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Promotion d’une transhumance pacifique dans la région du Liptako-Gourma grâce à l’appui financier du Fonds pour la consolidation de la paix

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Burkina Faso, Mali, Niger

La région du Liptako-Gourma, située au cœur de la bande sahélo-saharienne entre le** Burkina Faso**, le Mali et le Niger, est une zone de continuité socio-culturelle au sein de laquelle vivent plusieurs groupes ethniques.

L’agriculture et l’élevage − principaux moyens de subsistance de la population − sont particulièrement touchés par les conséquences du changement climatique, la dégradation des ressources naturelles et l’insécurité croissante dans la région**. La compétition autour de l’accès limité à la terre, à l’eau et aux pâturages, entre agriculteurs et éleveurs entraine des conflits communautaires et fragilise ainsi la transhumance dans cette région. La méconnaissance et/ou le non-respect des textes de loi nationaux, régionaux et internationaux, régissant l’accès aux ressources naturelles par les différents acteurs, constituent également un facteur de conflit. À cela s’ajoutent, l’insuffisance et/ou l’absence d’infrastructures spécifiques dédiées au pastoralisme dans les zones transfrontalières ou le long des couloirs de transhumance, la faiblesse des cadres de coopération transfrontalière et l’absence d’un mécanisme d’alerte précoce allant au-delà des mécanismes locaux ou nationaux capable d’identifier les facteurs et déclencheurs de conflits. Enfin, la faible présence des administrations publiques et/ou leur passivité dans les zones enclavées engendre un déficit d’offre de services surtout dans le domaine de l’élevage.

Les mécanismes mentionnés ci-dessus peinent à résoudre de manière durable ces conflits récurrents d’accès aux ressources.

La FAO et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont lancé un projet conjoint, grâce au financement du Fonds de la consolidation de la paix, intitulé «Promotion d’une transhumance pacifique dans la région du Liptako-Gourma» qui couvre la période du 17 février 2020 au 13 août 2021. Ce projet a pour objectif d’appuyer les acteurs des trois pays Burkina Faso, Mali et Niger à prévenir et à gérer efficacement les conflits liés à la transhumance dans la région ciblée.

Le projet contribue au renforcement du dialogue social en utilisant des mécanismes de coopération transfrontalière et les politiques nationales initiées par les Gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger, afin de prévenir les conflits communautaires. L’accent est mis sur la cartographie des ressources pastorales existantes, la collecte et la diffusion d’alertes sur les facteurs de risques et de conflits, le renforcement des structures et de mécanismes de gestion de la transhumance et des conflits, ainsi que l’amélioration des ressources fourragères et des infrastructures pastorales. À cela s’ajoute la formation des agropasteurs et des pasteurs sur les textes de loi qui régissent la gestion des ressources naturelles, la transhumance et sur la gestion pacifique des conflits.

Renforcer les mécanismes d’alerte pour atténuer les facteurs de risques et de conflits

Dans le cadre de ce projet, la FAO et l’OIM, en collaboration avec les organisations pastorales, utilisent un outil qui permet de collecter et traiter un ensemble de données sur la transhumance transfrontalière − le Transhumance Tracking Tool (TTT). En fonction des informations collectées et analysées, des rapports sont produits et diffusés pour informer les différents acteurs sur les conflits et les risques afin de leur permettre d’identifier ou d’initier des actions en vue d’assurer une transhumance pacifique.

Grâce à cette action, les acteurs peuvent suivre les dynamiques des mouvements transhumants pour anticiper les activités de sensibilisation et de dialogue, et soutenir ou initier une réponse rapide en lien avec les infrastructures clés, tels que les couloirs de transhumance, les forages, les parcs de vaccinations, les aires de pâturage et de repos, etc.

D’octobre 2020 à janvier 2021, cet outil a permis de collecter 97 alertes dont 31 «alertes évènements» (évènements conflictuels) et 40 «alertes préventions» (mouvements massifs ou inattendus de bétail pouvant provoquer un conflit).

Ces alertes ont enclenché des actions de la part des organisations pastorales, des autorités locales et des chefs communautaires afin d’éviter des conflits liés aux mouvements transhumants et promouvoir une exploitation pacifique des ressources agropastorales.

Ces actions consistent, pour ce qui est des alertes préventives, à éviter les conflits et les déplacements de population. Quant aux alertes liées à un conflit, les acteurs ont atténué les effets de certains événements conflictuels par le dédommagement des victimes, l’intermédiation sociale, et la sensibilisation sur les risques de conflits.

En 2021, la FAO et l’OIM accompagneront le renforcement de ce mécanisme d’alerte à travers le renforcement des capacités des acteurs étatiques dans l’utilisation de l’outil TTT, et l’amélioration des structures de coordination sur la transhumance et des mécanismes de gestion des conflits. Les infrastructures pastorales seront renforcées en fonction des rapports d’alerte et de l’ingénierie sociale initiés en collaboration avec les organisations pastorales.