Burkina Faso

Burkina Faso : Rapport mensuel de monitoring de protection - Région de l'Est (novembre 2021)

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802 Personnes en déplacement
703% d’augmentation par rapport au mois précédent

28 Incidents enregistrés
10% de moins par rapport au mois précédent

193 Cas de protection pris en charge
-97% d’augmentation par rapport au mois précédent

03 Cas de protection référés
00% d’augmentation par rapport au mois précédent

Résumé

Marquée par une forte dégradation au cours du mois antérieur, la situation sécuritaire et de protection de la région de l’Est, au cours du mois de novembre 2021, reste délétère avec de nombreux incidents signalés. En effet, elle est caractérisée par une forte présence des Groupes Armés Non Etatiques (GANE) dans toutes les 05 provinces que sont la Tapoa, le Gourma, la Komondjari, la Kompienga et la Gnagna. Au total, ce sont 28 incidents de protection qui ont été enregistrés ce mois.

Les violations enregistrées sont reparties comme suit : 8 incidents portant atteinte au droit à la liberté (6 enlèvements et 2 contrôles irréguliers par un GANE), 12 cas de violation du droit à la vie (10 assassinats, 1 accident mortel et 1 cas de suicide), 2 incidents portant atteinte au droit à la propriété (une extorsion de bétail et 1 cas d’incendie d’abris). Les violences basées sur le genre ont concerné 2 cas de viol ; 2 cas de violence physique et 2 incidents portant sur des violences psychologiques.

Sur les 28 incidents enregistrés, les auteurs seraient à 90% des GANE opérant dans les zones sous leur contrôle (soit 26 incidents) et 10% les membres de la communauté (soit 2 incidents). Bien qu’une baisse en nombre des incidents ait été constatée, il convient de noter une hausse en chiffre des victimes, passant de 447 au mois précédent à 1218 victimes ce mois(348 hommes, 154 femmes, 363 garçons et 353 filles), soit un taux de progression de 272% (771 victimes en plus). Par ailleurs, la liberté de mouvement des populations dans la région de l’Est reste toujours régie par un couvrefeu de 00h 00 à 4h 00 dans le chef-lieu de la région et de 22h00 à 04h00 dans les provinces.

La hausse du nombre des victimes aurait un lien avec les lieux où sont commis les exactions. On note de plus en plus que les lieux publics, à forte fréquentation, sont les plus visés. C’est le cas de l’incendie des abris au site d’or de Leoura le 03/11/2021 dans la Gnagna, la menace et l’ordre de fermeture de l’école primaire de Momba dans le Gourma le 09/11/21. La multiplication des violations par les GANE au sein des communautés démontrerait plus une volonté de conquête des zones ; un environnement de protection fragilisé, le sentiment d’insécurité, la détresse psychosociale, les déplacements forcés et le traumatisme restant toujours le partage des communautés dans les zones à risques élevés.

Les conséquences de ces menaces et violations grave des droits humains sont une saturation des familles d’accueil avec les afflux importants de PDI, l’immensité du besoin d’assistance en abris, vivres, soins de santé et la rareté des ressources qui occasionne les tensions entre population hôte et PDI.