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L’oxymètre de pouls, un outil simple et essentiel pour détecter les détresses respiratoires

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Pour aider à identifier les cas suspects de COVID-19, ALIMA (The Alliance for International Medical Action), avec le soutien financier d’Unitaid, fournit des oxymètres de pouls aux structures de santé de cinq pays d’Afrique de l’Ouest.

On le prendrait presque pour un smartphone, quelques centimètres en plus, tant en longueur qu’en épaisseur, et une coque jaune. Ce boîtier électronique peut sauver des vies : c’est un oxymètre de pouls. Il permet de mesurer très simplement la saturation en oxygène d’un patient par un soignant.

C’est un fait, l’oxygène est indispensable à la vie et au bon fonctionnement de nos organes. Mesurer le taux d’oxygène dans le sang permet de connaître l’état de santé de l’organisme. Si notre sang en manque, nos organes sont en danger.

Couramment utilisé dans les pays à revenus élevés et recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’oxymètre de pouls reste rarement disponible dans les structures de santé en Afrique de l’Ouest. En 2019 dans le monde, 5,2 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans sont morts le plus souvent de maladies qui pourraient être évitées ou traitées, comme la pneumonie (OMS, 2019).

ALIMA et ses partenaires œuvrent pour changer cela.

Détecter les détresses respiratoires chez l’enfant

En 2019, ALIMA, en partenariat avec Solthis, Terres des Hommes et l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), a lancé le projet AIRE – Améliorer l’Identification des détresses Respiratoires chez l’Enfant. L’objectif : systématiser l’emploi de cet « outil simple d’utilisation, fiable et financièrement accessible dans les structures de santé du Burkina Faso, de la Guinée, du Mali et du Niger », selon Marine Vignon, responsable du projet AIRE.

« Les oxymètres de pouls ne sont pas disponibles dans un grand nombre de centres de santé car ils ne sont pas intégrés de façon systématique dans les protocoles nationaux », explique Marine Vignon. L’enjeu du projet AIRE, financé par Unitaid, est d’intégrer leur utilisation dans les protocoles nationaux et de faire en sorte qu’ils soient déployés à grande échelle. Les enfants sévèrement malades pourraient ainsi être plus rapidement référés auprès des grandes structures de santé telles que les hôpitaux, et pris en charge à temps.

Un allié dans le contexte de la pandémie de la COVID-19

Très utile chez les enfants, l’oxymètre de pouls l’est aussi chez les adultes. Dans un contexte de pandémie COVID-19, maladie dont la complication la plus lourde est respiratoire, il est vite devenu indispensable. C’est par exemple un outil de triage essentiel puisqu’il contribue à une détection rapide des cas suspects. Même outil, nouvelles pathologies et nouveaux patients. Le projet AIRE s’est adapté pour répondre à l’épidémie dans les pays et zones ciblés par le projet.

ALIMA et le consortium ont mis en œuvre de nouvelles activités dans le cadre de la réponse à la COVID-19. Au Burkina Faso, en Guinée, au Mali, au Niger et au Sénégal, « nous avons déployé des oxymètres de pouls dans les zones de triage des structures de santé, car cet outil permet l’identification de détresses respiratoires donc de potentiels cas COVID-19 », explique Dr Désiré Neboua, responsable médical du projet AIRE.

Les centres de santé sont des espaces à risque élevé de contamination pour les patients et pour les soignants, raison pour laquelle ALIMA et ses partenaires y axent leur intervention. En plus de fournir des oxymètres, les équipes forment les soignants à leur utilisation ainsi qu’à la prévention et au contrôle des infections. Des dispositifs de lavage des mains ont également été installés et des zones de triage des patients et accompagnants mises en place. Si un agent suspecte un cas de COVID-19, le patient est isolé et bénéficie d’une mesure de sa saturation en oxygène à l’aide d’un oxymètre de pouls.

« Il y a quelques semaines, une femme d’environ 35 ans s’est présentée au poste de triage. Elle avait de la fièvre et de la toux, se souvient Thierno Oumar Diogo Diallo, infirmier au centre de santé Gbessia Port 1 à Conakry, en Guinée. Soupçonnant un cas de COVID-19, nous avons mesuré sa saturation en oxygène à l’aide de l’oxymètre de pouls. Sa saturation était relativement basse. Nous l’avons donc immédiatement conduite vers le centre de test COVID-19 le plus proche, où elle a pu faire son prélèvement. » Cette femme était effectivement porteuse du virus. Rapidement prise en charge, elle est aujourd’hui guérie.

Le projet AIRE (Amélioration de l’Identification des détresses Respiratoires chez l’Enfant) reçoit le financement d’Unitaid, qui soutient ALIMA au Sénégal, au Niger, au Mali, au Burkina Faso et en Guinée.

Leader du consortium AIRE, ALIMA met en œuvre le projet en Guinée et au Mali ; Terres des hommes au Burkina Faso et dans un district au Mali, Solthis au Niger, et l’Inserm.