Burkina Faso

Burkina Faso : Rapport mensuel de monitoring de protection - Région de l'Est (Octobre 2021)

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Résumé

Au cours du mois d’octobre 2021, la situation sécuritaire de la région de l’Est s’est fortement dégradée avec une forte incidence sur la protection des populations On note une forte présence des groupes armés non étatiques (GANE) dans les différentes provinces. Cette présence se manifeste sous plusieurs formes. Des séances de prêche sur le port obligatoire du voile par les femmes, le pantalon court et la barbe pour les hommes sont de plus en plus enregistrées.

Ces groupes armés commettent des exactions à l’endroit de la population aussi bien sur les axes reliant les provinces au chef-lieu de la région qu’au sein des communautés. Le fait marquant du mois est le contrôle régulier de l’axe Fada-Kantchari par des GANE(groupes Armés Non étatiques) du 13 au 17/10/2021, suivi d’enlèvement, d’assassinats dont les cibles sont essentiellement les fonctionnaires de l’Etat, les forces de défense et de sécurité (FDS), les Volontaires de Défense pour la Patrie (VDP), et les adeptes des confessions religieuses chrétiennes.

Par ailleurs, il a été enregistré au cours de ce mois, plusieurs affrontements entre FDS, VDP et GANE, en occurrence celui du 11/10/2021 dans la commune de Madjoari, province de la Kompienga. Des incidents liés aux engins explosifs improvisés (EEI) ont été signalés sur l’axe routier FadaKantchari de la RN°4 respectivement le 01, 04, 06 et 21/10/2021.
Ce mois sous revue, ce sont 32 incidents qui ont été enregistrés contre 14 et 30 au cours de deux dernier mois.

Comparativement au mois passé, il y a une légère hausse. avec un pic au niveau des deux derniers mois.

De ce qui ressort de l’observation, on constate une croissance continue en nombre d’incident dans la région. Ceci s’expliquerait par une présence massive des GANE avec une forte volonté des GANE à s’imposer face au combat contre les forces de l’ordre dans la région Ces incidents sont désagrégés de la façon suivante : 16 violations portant sur l’atteinte au droit à la liberté dont des enlèvements( 09 cas), des menaces (05 cas), des contrôles irréguliers d’identité( 02) ; 03 incidents portant atteinte au droit à la vie tels que les assassinats et les meurtres ; 04 incidents portant atteinte au droit à la propriété comme le vol, le braquage, l’extorsion de biens personnels et la destruction de biens publiques (incendie des écoles); 01 incident portant atteinte à l’intégrité physique et 01 sur l’intégrité psychique de la personne. 447 personnes ont été victimes des violations de droits humains soit 216 hommes, 121 femmes, 61 garçons et 49 filles.

La hausse du nombre de victimes de sexe masculin pourrait avoir pour raison la forte mobilité des hommes sur les axes pour les travaux de champs ou de commerce, la suspicion de collaboration avec les FDS, l’engament dans les groupes d’auto-défense comme Koglweogo et VDP. Les communes les plus affectées, ce mois, sont Fada, Matiacoali,
Kantchari, Diapaga, Madjoari, Foutouri, Yamba qu’on pourrait qualifier de zones à risques sécuritaires élevés.
Dans la province de la Tapoa, la dégradation de la sécurité est telle que les infrastructures scolaires et certaines institutions administratives et financière ont dû fermer le 21/10/2021.

A cela s’ajoute la suspension de la ligne de transport de l’une des compagnies qui dessert la région selon un communiqué du 21/10/2021. C’était la seule compagnie qui servait de liaison entre le chef-lieu de région et les provinces de la Tapoa et de la Kompienga. En termes de coexistence pacifique, un conflit foncier opposant les villages de Maoda et Thielba sur la limite d’une parcelle a occasionné la fermeture d’une école.

De manière générale, l’insécurité engendrée par les violations commises a créé un climat de méfiance avec une stigmatisation de certains groupes ethniques. Il faut également noter, l’insuffisance des actions de sécurisation des forces de défense et de sécurité (FDS). Ceci pourrait susciter la création des groupes d’auto-défense avec le risque que ces groupuscules se transforment en groupes armées irrégulières et commettent encore plus de violations sur les populations.

Les contrôles d’identité, les restrictions de mouvement et la création des cheick points sur les voies d’accès aux centre villes par les GANE pourraient impacter négativement l’assistance humanitaire à l’endroit des populations. Le couvre-feu instauré depuis le début de la crise a été prorogé du 29 octobre au 27 décembre 2021, de 00 heures à 4 heures dans le chef-lieu de région et de 22 heure à 4 h00 dans les provinces.