Burkina Faso

Évaluation rapide sur les moyens de subsistance - Province de l’Oudalan, région du Sahel, Burkina Faso (Avril 2021)

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Contexte

L’accroissement continu de l’insécurité dans la région du Sahel au Burkina Faso depuis 2019 a engendré le ralentissement voire l’arrêt des activités économiques et agropastorales, ou encore de l’exploitation minière. Cela a mené au déplacement massif des populations vers le chef-lieu de province (Gorom-Gorom). Ainsi, on dénombrait 1 121 960 personnes déplacées internes (PDI) au Burkina Faso fin mars 2021, parmi lesquels 347 159 se trouvaient dans la région du Sahel. En particulier, la province de l’Oudalan accueillait 47 670 PDI.

Les populations déplacées et non déplacées vivant dans la province se sont retrouvées dans une situation d’accès limité à leurs moyens de subsistance. Le manque de revenu disponible et suffisant qui en découle a engendré la détérioration de la sécurité alimentaire et de la situation nutritionnelle des ménages.

En effet, selon l’enquête nutritionnelle nationale SMART, la région du Sahel comptait 43% des enfants de 0-59 mois souffrant de malnutrition chronique, et 15,1% des enfants de 5 à 59 mois souffrant de malnutrition aiguë globale (MAG). Ce dernier taux se situe au-delà du seuil d’urgence de 15% défini par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Par ailleurs, lors de l’évaluation multisectorielle des besoins REACH, 43% des ménages non déplacés et 40% des ménages PDI de la province de l’Oudalan ont rapporté s’être endormis affamés au moins une fois dans le mois précédant la collecte de données.

Dans ce contexte, l’initiative REACH, financée par la direction générale de la Protection civile et des opérations d’aide humanitaire européenne (DG-ECHO), a planifié une évaluation dans cette province. Le but de cette dernière est de renseigner la situation actuelle et les besoins des populations en matière de moyens de subsistance ainsi que les expériences vis-à-vis de l’assistance humanitaire reçue.

Méthodologie

La collecte de données s’est déroulée du 04 au 09 mars 2021. En raison de l’accès limité à certaines communes de la province de l’Oudalan, l’évaluation a adopté une aporoche quantitative basée sur des entretiens avec des informateurs clés (IC) soit en personne dans le chef-lieu de la commune de Gorom, soit à distance via des échanges téléphoniques. La collecte de données a permis d’interroger 125 IC dans 110 localités. Les IC ont été choisis en fonction de leur connaissance de la localité. Ainsi, les IC sont soit des responsables communautaires, des responsables religieux ou des autorités coutumières. Plusieurs IC ayant été interrogés par localité, les données ont ensuite été agrégées via un script R.

Un volet qualitatif a été mis en œuvre afin d’informer sur les tendances observées, les principaux chocs rencontrés par les populations et les conséquences de l’insécurité sur les populations et leurs moyens de subsistance. Ainsi, d’une part, quatre entretiens semi structurés (avec des IC travaillant dans les domaines de l’agriculture, l’élevage, le commerce et l’orpaillage) ont été réalisés. D’autre part, deux groupes mixtes de discussions (PDI et non déplacés) ont été menés au niveau du chef lieu de la commune de Gorom-Gorom. Les résultats qualitatifs obtenus ont été analysés via une grille de saturation. Les résultats quantitatifs et qualitatifs présentés sont indicatifs de la situation dans les localités évaluées. L’ensemble des données collectées sont disponibles sur le REACH Resource Center.