Burkina Faso + 2 more

HSM | 2021 Évaluation de la situation humanitaire dans la zone des Trois Frontières : Frontière Niger-Burkina Faso

Attachments

Contexte général & méthodologie

Depuis le début de la crise sécuritaire au Mali en 2012, la zone frontalière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger est caractérisée par un climat d’insécurité du fait de la présence de groupes armés, la criminalité et la montée de tensions entre les communautés. L’accès aux populations affectées est limité dans certaines localités en raison de la situation sécuritaire, du mauvais état des infrastructures et des conditions géographiques difficiles. Afin de pallier le manque d’information sur ces localités, REACH, en collaboration avec les clusters et les groupes de travail humanitaires, a mis sur pied un suivi mensuel de la situation humanitaire dans les départements situés dans la zone frontalière. Ce suivi a pour objectif de donner un aperçu de la sévérité relative des besoins multisectoriels entre les zones géographiques et de leur évolution. Cette fiche d’information a notamment pour objectif de faire un focus sur la zone frontalière entre le Burkina Faso et le Niger. L’ensemble des produits liés à cette évaluation sont disponibles sur le Centre de Ressources de REACH.

La méthodologie employée par REACH afin de collecter des informations dans la zone Trois Frontières est la méthodologie dite “Zone de Connaissance / Area of Knowledge”. Cette méthodologie a pour objectif de collecter, d’analyser et de partager des informations actualisées concernant les besoins humanitaires dans l’ensemble de la région, y compris dans les zones difficilement accessibles. Les informations collectées concernent les besoins humanitaires multisectoriels, l’accessibilité des services de base et les dynamiques de déplacement. Les données ont été collectées au niveau des localités, à travers des entretiens avec des informateurs clés (IC), et agrégées au niveau de la localité, du cercle et de la région. Un second volet a permis, au travers de groupes de discussion, de collecter des informations qualitatives sur les besoins multisectoriels des populations vivant dans les localités évaluées.

Cette fiche d’information présente les résultats de la collecte de données couvrant la zone frontalière entre la région de Tillabéri au Niger (communes de Torodi et Makalondi) et la région de l’Est au Burkina Faso (communes de Bartiebougou, Foutouri, Gayeri, Kantchari et Matiakoali) ayant eu lieu entre le 8 et le 29 septembre 2021. Au total, 77 IC ont été consultés et 62 localités ont été évaluées. Sauf indication contraire, les réponses apportées par les IC se réfèrent à la majorité de la population de la localité dans une période de trente jours précédant l’entretien avec l’IC. L’unité d’analyse est la localité, et les résultats sont à lire en « % de localités ». La couverture actuelle de l’évaluation est limitée, et les résultats présentés cidessous doivent être considérés comme indicatifs.

Contexte frontalier

Depuis 2018, la frontière entre le Niger et le Burkina Faso est devenue une importante zone d’activités de groupes armés. A la frontière avec le Bénin, les groupes armés, établis dans la région du complexe forestier W-Arly-Pendjari, font régulièrement des incursions dans les localités. Ainsi, au Niger, la région frontalière de Tillabéri connait régulièrement des incidents de violence contre les civils ainsi que des explosions d’engins explosifs improvisés. Par ailleurs, les zones frontalières des régions du Sahel et de l’Est au Burkina Faso ont récemment fait l’objet d’attaques majeures.

La zone de rencontre entre la région de Torodi, au Niger, et les communes frontalières de Bartiebougou, Foutouri, Gayeri, Kantchari et Matiacoali au Burkina Faso, est particulièrement touchée par l’insécurité. En son centre, cette zone abrite en effet la forêt de Kodjagabeli, refuge de certains groupes armés, qui occupent également les localités frontalières. Par ailleurs, la zone est également traversée par l’axe routier Niamey-Fada N’Gourma, entraînant des [échanges commerciaux et des mouvements de population en transit vers les capitales des deux pays. La zone est aussi le lieu d’activités agropastorales transfrontalières, notamment en ce qui concerne la transhumance du bétail.

En raison de l’insécurité croissante dans la zone et de la détérioration de l’accès humanitaire, il est parfois difficile d’obtenir des informations sur la situation des populations vivant dans les localités frontalières. La présente factsheet vise à combler ce manque d’information en présentant des informations multisectorielles sur ces localités.