Burkina Faso

Burkina Faso: Monitoring de protection - Région du Sahel (décembre 2021)

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I. Contexte

Le contexte opérationnel a été marqué par des attaques et des actes de violences orchestrés par des groupes armés non étatiques (GANE) avec pour corolaire des violations des droits humains. Ces incidents de sécurité qui ont concerné toutes les quatre provinces de la région du Sahel ont contribué à réduire l’espace humanitaire et accroitre la vulnérabilité des populations surtout les enfants et les femmes.

Plus d’incidents ont été enregistrés au cours de ce mois de décembre comparativement au mois précédent. En effet, 44 incidents ont été enregistrés contre 37 incidents en novembre. Ces incidents ont occasionné plusieurs violations de droits humains dont celles relatives aux droits à la vie, à la propriété, à l’intégrité physique et psychique, à la liberté et à la sécurité. 199 personnes ont été victimes de ces violations dont 81% d’hommes. Les principaux auteurs de ces violations sont les GANE.

32% des incidents enregistrés l’ont été dans la province du Yagha notamment dans la commune de Solhan. Aussi, la situation sécuritaire dans la Commune de Mansila reste toujours préoccupante à cause des exactions commises par les GANE qui se résument surtout en sévices corporels subis par les femmes à la recherche de bois de chauffe et de vivres. Cependant, la province de l’Oudalan a enregistré plus de victimes de violations des droits humains dont 110 sur le total des 199 enregistrées au cours de ce mois.

Il a été enregistré également des mouvements de populations de 3 160 PDI venues de Déou, de Tin-Eigar, de Pobe Mengao, de Mansila et de la localité de Tabondi vers les villes de Gorom-Gorom, Oursi, Djibo, Sebba et Dori à la suite des ultimatums donnés par les GANE.

Les provinces qui accueillent le plus de personnes qui ont été contraintes au déplacement sont celles du Soum (303 453 PDI dont 262 637 dans la ville de Djibo), du Seno (116 841 PDI avec 57 627 dans la ville de Dori et 39 900 dans la commune de Gorgadji) ainsi que l’Oudalan (71 323 PDI dont 33 965 dans la ville de Gorom-Gorom). Cependant, le constat est que la province du Seno jadis calme, est de plus en plus touchée par les incidents et demeure une zone à haut risque où la situation sécuritaire reste précaire et volatile. En outre, le chef-lieu de Région qui est la commune de Dori reste la ville où toutes les administrations fonctionnent normalement même si quelques cas de petites criminalités sont enregistrés dans certains quartiers depuis un certain temps et que l’accès à la ville par la route à partir de Kaya devient de plus en plus difficile avec l’activisme des GANE sur l’axe Dori-Kaya. En effet ces derniers effectueraient souvent des contrôles irréguliers d’identité à travers des check point sur cet axe et des enlèvements de civils et de véhicules ont même déjà été signalés.