Burundi

Aperçu de la situation d'insécurité alimentaire chronique Burundi (2016)

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Faits Saillants

La production nationale accuse un déficit de plus de 50% des besoins en céréale et légumineuse, d’où une faible diversité alimentaire. Plus de 70% de la population de Kirundo, Kayanza, Muyinga et Ngozi n’ont accès qu’à moins de 4 groupes d’aliments sur les 7 recommandés. Le rapport SMART 2014 indique que le taux de malnutrition chronique surpasse 50% dans les provinces Bubanza, Cankuzo, Gitega, Karuzi, Kayanza, Ngozi, Rutana et Ruyigi. C'est dans ces mêmes provinces que les enfants qui consomment moins de 2 groupes d'aliments surpassent 80% d'après le rapport EDS 2010.

Résumé des conclusions de classification

Les provinces les plus densément peuplées et celles qui font face aux déficits hydriques récurrents sont les plus plongées dans l'insécurité alimentaire chronique. En somme, 21% de la population se trouvent au niveau 4 de l’insécurité alimentaire chronique selon la classification IPC, 29% au niveau 3, 25% au niveau 2 tandis que 25% au niveau 1. Suivant la règle des 20% prônée par IPC, les provinces de Bubanza, Cankuzo, Karusi, Kirundo, Kayanza, Muramvya, Muyinga, Ngozi, Rutana et Ruyigi sont au niveau 4, le reste étant au niveau 3.

Résumé des facteurs sous-jacents et limitatifs

Les facteurs sous-jacents de la sécurité alimentaire au Burundi sont très critiques. Pour une population à plus de 90% agricoles, la terre constitue une limitation à la production car la superficie moyenne nationale est de 0,5 ha par ménage, avec des provinces dont la densité dépasse 400 habitants au km². Ayant été mesuré à partir des facteurs sous-jacents essentiels, la pauvreté au Burundi établit par ISTEEBU en 2014 indique que 58,3% de la population sont qualifiés de pauvres et que la pauvreté monétaire individuelle s'élève à 64,6%. Le même rapport indique que 72,7% des dépenses sont allouées à l'alimentation, alors que les sources de revenus sont limitées et très peu diversifiées. Pour ce qui est des facteurs limitants, la production agricole ne pourvoit que 65% des besoins en disponibilité alimentaire, moins de 50% pour les céréales et légumineuses. L'accès alimentaire est particulièrement limité par l'augmentation des prix des produits alimentaires de base dont la hausse est supérieure à 40% dans l'intervalle de 10 ans.

Principales Conclusions et Enjeux

Le niveau très élevé de vulnérabilité à l’insécurité alimentaire chronique est entretenu par une pauvreté extrême et faible accès aux moyens d’existence de base. Ce niveau élevé de vulnérabilité a été accentué par la guerre qui a perduré plus de 10 ans, et par une instabilité politique et socio-sécuritaire, pour un pays de plus de 90% de la population vivant de l’agriculture de substance. Les provinces de Bujumbura Rural, Kayanza, Kirundo, Muramvya et Ngozi affichent une densité de population agricole supérieure à 400 habitants au km2 (ENAB 2011/2012), pendant que plus de 13% de ménages n’ont pas de terre dans les provinces Bubanza, Bujumbura Rural, Bururi, Cibitoke, Makamba et Muyinga ( RGPH 2008). De plus, la forte dépendance à la production agricole expose les provinces du Nord/Est, Centre/Est et Sud/Est qui sont les plus exposées au déficit hydrique, à une très grande précarité alimentaire, les plongeant dans de répétitives périodes de soudure très prolongées. Ce sont ces mêmes localités qui hébergent les provinces classées au niveau 4 d'insécurité alimentaire chronique sévère. Par ailleurs, plus de 30% de ménages des provinces de Bubanza, Kayanza, Kirundo, Muramvya et Ngozi ont un indice de pauvreté « très pauvre » et sont très vulnérables au moindre choc alimentaire. La production vivrière couvre 65% des besoins alimentaires nationaux (ENAB 2011/2012), le déficit étant réduit par importations alimentaires.
Le déficit alimentaire le plus élevé d’environ 60% est relevé sur les légumineuses et céréales et couvrent moins de 5 mois sur 12, pendant que la production des tubercules reste élevée.

Ces cas de figure justifient un déséquilibre dans l’alimentation, où les familles remplacent la consommation des légumineuses et céréales par des tubercules en leur disposition. Ces tendances sont également relevées par les rapports CFSVA 2008 et 2014 qui établissent que plus de 60% de ménages des provinces Bubanza, Bujumbura Rural, Bururi, Cankuzo, Kayanza, Kirundo, Muramvya, Muyinga et Ruyigi adoptent souvent la réduction de la qualité comme stratégie d’adaptation à l’insécurité alimentaire, pendant que plus de 60% des enfants signalent avoir accès à un seul groupe d’aliments d’après EDS 2010. Par ailleurs, le score de diversité alimentaire (HDDS) indiquent que 60% de ménages se trouvent dans le niveau 4 d’insécurité alimentaire chronique sévère et convergent vers plus de 60% dans ce niveau d’insécurité alimentaire pour les provinces Bubanza, Kayanza,
Kirundo, Muramvya, Muyinga, Mwaro; Ngozi et Ruyigi. L’analyse de l’aspect « quantité » de consommation alimentaire révèle une insécurité alimentaire chronique sévère accrue durant la période de soudure. La convergence établie par la malnutrition chronique, la qualité et la quantité de consommation alimentaire indique que plus de 20% de ménages sont au niveau d’insécurité alimentaire chronique sévère (niveau 4) dans 10 sur 16 provinces analysées. Ce sont ces provinces qui ont été classés en ce niveau 4 d’insécurité alimentaire chronique.