Burkina Faso

Cluster CCCM/GSAT Stratégie 2022-2023

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Contexte opérationnel

Situation humanitaire

La situation sécuritaire au Burkina Faso continue de dégrader avec un accroissement de la violence déclenchant des déplacements continus et massifs dans toutes les 13 régions du pays, notamment le Centre Nord, le Sahel, le Nord, l’Est et la Boucle du Mouhoun. En date du 30 novembre 2021, le Burkina Faso compte 1 501 7551 personnes déplacées internes (PDI) réparties à travers 275 communes d’accueil (Source CONASUR) soit un accroissement de 40% par rapport au chiffre de début de l’année 2021. En effet, ce nombre de PDI reste croissant du fait de la recrudescence des activités des groupes armés non-étatiques. Les incidents sécuritaires entrainent régulièrement de nouveaux déplacements et donc une augmentation des besoins d’assistance humanitaire.
L’insécurité grandissante a contraint les populations à continuer à se déplacer vers les centres urbains pour y trouver de meilleures conditions socio-économiques et sécuritaires. La problématique de déplacement urbain hors site est un enjeu crucial qui se fera probablement d’autant plus prégnant en 2022 compte tenu de la dégradation continue de la situation sécuritaire dans les localités d’origine et dans les plusieurs communes rurales accueillant des personnes déplacées. Selon les données du CONASUR sur l’enregistrement individuel des personnes déplacées, vingt-cinq (25) communes urbaines, soit 9% des communes d’accueil (principalement des capitales provinciales et régionales des six régions les plus affectées) ont accueilli plus de 53% des personnes nouvellement déplacées en 2021. Cet accroissement démographique dans les zones urbaines crée une augmentation de la pression sur les infrastructures, des difficultés d’accès à la terre à la fois pour la construction d’abris et la réalisation d’activités agricoles ou pastorales, le tout entraînant une dégradation de la cohésion sociale et une hausse de la précarité de l’ensemble des communautés.

La situation de déplacement se prolongeant, les problématiques foncières concernant les sites des PDI mais également l’accès à la terre pour construire un abri sont de plus en plus exacerbés et tendent à créer des tensions communautaires. En effet, de nombreux sites spontanés voire planifiés sont installés sur des terres privées que les propriétaires avaient prêtées aux communautés déplacées voire les autorités locales, les municipalités, pensant que la situation de déplacement serait que temporaire. En outre, ces situations affectent également la création de nouveaux sites quand nécessaire et l’amélioration des sites existants (accroissement de la capacité d’accueil) dans le sens que les autorités locales ont de plus en plus de difficultés à sécuriser les terres au besoin. Par ailleurs, les terres prêtées n’offrent pas assez d’espace nécessaire ou ne sont souvent pas adéquates à la planification ou une amélioration de sites, ce qui réduit la capacité des autorités et des acteurs humanitaires à construire des abris et des infrastructures nécessaires entrainant parfois une congestion élevée des sites.