Burkina Faso

Rapport mensuel de protection région de l'Est - Janvier 2021

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Situation Report
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Contexte/Points Saillants

Le contexte sécuritaire de la région de l’Est au cours du mois de janvier 2021 est marqué par une forte présence des HANI commettant régulièrement des actes de violations des droits humains dans les provinces du Gourma, la Komondjari et la Tapoa. En effet, des incidents aussi bien sécuritaires que de protection ont été enregistrés. Les incidents de sécurité ont eu lieu dans deuxième semaine du mois de janvier dans deux localités : d’abord, selon le monitoring de protection, un affrontement a opposé des HANI contre les FDS dans la nuit du 19 au 20 janvier 2021 entre Nassougou et Bartiébougou. A l’issue de cet affrontement, les FDS ont libéré quatre otages. Aussi, selon le communiqué du ministère de la défense burkinabé du 18 janvier 2021, les Forces de défense et de sécurité burkinabé du bataillon G5 Sahel ont participé du 11 au 17 janvier à deux opérations conjointes dans le cadre de la sécurisation de la bande frontalière de ces pays membres. Les incidents de protection ont concerné d’une part des violences physiques, la privation du droit à la liberté enregistrés dans les provinces du Gourma, la Gnagna, la Komondjari, et la Tapoa. D’autre part des violences sexuelles ont été commises dans la province du Gourma ainsi que la restriction forcée de mouvement de populations dans la province de la Komondjari.

La situation sanitaire de la région de l’Est s’est aussi dégradée au cours de ce mois de janvier. En effet, selon le rapport hebdomadaire de la Direction régionale de la santé de l’Est du 22 janvier 2021, plus de 177 cas ont été confirmés positifs du COVID19, dont au moins 144 cas au District Sanitaire de Fada, 26 au District Sanitaire de Bogandé, 03 au District Sanitaire de Diapaga, 02 au District Sanitaire de Manni et 02 au District Sanitaire de Gayéri. Parmi ces cas on dénombre 121 hommes et 56 femmes. Mais La DRS continue de fournir des efforts considérables dans le domaine de la prévention de la pandémie, le dépistage et la prise en charge des cas confirmés.

Le couvre-feu instauré par le gouverneur dans la région n’est pas sans conséquences sur la vie des populations. Bien que le gouverneur ait notifié une légère modification des horaires de ce couvre-feu, les populations demeurent toujours dans l’incapacité de jouir pleinement de leurs droits à la liberté de mouvement. Par exemple, dans la commune de Matiacoali, le couvre-feu entre en vigueur normalement à partir de 22h. Mais dans les faits, c’est à 19h que les populations sont forcées de rester chez elles. Dans le chef-lieu de la région, le temps de libre circulation des personnes prend fin entre 00h et 04h. Dans les chefs-lieux des provinces il est de 22h à 4h.

Cette situation restreint les mouvements des populations et ralentit les activités économiques.

En résumé, le contexte sécuritaire au cours de ce mois de janvier 2021 est plus alarmant par rapport au mois de décembre 2020. Le mode opératoire des HANI est principalement axé sur des privations de droits aux libertés, les violences physiques et sexuelles et les restrictions forcées aux mouvements. L’ensemble de ces incidents ont eu un impact significatif sur la vie des populations civiles surtout sur leur liberté de mouvements. Le nombre croissant des cas de viol fait craindre plusieurs femmes dans les localités à faible sécurité comme Nassougou, Ougarou et Tanwalbougou.