La réponse d’urgence comme premier pas vers la résilience

05/03/2013 – En 2012, en réponse à la sécheresse dans la région de la Tapoa au Burkina Faso, Action contre la Faim, avec le soutien du département d’aide humanitaire de la Commission européenne ECHO, a mené un programme offrant à la fois une réponse d’urgence aux besoins des ménages les plus pauvres et des pistes pour renforcer leur résilience pour le futur.

Tianyénou, mère de 4 enfants, raconte: « Je suis veuve et sans moyen; je souffre pour prendre en charge mes enfants. »

Le projet soutenu par ECHO et développé par Action Contre la Faim vise en particulier les familles vulnérables, comme celle de Tianyénou, qui risque de se retrouver en situation d’insécurité alimentaire au moindre choc. Le projet combine aide immédiate et aide sur le long terme. Plus de 1.600 ménages ont participé début 2012 à des activités d’aménagement de rizières en échange de transfert monétaire. Ainsi, l’argent distribué a permis aux ménages de couvrir leur besoins alimentaires de base pendant 2 à 4 mois tandis que les travaux entrepris amélioreront les récoltes futures.

« L’argent que j’ai reçu en début d’année m’a permis d’acheter des vivres pour mes quatre enfants. J’ai aussi été formée. Mais ce qui m’a le plus marquée est l’obtention d’une parcelle dans le bas-fond aménagé pour cultiver du riz ; en plus de mes productions habituelles, cette année, je vais produire du riz – qui est déjà même à maturité! » explique Tianyuénou.

En effet, l’un des problèmes majeurs des ménages les plus pauvres au Burkina Faso est l’accès à la terre. Action Contre la Faim a donc négocié avec les propriétaires fonciers un accès pérenne à la terre pour les plus pauvres. Les propriétaires ont accepté de céder une parcelle d’environ 500m2. Grâce à cette parcelle, les 500 ménages les plus pauvres ont pu réaliser en décembre 2012 leur première récolte de riz… et pensent déjà à la suite.

« J’espère récolter 4 sacs de 100kg de riz sur ma parcelle et cela permettra de couvrir mes besoins alimentaires d’au moins 3 mois. Je voudrais dire que je vais continuer à travailler car c’est dans mon intérêt ».

Aujourd’hui, l’enjeu consiste à pérenniser les acquis. Le département d’aide au développement de la Commission européenne a pris le relais dès janvier 2013: un projet d’accompagnement des ménages s’étendra sur 24 mois. Sur l’exemple de l’aménagement des rizières, Action contre la Faim entend également développer, au cours des 2 prochaines années, d’autres activités génératrices de revenus pour les plus pauvres. La construction d’un centre d’étuvage du riz, par exemple, profitera en priorité aux femmes.

D’après un article de Anne Bichard, Action Contre la Faim.