Burkina Faso

Rapport mensuel de Protection region du Nord - Fevrier 2021

Format
Situation Report
Sources
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

CONTEXTE/POINTS SAILLANTS

La Région du Nord dans ce mois de février est marquée par une accalmie dans la quasi-totalité des communes d’intervention. Ainsi, aucun incident majeur n’a été enregistré.

Cette accalmie dans la province du Yatenga semble être liée à des faits relevés dans certaines communes. Il s’agit d’une part des négociations et les accords trouvés entre les leaders communautaires et les Hommes Armés Non Identifiés (HANI) dans la commune de Thiou (source monitoring de protection) et d’autre part de la présence effective des volontaires pour la patrie (VDP) sur les principaux axes des communes à risque. Ces négociations ont facilité la réouverture temporaire du tronçon Thiou (Burkina Faso) -Koro (MALI).

Cependant, notons que l’initiative a permis certes de créer une certaine accalmie mais elle ne saurait rassurer les populations. Les gens vivent toujours dans la crainte d’éventuelles attaques des groupes armés non identifiés.

A Tangaye par exemple, les focus groups font ressortir qu’il existe un couvre-feu de 19h à 5h du matin instauré par les Volontaires pour la Défense de la Patrie, chose qui a énormément contribué à l’amélioration de la sécurité dans la commune. Aussi, les PDI dans cette commune font face à un problème d’accès aux vivres (aide humanitaire). Le fait que la population hôte n’a pas pu cultiver la saison hivernale à cause de la situation sécuritaire constitue un facteur aggravant. En plus de l’accès difficile aux vivres, la promiscuité dans certains foyers contraint de fois des femmes à quitter temporairement le foyer pour se retrouver chez leurs parents laissant ainsi les enfants sous la responsabilité des hommes. Le nombre pléthorique de personnes dans la même maison (femme, enfants et belle-mère) est à l’origine de ce départ en ce sens qu’il n y a plus d’intimité entre les couples.
Ce phénomène impacte également le ménage hôte. La séparation, même si elle est temporaire à des effets néfastes sur l’éducation des enfants.

A Séguénéga, en dehors des problèmes quotidiens auxquels font face les PDI, celles de Ramensé méritent une attention particulière. A G Gore, les PDI ont vu la réduction significative de leurs ratios alimentaires. Les raisons seraient liées à la non-disponibilité des vivres au niveau de la Direction départementale de l’Action Sociale. Quant à Ramensé, le site connait toujours des difficultés en matière de respect des droits humains. Durant la période de rapportage (février 2021) la commune de Segeunega, a enregistré deux cas de COVID 19. Cette situation nous interpelle en tant qu’acteurs de protection à mettre un accent sur la sensibilisation des communautés sur les mesures barrières de la COVID 19.

Dans la province du Loroum, malgré ce calme relatif, on a noté certains faits majeurs ayant des effets sur la vie des PDI qu’il convient de souligner. A ce titre,

  • Les axes principaux reliant la commune de Titao à certaines communes comme Banh et Sollé demeurent toujours impraticables. Cette situation serait liée au fait que les populations ne sont pas rassurées quant aux déminages de ces axes.

  • dans la commune de Titao, deux incendies ont été enregistrés à Titao centre et à Bouna.
    Les causes de ces incendies demeurent inconnues mais ne sont pas liées aux activités des groupes armés non identifiés.

  • Dans la commune de Banh, le CSPS de Madougou a connu un braquage et le système d’éclairage a été emporté par les bandits.

De façon générale, la région du Nord a connu une accalmie dans l’ensemble des communes d’intervention. Les incidents constatés sont surtout liés à la liberté de mouvement et à l’atteinte du droit à la propriété.