I. RESUME EXECUTIF
Depuis 2015, le Burkina Faso fait face à une crise sécuritaire prolongée, aggravée par des chocs climatiques récurrents, entraînant des déplacements massifs de populations et une pression accrue sur les systèmes de marché. Bien que l’année 2025 ait été marquée par une amélioration relative de la situation sécuritaire — avec le retour de plus de 1,1 million de personnes déplacées internes — les besoins humanitaires demeurent élevés, avec plus de 3,5 millions de personnes dans le besoin. Dans ce contexte, le bon fonctionnement des marchés constitue un levier essentiel pour garantir l’accès des populations aux biens essentiels et orienter les modalités d’intervention humanitaire. L’analyse du Market Functionality Index (MFI), conduite sur 60 marchés à travers les 13 régions du pays, met en évidence une amélioration globale de la fonctionnalité des marchés, avec un score national de 6,7 (+1,1 point par rapport à 2024). Cette évolution est principalement portée par les bonnes performances de la campagne agricole 2025/2026, une amélioration de l’offre sur les marchés et une baisse significative des prix des denrées de base. Cependant, cette tendance positive masque des disparités régionales marquées. Les régions de l’Est, du Sahel et du Centre-Nord, caractérisées par un contexte sécuritaire fragile, affichent les niveaux de fonctionnalité les plus faibles. Les marchés y restent fortement dépendants des convois sécurisés, avec des contraintes persistantes liées à l’accès, à la volatilité des prix et à la régularité des approvisionnements. L’analyse par dimension confirme que, malgré des performances globalement satisfaisantes en matière de disponibilité, d’assortiment et de concurrence, des défis subsistent, notamment en ce qui concerne la stabilité des prix et la qualité des services. Ces facteurs influencent directement la capacité des marchés à absorber une demande additionnelle induite par les interventions humanitaires liées au marché. Dans ce contexte, le MFI constitue un outil clé d’aide à la décision pour orienter les choix programmatiques, notamment entre assistance en nature et interventions basées sur les marchés. Il permet également d’identifier les zones nécessitant des analyses approfondies et des investissements ciblés pour renforcer la résilience des systèmes de marché.