Burkina Faso

Le Comité des droits de l'enfant examine le rapport du Burkina Faso

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Le Comité des droits de l'enfant a examiné aujourd'hui le rapport périodique du Burkina Faso sur les mesures prises par ce pays pour appliquer les dispositions de la Convention relative aux droits de l'enfant.

Le rapporteur du Comité chargé de l'examen du rapport, M. Kamel Filali, a estimé que le Burkina Faso était engagé dans la bonne direction, que des efforts sont déployés et qu'il existe dans le pays une volonté politique de mettre en œuvre la Convention. Le Burkina Faso travaille dans un contexte difficile qui se résume à un mot: la pauvreté, dont les conséquences sur les enfants sont importantes, a relevé M. Filali. Le rapporteur a relevé des recommandations faites précédemment par le Comité ont été suivies d'effet, mais d'autres pas, notamment s'agissant des mariages précoces, des mauvais traitements dans les commissariats de police ou encore de l'exploitation économique des enfants. La loi coutumière continue de constituer une entrave à la promotion d'une approche basée sur la protection des droits de l'enfant, a-t-il déclaré. Il a aussi relevé une discrimination de fait à l'encontre d'enfants appartenant à des groupes vulnérables tels que les enfants handicapés et ceux vivant dans les zones rurales. Le nombre d'enfants des rues est en hausse, s'est-il également inquiété. Au cours des échanges, le rapporteur a par ailleurs jugé «inconcevable» qu'un enfant puisse être condamné à vingt ans d'emprisonnement, comme le permettent les dispositions légales burkinaises.

Le Comité adoptera des observations finales sur le rapport du Burkina Faso, qu'il rendra publiques à la fin de la session, le vendredi 29 janvier prochain.

Présentant le rapport de son pays, Mme Pascaline Tamini, Ministre de l'action sociale et de la solidarité nationale du Burkina Faso, a attiré l'attention sur les efforts qui ont permis d'accroître le taux moyen d'enregistrement des enfants, de réduire les taux de mortalité maternelle et infantile et d'accroître les taux de scolarisation. Mme Tamini a également attiré l'attention sur la création des juridictions pour mineurs et a indiqué que l'État envisageait la mise en place de cadres adaptés pour la garde à vue des femmes et des mineurs dans les commissariats et les gendarmeries. La lutte contre la traite et les pires formes de travail des enfants s'est renforcée avec l'adoption de la loi de mai 2008 portant Code du travail, qui a fait passer l'âge minimum d'admission à tout type de travail de 15 à 16 ans, a d'autre part souligné la Ministre. Elle a attiré l'attention sur les nombreux défis qui restent à relever face à la persistance de la pauvreté, à l'insuffisance des ressources nationales, aux difficultés de mobilisation des ressources internationales, aux difficultés d'application des dispositions juridiques, à la persistance des pesanteurs socioculturelles, notamment.

La délégation du Burkina Faso était également composée du Représentant permanent auprès des Nations Unies à Genève, M. Prosper Vokouma, ainsi que de la Directrice du développement de l'enseignement de base et de l'alphabétisation et de représentants du Ministère de l'action sociale et de la solidarité nationale, du Ministère de la promotion des droits humains, du Ministère de la justice et du Ministère de la santé.

La délégation burkinaise a apporté des réponses aux questions soulevées par les membres du Comité s'agissant, notamment, de l'enregistrement des naissances, de la lutte contre les «pesanteurs sociologiques», du respect de l'intérêt supérieur de l'enfant, de la justice pour mineurs, de l'interdiction des châtiments corporels, de l'abandon d'enfant et des grossesses non désirées, des questions de santé et d'éducation, de la situation des enfants handicapés ou encore de la lutte contre la traite de personnes et le travail des enfants.

Demain matin, à 10 heures, le Comité entamera l'examen du rapport du Cameroun (CRC/C/CMR/2) dans la salle du rez-de-chaussée du Palais Wilson (rappelons que l'examen du rapport de la Sierra Leone, également prévu pour demain, a été reporté à la prochaine session du Comité).