Burkina Faso

Termes de Référence de la Recherche : Évaluation Multi-Sectorielle des Besoins, BFA2201 Burkina Faso - 20-05-2022 v.4

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2. Justification

2.1. Contexte et informations générales

En 2022, plus de 3,5 millions de Burkinabés, dont 2,2 millions de personnes non déplacées et 1,3 millions de personnes déplacées internes font face à des besoins humanitaires du fait de la crise sécuritaire qui affecte le Burkina Faso depuis 20152 .

Parmi les treize régions du pays, six sont plus particulièrement affectées par la crise (Boucle du Mouhoun, Centre Nord, Est, Nord, Sahel, Centre-Est), avec une situation humanitaire en constante dégradation depuis 2017 et des marchés fortement affectés du fait de la détérioration continue de la situation sécuritaire. Le contexte sécuritaire est maintenant dégradé dans neuf régions (les six régions susmentionnées, ainsi que les Hauts-Bassins, les Cascades et le Sud-Ouest), entraînant des situations de déplacement interne dans toutes les régions.

Les besoins humanitaires ont drastiquement augmenté dans le pays depuis 2019, en raison de la multiplication des attaques dans les zones rurales du pays, de la présence de groupes armés, de la montée de la criminalité et des tensions entre les communautés. La situation sécuritaire a en effet causé le déplacement de plus de 1,8 million de personnes déplacées internes (PDI) et plus de 27 000 réfugiés. Ces déplacements intensifient les besoins humanitaires des populations non déplacées et déplacées internes dans les différents secteurs tels que la protection, la sécurité alimentaire, la nutrition, la santé, l’eau, l’hygiène et l’assainissement (EHA), les abris ou encore l’éducation.

En outre, la présence des groupes armés confronte le Burkina Faso à des difficultés d’accès de certaines zones avec une recrudescence de l’utilisation d'engins explosifs. La faible présence de l’administration publique dans certaines régions particulièrement affectées par l’insécurité limite l’accès à la fois aux biens et aux services publics de santé, de protection, d’état civil ou encore d'éducation. Ce contexte, combiné à d’autres facteurs tels que le mauvais état des infrastructures et les limitations de circulation liées à l’état d’urgence déclaré dans certaines régions (régions frontalières) limitent l’accès humanitaire. En résulte un déficit d’information important sur l’étendue, la nature et la sévérité de ces besoins qui rendent difficile l’évaluation des zones prioritaires d’intervention pour l’aide humanitaire.

Les besoins d’informations sur les différents groupes de populations et leurs besoins humanitaires restent importants, dans un contexte où la crise se prolonge et où ses développements sont toujours actifs. De plus, les déplacements de populations à travers tout le pays ne favorisent pas l’accès des informations publiques fiables et exhaustives. Ainsi, la réponse humanitaire au Burkina Faso a besoin d’un accès régulier à des informations robustes, de qualité, mais aussi comparables entre les différentes régions et provinces et entre les différents groupes de populations affectées par la crise. Ces informations permettent d’orienter la réponse humanitaire vers les besoins et zones prioritaires afin de pouvoir garantir une réponse humanitaire orientée sur les besoins prioritaires des ménages