Burkina Faso

Burkina Faso: rapport de monitoring de protection de la région du Nord - Mai 2021

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I. CONTEXTE/POINTS SAILLANTS

Le contexte sécuritaire de la région du Nord demeure précaire au cours du mois de mai 2021. Il a été marqué par la persistance des violations des droits de l’homme tant au niveau individuel que collectif par des Groupes Armés Non Etatique (GANE) mais aussi par les volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Ainsi, dix (10) incidents ont été enregistrés dans les provinces couvertes à savoir le Loroum et le Yatenga. Il s’agit de deux cas d’enlèvement, quatre (4) atteintes à la vie, une atteinte à la propriété, deux (2) atteinte à l’intégrité physique et un déplacement forcé de population.

Notons que les GANE ont mené des activités de prêche dans les communes de Tangaye et de Kain. Ces activités ne sont pas certes des incidents mais elles sont de nature à semer davantage de la panique au sein des populations en ce sens qu’elles se mènent avec des armes à la main. Dans ces localités, ils ont donné l’ordre aux hommes de laisser la barbe et de porter des pantalons sautés. Quant aux femmes, elles ont l’obligation de porter le hidjab (soutras). Dans leur message à l’endroit de la population, ils ont prévu des missions de contrôle et les contrevenants seront exécutés.

Selon les informations issues du monitoring de protection, les conditions de vie des personnes déplacées internes (PDI) de la région restent préoccupantes. Les assistances se font certes mais sont toujours en deçà des besoins des PDI dont le nombre ne fait que s’accroitre. Selon la dernière situation faite par le CONASUR à la date du 30 avril 2021, la région compte de nos jours cent deux mille deux cent quatre-vingt-quinze (102 295)
PDIs soit un taux de croissance de 8,4% par rapport au mois de mars 2021.

En plus de la précarité des conditions de vie des PDI, les incidents du 22 mai 2021 survenus sur le site Ex IRA ont entrainé le départ de la communauté peulh venue de Koumbri. Cette communauté ne se sent plus en sécurité sur le site après l’enlèvement de cinq (05) personnes en leur sein. Sur les 450 personnes de la communauté peulh de Koumbri qui vivaient sur le site, on dénombre actuellement 10 femmes et une vingtaine d’enfants. La destination de ces personnes reste inconnue.

Sur le plan sanitaire, certes la région du Nord n’a pas enregistré des nouveaux cas de COVID 19 au cours de la période sous revue, mais des sensibilisations ont été menées sur le terrain. Au total deux-cent (200) personnes dont trente-deux (32) enfants, quatre-vingts (80) hommes et quatre huit (88) femmes ont été touchées par nos séances de sensibilisation.