Burkina Faso

Guide d’orientation et de mise en œuvre de la stratégie mobile de la santé mentale et du soutien psychosocial des enfants au Burkina Faso

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I. Contexte et justification

Le Burkina Faso traverse depuis 2015 une crise sécuritaire et humanitaire complexe caractérisée par des attaques de groupes armés non identifiés (GANI). Ces attaques ciblent non seulement les positions des forces de défense et de sécurité (FDS) et des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) mais aussi des populations civiles dans les communautés et villages entrainant une crise humanitaire consécutive aux déplacements massifs des populations à l’intérieur du pays et dans les pays voisins. De trois (3) régions touchées en 2019, la crise sécuritaire et humanitaire touche actuellement toutes les régions du pays. A la date du 30 avril 2022, le pays enregistrait 1.902 150 personnes déplacées internes (PDI) dont 1 165 453 sont des enfants, soit 61,27%.

Ces PDI sont accueillies principalement dans des familles et communautés hôtes, sur des sites de regroupement spontanés ou aménagés par les autorités avec l’appui des acteurs humanitaires.
Victimes, témoins ou affectées par les attaques, les déplacements et toutes sortes de violences y compris les violences basées sur le genre (VBG) et les graves violations des droits de l’enfant, les familles et en particulier les enfants voient leur vie quotidienne bouleversée par la crise.

Leur capacité à surmonter la détresse est fortement entamée. Plusieurs enfants sont séparés de leurs parents et ont besoin d’une protection alternative et de réunification familiale, d’autres sont exposés au risque de recrutement par les groupes armés. Avant cette crise, 51,3% des femmes de 20 à 24 ans sont mariées avant 18 ans tandis que 11,3% des filles de moins de 14 ans sont victimes d’excision (EDS/MICS 2010, EMC 2015).

La situation de protection constitue d’autant plus un grand défi que 4258 établissements scolaires, soit environ 16,96 % des structures éducatives, sont fermées en mai 2022 privant 708 341 élèves ainsi que 20 763 enseignants du cadre institutionnel d’éducation et de protection des enfants qu’est l’école.

Ces problèmes auxquels les enfants et leurs familles font face ont été aussi exacerbés par la pandémie de la COVID 19 depuis mars 2020.

Dans la réponse humanitaire déployée par l’ensemble des acteurs de protection de l’enfant, des activités de santé mentale et de soutien psychosocial à travers les espaces amis des enfants (EAE) et autres espaces sûrs sont mises en place depuis 2019. Pour la mise en œuvre de ces activités, en plus des modèles d’EAE fixes, il y a les EAE mobiles en stratégie avancée. La prise en compte de cette stratégie dans la réponse fait suite à la nécessité de s’adapter à la situation de déplacement massif et continue des populations dans plusieurs localités à la fois et leur accueil dans des communautés hôtes, déjà affectées. Aussi, le recours à la stratégie mobile permettra de fournir des services de protection à plus d’enfants affectés dès Le Burkina Faso traverse depuis 2015 une crise sécuritaire et humanitaire complexe caractérisée par des attaques de groupes armés non identifiés (GANI). Ces attaques ciblent non seulement les positions des forces de défense et de sécurité (FDS) et des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) mais aussi des populations civiles dans les communautés et villages entrainant une crise humanitaire consécutive aux déplacements massifs des populations à l’intérieur du pays et dans les pays voisins. De trois (3) régions touchées en 2019, la crise sécuritaire et humanitaire touche actuellement toutes les régions du pays. A la date du 30 avril 2022, le pays enregistrait 1.902 150 personnes déplacées internes (PDI) dont 1 165 453 sont des enfants, soit 61,27%.

Ces PDI sont accueillies principalement dans des familles et communautés hôtes, sur des sites de regroupement spontanés ou aménagés par les autorités avec l’appui des acteurs humanitaires.
Victimes, témoins ou affectées par les attaques, les déplacements et toutes sortes de violences y compris les violences basées sur le genre (VBG) et les graves violations des droits de l’enfant, les familles et en particulier les enfants voient leur vie quotidienne bouleversée par la crise.

Leur capacité à surmonter la détresse est fortement entamée. Plusieurs enfants sont séparés de leurs parents et ont besoin d’une protection alternative et de réunification familiale, d’autres sont exposés au risque de recrutement par les groupes armés. Avant cette crise, 51,3% des femmes de 20 à 24 ans sont mariées avant 18 ans tandis que 11,3% des filles de moins de 14 ans sont victimes d’excision (EDS/MICS 2010, EMC 2015).

La situation de protection constitue d’autant plus un grand défi que 4258 établissements scolaires, soit environ 16,96 % des structures éducatives, sont fermées en mai 2022 privant 708 341 élèves ainsi que 20 763 enseignants du cadre institutionnel d’éducation et de protection des enfants qu’est l’école1 .
Ces problèmes auxquels les enfants et leurs familles font face ont été aussi exacerbés par la pandémie de la COVID 19 depuis mars 2020.

Dans la réponse humanitaire déployée par l’ensemble des acteurs de protection de l’enfant, des activités de santé mentale et de soutien psychosocial à travers les espaces amis des enfants (EAE) et autres espaces sûrs sont mises en place depuis 2019. Pour la mise en œuvre de ces activités, en plus des modèles d’EAE fixes, il y a les EAE mobiles en stratégie avancée. La prise en compte de cette stratégie dans la réponse fait suite à la nécessité de s’adapter à la situation de déplacement massif et continue des populations dans plusieurs localités à la fois et leur accueil dans des communautés hôtes, déjà affectées. Aussi, le recours à la stratégie mobile permettra de fournir des services de protection à plus d’enfants affectés dès les premiers chocs humanitaires et dans certaines zones difficiles d’accès du fait des conditions sécuritaires.

Le présent guide, à l’intention des acteurs de protection, des managers et bailleurs de fonds, vient réaffirmer l’importance de la stratégie mobile en tant qu'élément de la réponse de protection de l’enfant dans la crise actuelle au Burkina Faso et donne des orientations pratiques sur sa mise en œuvre.