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Mobilisation mondiale contre la fièvre jaune

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GAVI a versé $58 millions pour prévenir cette maladie extrêmement contagieuse dans 12 pays d'Afrique de l'Ouest

16 MAI 2007 | GENÈVE -- Le lancement aujourd'hui de l'Initiative contre la fièvre jaune, pour laquelle l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) a versé $58 millions, réactive les efforts déployés pour endiguer cette maladie mortelle. Cette nouvelle initiative, présentée à l'Assemblée mondiale de la Santé, qui se tient actuellement à Genève, permettra de soutenir des campagnes de vaccination ciblées dans douze pays d'Afrique de l'Ouest menacés par une épidémie de fièvre jaune.

Des années 40 aux années 60, les campagnes de vaccination de masse organisées dans certains pays africains avaient permis de faire pratiquement disparaître la fièvre jaune. Cependant, alors que les campagnes de vaccination se sont faites plus rares, une génération de gens non immunisés contre la maladie est apparue et, dans les années 90, on avait atteint quelque 200 000 cas par an, dont 30 000 mortels, et des flambées commençaient à se produire en milieu urbain.

La fièvre jaune était redevenue un fléau et l'urbanisation croissante de l'Afrique laissait présager la menace d'une épidémie encore plus importante. L'OMS estime, par exemple, qu'à Lagos (Nigéria), un tiers environ de la population urbaine, soit jusqu'à 4,5 millions de personnes, pourrait contracter cette maladie extrêmement contagieuse.

Aujourd'hui, les $58 millions apportés par l'Alliance GAVI permettront de relancer la vaccination contre la fièvre jaune. Ces quatre prochaines années, les 12 pays les plus touchés par la maladie, qui se trouvent tous en Afrique de l'Ouest, pourront organiser des campagnes ciblées pour vacciner plus de 48 millions de personnes.

« Cette initiative marque un tournant à bien des égards. Aujourd'hui, les programmes de vaccination systématiques sont réservés aux enfants. Si on ne vaccine que les enfants, il faudra des décennies pour réduire le risque d'épidémie de fièvre jaune ou de propagation internationale de la maladie » a déclaré le Dr David Heymann, Sous-Directeur général de l'OMS chargé des maladies transmissibles.

« Mais aujourd'hui, grâce à la générosité de GAVI, l'initiative contre la fièvre jaune permettra de vacciner les populations à risque et donc de contrer rapidement la menace de flambées dévastatrices en Afrique et ailleurs dans le monde. Dans le cadre de cette initiative, nous renforcerons à court et à long termes les systèmes de soins de santé primaires en Afrique, la région la plus vulnérable », a ajouté le Dr Mike Ryan, Directeur du Département Alerte et action en cas d'épidémie et de pandémie (EPR) de l'OMS à Genève.

Michel Zaffran, secrétaire exécutif adjoint de l'Alliance GAVI, qui a annoncé la contribution de l'Alliance, a déclaré : « La fièvre jaune est une maladie particulièrement dangereuse qui, sous sa forme grave, peut être mortelle dans un cas sur deux. Toutes les tranches d'âge y sont exposées et la vaccination est notre principale arme contre l'apparition de cas et d'épidémies. La contribution de l'Alliance offre aux pays touchés des perspectives exceptionnelles et les oblige à protéger leurs populations. GAVI souhaite collaborer avec tous ses partenaires, au niveau mondial et sur le terrain pour assurer le succès de l'initiative contre la fièvre jaune en Afrique. »

Le vaccin antiamaril est souvent encore trop onéreux pour des pays confrontés à une multitude de problèmes de santé complexes pour chacun desquels il faut trouver une solution et, dans certains pays d'Afrique de l'Ouest, la couverture vaccinale est extrêmement faible. Ainsi, au Nigéria, elle était estimée à 36 % en 2005 alors qu'elle devrait atteindre au moins 60 % à 80 % pour éviter les infections et les épidémies.

L'intensification des mouvements de population en Afrique rend plus indispensable que jamais la vaccination contre la fièvre jaune. Maintenant que davantage de gens s'établissent en ville pour y travailler mais retournent de temps en temps dans leurs villages, les risques d'épidémie de fièvre jaune se multiplient », dit le Dr Sylvie Briand, responsable de projet dans le cadre de l'initiative contre la fièvre jaune au Département EPR de l'OMS.

Une campagne de vaccination menée récemment au Togo dans le cadre de l'initiative contre la fièvre jaune a montré qu'il était possible d'atteindre rapidement et efficacement même les populations les plus reculées et donc d'éviter que des cas isolés ne provoquent une épidémie. En décembre 2006, trois cas de fièvre jaune survenus au nord du Togo ont été notifiés à l'OMS. Comme la dernière campagne de vaccination de masse dans ce pays avait eu lieu en 1987, la population était considérée comme très exposée. En février 2007, le Ministère togolais de la Santé et l'OMS avaient vacciné plus d'1,5 million de personnes, avec le soutien financier de l'Alliance GAVI et de la Direction générale de l'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) et le soutien technique de l'UNICEF et de plusieurs ONG. Une campagne similaire a ensuite été organisée dans deux districts du sud du Togo après la notification de deux cas de fièvre jaune fin janvier.

La contribution de l'Alliance couvrira les 12 pays les plus exposés à la fièvre jaune - le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Libéria, le Mali, le Nigéria, le Sénégal, la Sierra Leone et la Togo - et permettra de constituer un stock de 11 millions de doses de vaccins. Dans le cadre de cette initiative, les 12 États Membres concernés et l'OMS définiront les populations à vacciner afin à la fois de prévenir les flambées et d'endiguer les épidémies, ce qui permettra d'augmenter la couverture vaccinale.

À propos de la fièvre jaune

La fièvre jaune est une virose aiguë hémorragique transmise à l'homme par des moustiques vecteurs de l'agent infectieux. L'infection, parfois asymptomatique, peut être très grave. En cas de forme grave, la maladie est mortelle dans 20 % à 50 % des cas. Il n'existe pas de traitement antiviral spécifique mais il est possible de prévenir la fièvre jaune en administrant le vaccin « 17D », qui permet d'obtenir une immunité pendant au moins 10 ans.

La fièvre jaune est endémique dans les régions tropicales d'Afrique et d'Amérique du Sud, où 44 pays (33 en Afrique et 11 en Amérique du Sud) sont considérés à risque. On estime actuellement à 610 millions le nombre de personnes exposées à la fièvre jaune en Afrique.

Note à l'intention des journalistes

Les 12 pays participant à l'Initiative contre la fièvre jaune sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Libéria, le Mali, le Nigéria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

Les ministères de la santé de ces 12 pays bénéficient du soutien financier et technique du Partenariat contre la fièvre jaune, créé en février 2006 et dont font maintenant partie l'OMS, l'UNICEF, l'Alliance GAVI, Médecins Sans Frontières, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, l'Association pour la médecine préventive (AMP), le Programme de technologie appropriée pour la santé (PATH),la Direction générale de l'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis d'Amérique, le Réseau mondial OMS d'alerte et d'action en cas d'épidémie (GOARN) et l'Institut Pasteur. Il est encore possible de rejoindre le partenariat.

Les ministres de la santé des 12 pays concernés assisteront à une réunion technique consacrée à la fièvre jaune, qui se tiendra en marge de l'Assemblée mondiale de la Santé, le 16 mai 2007 à 18 h 00 à la Salle 22 du Palais des Nations à Genève. Des représentants de l'OMS, de l'UNICEF et de l'Alliance GAVI seront également présents. Les journalistes peuvent assister à la réunion et sont invités à la réception qui suivra. Après la réunion, ils pourront solliciter des interviews en tête-à-tête avec les ministres et les représentants d'autres organisations.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter:

Gregory Hartl
Conseiller en communication
OMS, Genève
Tél. : +41 79 203 6715
Courriel : hartlg@who.int