Burkina Faso

Burkina Faso : Rapport d’enquête - Impact de la COVID-19 sur l’éducation, Août 2020

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  1. INTRODUCTION

CONTEXTE

C’est depuis le début du mois de mars 2020 que le pays a déclaré ses premiers cas de malades suite à la COVID-19. A la date du 18 mai le rapport de la situation numéro 82 du Ministère de la Santé a signalé 3 nouveaux cas confirmés, 0 décès et 6 patients guéris ; portant le cumul de 809 cas confirmés à la COVID-19 (511 hommes et 298 femmes), 661 guéris et 52 décès.

Sur le plan socioéconomique, les mesures portent sur la prise en charge ou le rabattement des factures d’eau et d’électricité des ménages et petits commerçants à hauteur de 10 M EUR (6,7 milliards FCFA) pour l’eau et 18 M EUR (12 milliards FCFA) pour l’électricité), l’accompagnement des populations vulnérables (vivres gratuits ou à prix sociaux, cash transfert), l’annulation des pénalités, la sécurisation de l’approvisionnement du pays en produits de grande consommation ainsi que des mesures incitatives envers la presse. En matière de fiscalité, le gouvernement prévoit notamment la remise des pénalités et amendes exigibles, la suspension des contrôles, l’exemption de la contribution du secteur informel, la suspension des poursuites en matière de recouvrement ainsi que la réduction de 25% de la patente pour les établissements des domaines du transport, de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme.

Face à l’augmentation des contaminations et pour réduire la propagation de la maladie, l’État a rapidement pris les mesures suivantes :

• La mise en quarantaine de toutes les villes ayant enregistré au moins un cas de la Covid-19 ;

• La suspension du transport public urbain et interurbain de passagers ;

• La fermeture des établissements d’enseignements préscolaires, primaires, postprimaires et secondaires, professionnels et universitaires, du lundi 16 mars 2020 au mardi 31 mars 2020 sur toute l’étendue du territoire national;

• La suspension des cours du 1er au 13 avril 2020 prorogée d’abord au 27 avril 20203 et puis jusqu’au 31 mai. Une commission interne au MENAPLN doit proposer des alternatives avec des scénarios de réouverture.

Concernant le contexte éducatif, l’arrêt provisoire des cours a touché 5 130 730 élèves/apprenants du formel et du non formel,122 810 enseignants et 20 754 établissements scolaires.4On notera également que la suspension des activités pédagogiques a des répercussions négatives sur la qualité des apprentissages des élèves et sur la consolidation de leurs acquis scolaires. En outre, les effets de la Covid-19 sur le système éducatif se couplent aux impacts de la crise sécuritaire. Pour certaines régions, la fermeture des écoles a accentué les perturbations d’un calendrier scolaire déjà fragilisé par l’insécurité, aggravant ainsi l’insuffisance du temps d’enseignement. La fermeture ponctuelle ou prolongée des écoles est un facteur de démotivation et de désengagement des élèves et des parents. Cela augmente le risque de déscolarisation pour les enfants des familles les plus vulnérables. Par contrainte, ou sur incitation des familles, les enfants peuvent se retrouver dans des situations d’exploitation par le travail pour contribuer à l’alimentation ou aux revenus de leurs familles.
Les filles sont particulièrement exposées à ce risque ainsi qu’aux risques de grossesse ou mariage précoces, d’exploitation sexuelle ou à d’autres formes de violence. Ces situations ont déjà été constatées par des organisations humanitaires dans les zones à forts défis sécuritaires.
Face à ce contexte, une enquête a été réalisée par le Cluster Education du 22 avril au 18 mai 2020.