwoodconservation.org]

[FIN]

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