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Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la Force conjointe du Groupe de cinq pays du Sahel, 21 novembre 2019

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SC/14029

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par la Présidente du Conseil de sécurité pour le mois de novembre, Mme Karen Pierce (Royaume-Uni):

Le 20 novembre 2019, les membres du Conseil de sécurité ont entendu un exposé sur les activités menées par la Force conjointe du Groupe de cinq pays du Sahel (FC-G5S).

Les membres du Conseil se sont dits profondément préoccupés par les conditions de sécurité et la situation humanitaire dans le Sahel. Ils ont déclaré que le terrorisme et les violences intercommunautaires avaient entraîné la perte de nombreuses vies innocentes et provoqué des déplacements de civils sans précédent et se sont dits conscients que le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance et le nombre d’enfants privés d’accès à l’éducation n’avaient jamais été aussi élevés. Ils ont encouragé les pays à organiser des dialogues dans les communautés touchées afin de régler le problème des violences intercommunautaires.

Les membres du Conseil se sont félicités des récentes mesures prises par le Groupe de cinq pays du Sahel pour rendre la Force conjointe opérationnelle, notamment des cinq opérations menées depuis mai 2019, en particulier l’opération Bourgou IV, qui a permis de neutraliser et d’arrêter de nombreux terroristes et de démanteler une partie de leurs moyens logistiques. Ils ont pris note des progrès accomplis dans le déploiement de la composante civile et de la composante de police de la Force conjointe et dans l’application du cadre réglementaire visant à prévenir toute violation du droit des droits de l’homme et du droit international humanitaire et toute atteinte aux droits de l’homme, ainsi qu’à enquêter, à prendre des sanctions et à rendre compte à ce sujet, en coordination avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, et ont souhaité que de nouveaux progrès soient faits à cet égard. Ils ont également demandé aux gouvernements responsables d’achever leurs enquêtes sur les allégations de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits commises par des éléments de la Force conjointe et d’amener les responsables à répondre de leurs actes.

Les membres du Conseil ont encouragé le Groupe de cinq pays du Sahel à veiller à ce que la Force conjointe continue d’intensifier progressivement ses activités afin de produire des résultats opérationnels concrets.

Les membres du Conseil se sont félicités de ce que la Force conjointe ait demandé à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le 3 octobre 2019, de lui fournir des articles consommables essentiels, conformément au paragraphe 39 de la résolution 2480 (2019). Ils ont noté avec satisfaction que la MINUSMA s’employait à répondre à cette demande et ont souhaité qu’il y soit pleinement donné suite.

Les membres du Conseil se sont félicités des contributions qui avaient été versées ou étaient en cours de versement à l’appui de la Force conjointe et ont exhorté les partenaires qui n’avaient pas encore versé leurs contributions à honorer leurs engagements. Ils ont remercié l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne et les autres États contributeurs de l’appui crucial qu’ils fournissaient pour rendre la Force conjointe opérationnelle et les ont encouragés à maintenir cet appui.

Les membres du Conseil ont reconnu que le terrorisme constituait une menace pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. À cet égard, ils ont trouvé particulièrement encourageant que les dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest s’engagent, lors de leur sommet extraordinaire du 14 septembre 2019 au Burkina Faso, à redoubler d’efforts pour lutter contre le terrorisme. Ils ont pris note du nouveau « Partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel », annoncé par la France et l’Allemagne, qui rassemble les pays de la région et leurs partenaires dans un esprit de responsabilité mutuelle, et attendent avec intérêt d’en savoir plus à ce sujet.

Les membres du Conseil ont fermement condamné les récents attentats terroristes perpétrés au Mali et au Burkina Faso, au cours desquels de nombreux soldats et civils ont perdu la vie. Ils ont exprimé leurs sincères condoléances aux familles des victimes, ainsi qu’au Burkina Faso, à la France et au Mali. Ils ont réaffirmé que le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, constituait l’une des menaces les plus graves contre la paix et la sécurité internationales et que les responsables devaient répondre de leurs actes.

Les membres du Conseil se sont déclarés vivement préoccupés par la dégradation des conditions de sécurité au Burkina Faso. Ils se sont félicités des mesures prises par le Secrétaire général pour intensifier et adapter l’appui fourni par les Nations Unies, conformément aux priorités du Gouvernement burkinabé. Ils ont demandé au Secrétaire général de continuer de fournir des mises à jour régulières sur ce processus transversal intégré à la Commission de consolidation de la paix, ainsi qu’au Conseil lui-même dans les rapports périodiques qu’il établit sur le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

Les membres du Conseil ont rappelé qu’une riposte militaire face aux menaces avec lesquelles le G5 Sahel était aux prises ne serait efficace que si elle s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre de stratégies régionales et nationales inclusives recouvrant les questions de sécurité, de gouvernance, de développement et de droits de l’homme et les questions humanitaires, était assortie d’une solide participation et direction de la part des gouvernements du Sahel, et se faisait dans le respect de l’état de droit sur l’ensemble des territoires des États. Ils ont souligné à cet égard qu’il importait que l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali soit appliqué de manière intégrale et effective et sans exclusive. Ils ont relevé avec une vive impatience que, malgré certains progrès, il restait encore beaucoup à faire en vue de l’application de dispositions clefs de l’Accord et ont donc exhorté les parties maliennes à en accélérer l’application. Ils ont considéré que les femmes jouaient un rôle dans ces efforts et demandé la participation pleine, effective et véritable des femmes dans l’application de l’Accord.

Les membres du Conseil ont encouragé les efforts déployés pour instaurer une cohérence et une coordination accrues dans le système des Nations Unies ainsi qu’avec les partenaires de la région. Ils ont appelé de leur vœux l’application efficace du Plan d’appui des Nations Unies pour le Sahel. Ils ont encouragé le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et le G5 Sahel à répertorier des domaines de complémentarité dans leurs activités respectives. Ils se sont félicités de ce que faisaient la Commission de consolidation de la paix et le Fonds pour la consolidation de la paix pour promouvoir l’appui à la consolidation de la paix au Sahel. Ils ont considéré par ailleurs qu’il importait de renforcer le partenariat ONU-Union africaine à l’appui du G5 Sahel.

Afin d’améliorer la communication d’informations sur les activités de la Force conjointe, et conformément à la résolution 2391 (2017) et à l’accord technique signé entre l’ONU, l’Union européenne et le G5 Sahel (2018), les membres du Conseil de sécurité ont encouragé la Force conjointe à échanger des informations et à faire régulièrement rapport sur ses activités au Secrétaire général et au Conseil de sécurité par l’intermédiaire de la MINUSMA.

Les membres du Conseil ont dit compter suivre de près la situation en matière de sécurité au Sahel, les activités de la Force conjointe ainsi que l’appui international qu’elle reçoit.

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