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Bulletin hebdomadaire d'information 10 pour l'Afrique Centrale et de l'Est

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NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires - IRIN
Pour l'Afrique Centrale et de l'Est
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ETHIOPIE: Des incendies violents détruisent l'environnement du sud-est

Des incendies de forêt faisant rage dans l'Etat d'Oromiya, au sud-est de l'Ethiopie, ont détruit des dizaines de milliers d'hectares de terres. Un appel urgent a été lancé pour solliciter une aide internationale. Les incendies, qui ont éclaté il y a plus de trois semaines dans le district de Shakiso, dans la zone de Borena de l'Etat d'Oromiya, se seraient propagés de manière incontrôlable après que des fermiers locaux eurent brûlé des terres destinées aux cultures. Des responsables du gouvernement ont qualifié cette situation de 'critique'. Le chef du département des ressources naturelles au ministère de l'agriculture, Tamiru Habte, a fait savoir à IRIN que la réponse internationale à l'appel lancé par le gouvernement pour obtenir une aide avait été 'insignifiante'. Un groupe de six experts, trois d'Afrique du Sud, deux d'Allemagne et un des Etats-Unis, se sont rendus dimanche dans les zones de Borena et de Bale pour évaluer les dégâts et trouver les moyens d'éteindre les feux. Un groupe supplémentaire de 22 experts étaient attendus dans le pays d'ici mercredi, a fait savoir Tamiru.

ETHIOPIE-ERYTHREE: L'envoyé américain envisage une 'médiation supplémentaire'

L'envoyé spécial américain et secrétaire d'Etat Anthony Lake, qui alterne actuellement des visites entre l'Ethiopie et l'Erythrée, a déclaré qu'une 'médiation supplémentaire' est nécessaire pour faire accepter aux deux pays le document pour la paix publié par l'OUA, intitulé 'les arrangements techniques'. Le porte-parole du département d'Etat américain James Rubin, a fait savoir dans un communiqué que 'certaines' des dispositions du document avaient fait l'objet d'un consensus. Le président érythréen Isayas Afewerki et le premier ministre éthiopien Meles Zenawi ont réaffirmé leur confiance dans le processus de médiation mené par l'OUA.

RWANDA: Désignation du nouveau premier ministre

L'ancien ambassadeur du Rwanda en poste en Allemagne, Bernard Makuza, vient d'être nommé premier ministre du Rwanda. Il succède à Pierre-Célestin Rwigema, qui a démissionné la semaine dernière à l'issue d'accusations d'irrégularités financières, a rapporté la radio nationale. Le poste de premier ministre qui, en vertu des accords d'Arusha de 1993, appartient au Mouvement démocratique républicain (MDR) à majorité hutue, a changé trois fois de mains depuis que l'actuelle administration est venue au pouvoir en 1994. Le premier chef du gouvernement, Faustin Twagiramungu, s'était enfui en Belgique en 1995 et a depuis formé une alliance d'opposition contre le gouvernement. Il a déclaré à IRIN que le poste de premier ministre n'avait plus aucune valeur au Rwanda car 'c'est le vice-président [Paul Kagamé] qui prend toutes les décisions'. Des observateurs font remarquer que M. Makuza appartient à 'la branche libérale' du MDR qui était opposé à l'ancien régime de Juvenal Habyarimana.

RWANDA: Meurtre d'un volontaire et d'un fonctionnaire

Aciel Kabera, un conseiller du président, a également été abattu devant chez lui, à Kigali dimanche soir, d'après des sources d'IRIN provenant de la capitale. Des observateurs pensent qu'il s'agit d'un 'meurtre politique'. Ancien préfet de Kibuye, Kabera était un rescapé du génocide et une personnalité influente au sein du gouvernement rwandais, ont-elles ajouté. Parallèlement, la directrice générale du PAM, Catherine Bertini, a fait part de son indignation devant le meurtre, samedi, d'un travailleur volontaire de l'ONU travaillant pour l'agence du Rwanda. Samuel Sargbah, ressortissant libérien, a été abattu au volant de sa voiture, par un meurtrier inconnu, à Kigali.

RWANDA: La France livre un suspect de génocide

La Cour d'appel française a ordonné lundi l'extradition d'un suspect de génocide, François-Xavier Nzuwonemeye, au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) sis à Arusha. Il s'agit de la première extradition de la sorte effectuée par la France. Selon les propos de son avocat, Eric Morain, cités par l'AFP, les procédures judiciaires ont eu lieu à huis clos et il ignorait les raisons de cette décision. Il a indiqué qu'il se pourvoirait en appel. Gérald Gahima, le procureur général rwandais, a indiqué à IRIN que son gouvernement était satisfait de la décision du tribunal français. 'Cette décision est une bonne nouvelle car les autorités françaises coopèrent avec le tribunal et nous espérons qu'elles arrêteront et livreront d'autres suspects réfugiés en France,' a-t-il fait savoir. Ce suspect est un ancien membre des Forces armées rwandaises.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Kabila critiqué à la conférence de Kinshasa

Les délégués participant à la consultation nationale à Kinshasa ont critiqué le président Laurent-Désiré Kabila, déclarant qu'il n'est pas différent de son prédécesseur Mobutu Sese Seko. D'après l'agence Reuter, les représentants de quelques partis politiques et d'organisations de défense des droits de l'homme ont déclaré qu'une nouvelle dictature s'est installée à la place de l'ancienne et le changement tant attendu s'est révélé être une pure invention'. L'attaché de presse à l'ambassade de RDC à Nairobi, Mubima Maneniang Milang, a rejeté ces propos mercredi. 'Le président Kabila a une vision pour le pays,' a-t-il indiqué à IRIN. M. Milang a déclaré que ceux qui critiquaient M. Kabila étaient des partisans du leader d'opposition, Etienne Tshisekedi 'cherchant à prolonger' ce que Mobutu avait commencé'.

RDC: Miyet explique la mission de l'ONU et souhaite un 'soutien total'

Le sous secrétaire-général de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix, Bernard Miyet, devait arriver à Kinshasa jeudi afin d'expliquer en détails les plans du déploiement de la force de l'ONU en RDC. Il avait également l'intention de demander aux belligérants 'leur soutien total et essentiel pour déployer une mission forte de plus de 5 500 observateurs militaires', a fait savoir un communiqué de presse émanant des Nations Unies. En approuvant la prorogation du mandat de la Mission d'observateurs de l'ONU en RDC (MONUC) le 24 février dernier, le Conseil de sécurité a demandé à savoir dès que possible si 'les conditions pour le déploiement étaient remplies ou pas'. La mission de M. Miyet faisait partie de cette évaluation, a indiqué le communiqué. M. Miyet devait rester en RDC jusqu'à dimanche, avant de se rendre au Zimbabwe, au Rwanda et en Ouganda pour compléter sa mission.

BURUNDI: Les commissions font peu de progrès

Un des principaux membres de l'équipe de facilitation des pourparlers de paix, Mark Bomani, a déclaré que le processus d'Arusha est 'irréversible', d'après l'agence d'information Hirondelle. Prenant la parole à l'issue des séances des commissions, il a reconnu que certaines d'entre elles avaient accompli peu de progrès. La commission chargée d'étudier la nature du conflit est restée 'bloquée' sur la question du génocide, tandis que la commission sur la démocratie et la bonne gouvernance 'avait besoin d'un peu plus de temps' sous prétexte qu'elle avait 'le rapport le plus difficile à produire'. Cette commission a pour rôle de rédiger une proposition de constitution et définir un système électoral et des institutions de transition. La troisième commission sur la paix et la sécurité n'est pas encore parvenue à conclure un accord sur la cessation des hostilités et l'intégration des forces rebelles dans l'armée nationale. Hirondelle a indiqué que les facilitateurs reconnaissaient qu'il s'agissait de questions délicates, d'autant plus que les forces rebelles armées n'avaient pas assisté aux négociations de paix. Selon M. Bomani, la quatrième commission chargée de la reconstruction et du développement économique avait 'quasiment traité' tous les points inscrits à son programme. Les chefs de la délégation devaient se rencontrer à nouveau le mois prochain.

SOUDAN: Le SPLM dément avoir expulsé des organisations humanitaires

Le SPLM a réitéré sa position mardi selon laquelle aucune ONG n'avait été expulsée ou bien forcée de quitter la zone tenue sous son contrôle dans le Sud Soudan. Le porte-parole Samson Kwaje a déclaré qu'elles avaient 'choisi de partir de leur plein gré' plutôt que de voir leurs activités régularisées par le biais d'une association formelle entre elles et les rebelles de la 'Sudan Relief and Rehabilitation Association' (SRRA). 'Déclarer à la communauté internationale qu'elles [les ONG] étaient expulsées n'est pas seulement de la fausse propagande mais aussi un stratagème malveillant,' a indiqué M. Kwaje dans un communiqué.

SOUDAN: Le gouvernement bombarde les concessions des ONG

Deux personnes ont été tuées et près d'une douzaine blessées lorsqu'un avion du gouvernement soudanais a bombardé un hôpital appartenant à l'ONG américaine, 'Samaritan's Purse', dans la ville rebelle de Lui, à 130 km au nord-ouest de Juba, la semaine dernière. Le coordonnateur de logistique de l'organisation, basé à Nairobi, Andrew Kinyanjui, cité par l'agence Associated Press (AP), a indiqué que c'était la première fois que l'hôpital, comptant 82 employés, avait été bombarbé. Un bombardier Antonov du gouvernement a également bombardé la concession de l'ONG irlandaise, 'Concern', à Yirol samedi, a appris mercredi à IRIN, Ann O'Mahony, responsable des programmes de l'organisation au Soudan. Cette attaque, au cours de laquelle deux bombes ont atteint la concession, était la première perpétrée sur Yirol dans la région australe des Lacs de Bahr el Ghazal, depuis plus d'un an. Elle a indiqué qu'elle ne pensait pas que Concern ni toute autre ONG avait été visée pour avoir signé le protocole d'accord. Elle a estimé que ces bombardements étaient essentiellement destinés à terroriser l'ensemble de la population.

OUGANDA: Le ministre promet le maintien de son soutien à la SPLA

Le ministre ougandais des affaires étrangères Eriya Kategaya a indiqué que le pays ne peut pas abandonner son 'soutien moral' aux rebelles de la 'Sudan People's Liberation Army' (SPLA - Armée de libération du peuple soudanais) car leur cause est 'sincère'. Il est faux de penser que nous les abandonnons parce que nous voulons la paix avec le président [soudanais] Bashir,' selon les propos du ministre rapportés par le journal semi-officiel 'New Vision'. 'Notre soutien moral à la SPLA est connu et le Soudan le sait,' a-t-il dit. 'Si la question du Sud Soudan n'est pas réglée, il ne peut pas y avoir de paix dans la région - ce sera une fausse paix.'

OUGANDA: Les rebelles tuent 12 personnes au nord

Les rebelles de la 'Lord's Resistance Army' (LRA - Armée de la résistance du Seigneur) ont tué cette semaine 12 personnes et fait plus de 30 blessés à Padibe, à quelque 24 km de la ville de Kitgum, au nord de l'Ouganda. Le journal semi-officiel 'New Vision' a rapporté que plusieurs maisons avaient été incendiées et les assaillants avaient également pillé la mission catholique située à proximité. Selon les propos du Père Carlos Rodriguez, cités par le journal, qui s'est rendu sur les lieux après l'incident, huit personnes parmi les victimes auraient été tuées dans le camp de déplacés de la ville. Le président Yoweri Museveni effectuait une visite officielle dans la ville voisine de Gulu à ce moment-là.

ZANZIBAR: Pour l'instant, l'UE dit non à la reprise de l'aide

L'Union européenne (UE) a fait savoir qu'elle n'est pas prête à accorder une nouvelle aide à Zanzibar, soulignant l'absence de changements 'importants' sur la scène politique, a indiqué jeudi à IRIN un responsable de l'UE. 'La situation est plus ou moins restée la même,' a-t-il déclaré. 'La question des 18 membres de l'opposition emprisonnés [détenus depuis plus de deux ans sans procès] et le fait que certaines recommandations adoptées lors d'une réunion pluripartite n'ont pas été suivies, sont quelques-unes des raisons,' a-t-il ajouté. L'UE a suspendu son aide pour protester contre les élections de 1995 qui, selon le mouvement d'opposition Civic United Front (CUF), avaient été truquées.

KENYA: Le HCR éteint le feu dans le camp de Kakuma

Le personnel du HCR a éteint un 'large incendie' dans le camp de réfugiés de Kakuma au nord-ouest du Kenya, a indiqué à des journalistes, mardi à Genève, le porte-parole de l'agence onusienne Kris Janowski. L'incendie de samedi, le quatrième acte présumé criminel dans le camp depuis janvier, n'a fait aucun blessé mais a détruit toute la section somalienne du camp 'avant que les volontaires puissent le maîtriser', a-t-il signalé. Plus de 700 abris accueillant des familles ont été détruits et 4 000 personnes déplacées par les incendies.

REPUBLIQUE DU CONGO: Un flot continu de déplacés rentrent chez eux

La situation humanitaire se caractérise actuellement par le 'mouvement incessant de déplacés depuis les forêts et la réinstallation d'anciens réfugiés dans leurs maisons et villages respectifs', a-t-on appris dans un rapport de l'UNICEF mardi. Selon ce rapport, c'était particulièrement le cas dans les régions o=F9 la sécurité était garantie. Quelque 200 000 personnes deplacées à l'intérieur de leur pays lors de la guerre civile devaient rentrer chez elles d'ici avril ou mai cette année, encouragées par la diminution des activités militaires et par les accords de cessez-le-feu de décembre 1999 conclus entre le gouvernement et les partis d'opposition. En comptant les 370 000 personnes revenues au mois de janvier, le nombre de personnes déplacées et revenues s'élèverait à quelque 600 000 - ou environ trois quarts des personnes qui auraient été déplacés dans le pays entre fin 1998 et 1999, a précisé le rapport.

CONGO-BR: 'Paralysie' du système éducatif

Le rapport a aussi signalé que plus de 50 pour cent d'enfants en âge d'être scolarisés ne l'étaient pas encore, et que la qualité de l'enseignement avait sérieusement baissé depuis la guerre civile. Dans la plupart des écoles, les conditions élémentaires d'hygiène et les systèmes sanitaires étaient déplorables. L'ensemble de l'enseignement était 'gravement paralysé', a-t-il indiqué. Toutefois, il restait deux avantages comparatifs sur lesquels l'agence pouvait capitaliser pour réhabiliter le système scolaire. D'une part, il existait encore des associations parentales qui jouaient un rôle actif dans le maintien des activités éducatives. D'autre part, le secteur des ONG était fortement coopératif.

Nairobi, le 10 mars 2000

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