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Rapport mensuel de Protection region du nord - septembre 2020

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Le contexte sécuritaire demeure toujours critique dans la région du Nord et cela a des répercussions sur la protection des personnes et leurs biens. En effet, durant le mois de Septembre, les données du monitoring de protection font état de 15 incidents résultant de la présence et de la mobilité des Hommes Armés Non Identifiés (HANI) ont été enregistrés. Notamment des attaques ciblées entre protagonistes (FDS, VDP # HANI), des enlèvements de civils, des menaces perpétrées par des HANI suivies d’ultimatum donné aux populations civiles de quitter leurs localités, des IED, etc. Ces incidents continuent d’endeuiller les populations de cette partie du Burkina Faso. Les provinces du Yatenga et du Loroum restent les plus touchées.

Au Loroum, cinq incidents ont été enregistrés. Le vendredi 11 septembre, deux femmes dont une enceinte de cinq (05) mois ont perdu la vie tandis que deux fillettes ont été grièvement blessées suite à l'explosion d’un IED sur l’axe Titao -Woro. Dans la commune de Banh, un imam du village de Guengué est décédé le 21 septembre suite aux bavures des HANI qui l’avaient enlevé. Toujours dans le Loroum, les habitants du village de Banwèla ont reçu un ultimatum de 72 heures à compter du 21 septembre, de la part des HANI, de quitter le village. Dès le lendemain, quelques 200 personnes, selon les estimations des relais communautaires avaient commencé à rallier les villages de Ninigui et Dèssè dans la commune de Koumbri. Au moins 10 ménages ont cependant rejoint Ouahigouya.

Le samedi 26 septembre un groupe de femmes PDIs a quitté Titao pour Toulfé à la recherche de bois et de feuilles de baobab. Et c'est ainsi qu'elles ont été surprises de voir des GANI dans les alentours. Dans la panique, elles ont laissé leur charrette et ont pris la fuite vers Titao. Fort heureusement, elles n’ont pas été violentées. Selon les informations reçues des réseaux communautaires, des HANI ont assiégé Toulfé qui se trouve à une trentaine de kilomètres de Titao sur l’axe Titao-Djibo.

Signalons que le 27 août, les installations de l’Office Nationale de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) de Titao ont été sabotées par des HANI selon les réseaux communautaires (confer rapport flash incident N°40-2020/RN de INTERSOS).

Dans la province du Yatenga, des atteintes à la propriété (saccage de domiciles suivi de vol de bétail et de matériel) ont été constatées dans le village de Douma, commune de Tangaye (voir tableau des incidents en annexe). Ces incidents ont occasionné des déplacements de 74 personnes issues de 10 ménages vers Ouahigouya. La ville de Ouahigouya a également accueilli au cours de ce mois près de 200 PDIs venues de Bem dans la commune de Thiou suite à des menaces reçues des HANI, selon les informations issues du monitoring communautaire.

Ce tableau reflète les incidents de protection/violations des droits humains allant des déplacements forcés de populations aux atteintes à la vie en passant par les atteintes à la propriété et à l’accès aux services sociaux de base.

Comparativement aux mois précédents, les communes les plus touchées par ces incidents restent véritablement les mêmes. Ce sont Tangaye, Thiou, Koumbri et Ouahigouya dans le Yatenga ; et Banh, Sollé et Titao dans le Loroum.

En plus de ces incidents, trois autres faits ont été remarquables au cours de ce mois. De nos informateurs clés présentes dans la localité, il s’agit du décès de l’imam de Guengué suite aux bavures des HANI dans la commune de Banh, des vols de bétail, de matériel et d’argent à Douma, dans la commune de Tangaye d’une part ; et d’autre part les déplacements forcés d’habitants des villages de Banwèla, Douma et Bem vers Ninigui, Dèssè et Ouahigouya.

Tous ces incidents se produisent pendant que les populations nourrissaient l’espoir depuis les négociations entreprises à Yoro entre VDP et Groupes d’Opposition Armés radicaux (GOA) en territoire malien en juillet dernier pour un cessez-le feu (selon les sources observatrices locales). Aussi, la forte présence des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dans les localités comme Banh, Ingané, Posso Andékanda et Ouindigui dans le Loroum ; puis Thiou,Tangaye et Koumbri au Yatenga témoignent toujours de l’existence d’une méfiance entre les parties au conflit.