Burkina Faso

Burkina Faso: rapport de monitoring de protection de la région de l'Est - Mai 2021

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Situation Report
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CONTEXTE/POINTS SAILLANTS

La situation sécuritaire et de protection de la Région au cours de mai 2021 a connu une détérioration par rapport à celui du mois d’Avril. Cette dégradation est dû à l’avènement de plusieurs incidents dans les provinces de la Tapoa, du Gourma et la Komondjari sont les plus concernés. En effet, on note des incidents sécuritaires tels que des affrontements entre groupe armé non étatique (GANE) et force de défense et de sécurité (FDS) ; ainsi qu’entre HANI et volontaire de défense pour la patrie (VDP) en occurrence l’affrontement entre FDS et HANI à Tanwalbougou du 19/05/2021.

En ce qui concerne les incidents de protection, des atteintes aux droits à la vie tels que les assassinats ciblés, les atteintes aux droits à la liberté comme les enlèvements, les menaces à adopter une idéologie religieuse, les atteintes aux droits à la propriété comme le vol de bétail ont été enregistrés rendant l’environnement de protection plus précaire. L’incident ayant marqué le mois fut l’attaque du village de koguel dans la province de la Komondjari à Foutouri avec un bilan d’une trentaine de personnes assassinées, des maisons incendiées et des dégâts matériels importants.

Ces incidents ont des effets néfastes sur l’environnement de protection que ce soit sur les PDI comme sur la population hôte. D’abord, ils ont engendré des mouvements de population des zones d’insécurité notamment des communes/localités de Matiacoali, Partiaga, Foutouri, vers les zones plus sécurisées comme les communes/localité de Fada, Diapaga, Gayéri à la recherche de protection d’où la croissance rapide du nombre de personnes déplacées internes (PDIs) et le nombre de personnes à besoins d’assistances en protection. Certains défis liés à l’enregistrement et à la cohésion sociale ont été relevés. En effet l’assistance aux personne déplacéesinternes peine à être mis en œuvre dû au fait qu’elles n’ont pas été enregistrées par le CONASUR. Ainsi pendant la période couverte par le présent rapport les PDI de Baltiaga à Yamba n’ont pas encore bénéficiée d’une assistance depuis leur arrivé du 05 au 12/04/2021 à nos jours. En plus de la vulnérabilité du déplacement, elles sont exposées aux intempéries telles que le vent, la pluie qui affecte leur santé. Enfin, on note des petites tensions relatives aux ressources naturelles opposant les personnes déplacées internes aux populations hôtes notamment dans la province du Gourma, commune de Diapangou, village de Balga. Sur le plan sanitaire, selon le rapport du Service d’Information du Gouvernement datant du 25/05/2021 (SIG), aucun cas de covid19 n’a été enregistré dans la région de l’Est.

Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité, la restriction des mouvements de population régie par un couvrefeu de 22h à 4h00 du matin dans les communes urbaines, de 19H00 à 4H00 dans les communes rurales et de 00h à 4h du matin dans le chef-lieu de la région.

En résumé le contexte sécuritaire s’est fortement dégradé à cause du nombre croissant de violations des droits humains. Il ressort d’une extension du conflit par des hommes armés non identifiés faisant des volontaires de défense pour la patrie, leurs familles et collaborateurs les potentiels cibles. On assiste ainsi donc à un désarmement des groupes d’autodéfense dans certaine localité de la région notamment dans la province de la Tapoa. Les besoins croissants de protection dans les zones d’accueil pourraient entrainer une famine qui affecterait et les populations hôtes et les personnes déplacées internes.