WCC, ACT Alliance to Burkina Faso president: “Protect people who are in imminent fear for their lives” [EN/FR]

Report
from World Council of Churches, ACT Alliance
Published on 06 Nov 2019 View Original

The World Council of Churches (WCC) and the ACT Alliance, in a joint letter to Burkina Faso president Roch Marc Christian Kaboré, expressed concern for developments affecting the security and human rights of many of the nation’s people.

“We are aware that over the last five years, Burkina Faso has been increasingly afflicted by extremist violence,” the letter reads. “In addition to the deaths of hundreds of people, a spate of kidnappings, and the closure of many schools and churches, this violence has led to a massive and continuous displacement of populations from the affected regions.”

According to the latest UN information, in early October 486,360 internally displaced people were registered, more than twice as many as in July. “Since July, the number of people receiving food assistance has doubled to around 735,000,” notes the letter. “Our churches and partners are already on the ground assisting the affected communities, and we are exploring ways in which we can scale up our support and accompaniment.”

Through this letter WCC and ACT Alliance particularly highlight an urgent and immediate situation in the vicinity of Kongoussi town in northern-central Burkina Faso, where in one church compound of the Association of Evangelical Reformed Churches of Burkina Faso more than 200 people who have fled from attacks on nearby villages – the majority of them children – are taking refuge.

The letter continues: “We join in urgently appealing to the Government of Burkina Faso to do its utmost to project a stronger military presence in this region, in order to protect people who are in imminent fear for their lives, against an advancing wave of extremist attacks.”

WCC and ACT also offered prayers for resolve and wisdom in Kaboré‘s efforts to confront the threat to the nation as a whole, to preserve all Burkinabé people from sectarian violence and divisions, to arrest the worsening humanitarian emergency resulting from these attacks, and to meet the immediate humanitarian needs of so many affected people. “We join you in calling on the international community to provide the necessary support for your government to rise to these critical challenges,” the letter concludes.

See the letter below:

S.E. Roch Marc Christian Kaboré Président Burkina Faso

Votre Excellence,

Au nom du Conseil œcuménique des Églises et de l’Alliance ACT, nous vous écrivons pour vous exprimer notre préoccupation devant les développements qui affectent la sécurité et les droits de la personne de beaucoup de vos citoyens, en particulier dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord et de l’Est.

Nous savons qu’au cours des cinq dernières années, le Burkina Faso a été de plus en plus frappé par la violence extrémiste. Ces attaques violentes, qui visaient initialement l’armée et les institutions étatiques, ont pris un caractère religieux et sectaire de plus en plus marqué et affecté gravement les civils.

Nous avons également à l’esprit l’appel, en septembre 2018, du Gouvernement du Burkina Faso à la communauté internationale, demandant son appui face à l’émergence des menaces à la sécurité et au développement de la région.

Causant la mort de centaines de personnes, une vague de kidnappings et la fermeture de nombreuses écoles et églises, cette violence a également provoqué un déplacement massif et continu des populations venues des régions affectées.

Selon les dernières informations venues des agences onusiennes, on comptait 486 360 déplacés internes au début du mois d’octobre, ce qui représente le double des chiffres enregistrés en juillet. Depuis juillet, le nombre de personnes recevant de la nourriture et de l’assistance a doublé, pour atteindre 735 000 personnes. 71 centres de santé demeurent fermés et 75 autres n’offrent que des services minimaux, laissant plus de 880 000 personnes sans accès aux soins de santé. Selon un Plan d’action humanitaire révisé, 187 millions de dollars sont nécessaires pour l’aide humanitaire, mais, à la date du 29 octobre, seuls 37% des fonds avaient été reçus.

Nos Églises et partenaires sont déjà sur le terrain pour soutenir les communautés affectées et nous cherchons les moyens d’augmenter notre soutien pour les accompagner. Nous soutenons le Gouvernement du Burkina Faso dans ses efforts pour garantir l’aide nécessaire aux besoins humanitaires immédiats autant qu’à la coopération sécuritaire face à la menace extrémiste.

En même temps, nous souhaitons tout particulièrement attirer votre attention sur une situation immédiate et urgente dans les environs de Kongoussi qui a été portée à notre attention. Les attaques les plus dramatiques dans cette province ont eu lieu le 28 septembre, dans un village (Komsilga) situé à une vingtaine de kilomètres de Kongoussi, où 9 personnes ont été tuées. Le même jour, dans l’après-midi, 9 autres personnes ont été tuées dans un autre village (Deneon) à environ 27 km de Kongoussi. Ce soir-là, les gens ont commencé à fuir ces villages et bien d’autres de la région vers Kongoussi. Le nombre de personnes déplacées a continué d’augmenter au cours des jours suivants, et plus de 45 000 personnes déplacées ont été enregistrées à Kongoussi.

Dimanche 6 octobre, 2 personnes ont été tuées dans un autre village (Darbiti) à 6 km de Kongoussi. Dimanche 20 octobre, dans la soirée, 9 autres personnes ont été tuées dans un village (Zoura) situé à seulement 8 km de Kongoussi.

Selon les messages que nous avons reçus du pasteur Tegwende Leonard Kinda de l’Association des Églises évangéliques réformées du Burkina Faso – membre du COE et de l’Alliance ACT – un total de 242 personnes de 32 foyers, dont 141 enfants, 63 adultes et 38 personnes âgées, qui ont fui face à cette vague d’attaques meurtrières, sont actuellement réfugiées dans son église à Kongoussi.

Nous nous associons à l’appel pressant lancé au Gouvernement du Burkina Faso pour qu’il fasse tout ce qui est en son pouvoir pour projeter une présence militaire plus forte dans cette région, afin de protéger les personnes qui craignent pour leur vie contre une vague croissante d’attaques extrémistes.

Nous prions pour que la détermination et la sagesse vous guident dans vos efforts pour faire face à cette menace qui pèse sur l’ensemble de la nation, pour préserver tous les Burkinabés de la violence et des divisions sectaires, pour arrêter l’aggravation de l’urgence humanitaire résultant de ces attaques et pour répondre aux besoins humanitaires immédiats de tant de personnes touchées. Nous nous joignons à vous pour demander à la communauté internationale d’apporter le soutien nécessaire à votre gouvernement pour qu’il puisse relever ces défis cruciaux.

Veuillez agréer, Votre Excellence, l’expression de notre respectueuse considération