Burkina Faso

Burkina Faso Key Message Update: Une détérioration de l’accès alimentaire dans certaines communes de la région du Sahel, Septembre 2021

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Key Messages

  • La mise à jour des prévisions saisonnières (NOAA) prévoit une descente rapide du front intertropical, ce qui entraînera une fin de saison précoce à normale sur le Sahel. Dans le nord du Burkina Faso (provinces du Loroum, Bam, Soum et Oudalan) où la saison est marquée par des épisodes de séquences sèches entre juillet et aout, les déficits pluviométriques affectent négativement le niveau de remplissage des retenues d’eau, les rendements des cultures et la production des pâturages. Outre la réduction des superficies de 30 à 50 pour cent du fait de l’insécurité selon les informateurs clés, les baisses de rendements entraineront des baisses significatives de production agricoles dans ces zones. Il est aussi probable que les activités de production maraichère entre novembre et avril soient limitées et que la soudure pastorale soit précoce dès le mois de février.

  • Après les incidents les plus meurtrières enregistrés les trois précédents mois, les attaques de groupes terroristes contre les forces de sécurité et les civiles persistent et de façon quasi quotidienne, en particulier dans les régions du Sahel, du Nord et de l’Est. En plus de l’accroissement du nombre de déplacés (1,42 million en fin aout), ces incidents contraignent les populations à abandonner leurs champs.

  • En cette fin de période de soudure, les disponibilités alimentaires sont plus faibles que d’habitude sur les marchés. Si les récoltes en vert (dans les zones de production du sud et de l’ouest) et l’assistance alimentaire (dans les zones plus touchées par l’insécurité), contribuent à réduire la pression de la demande des ménages sur les marchés, les prix des denrées de base demeurent dans l’ensemble au-dessus de la moyenne quinquennale : 29 pour cent pour le maïs, 9 pour cent pour le sorgho et 7 pour cent pour le mil. En milieu urbain, le prix de l’huile alimentaire reste 51 pour cent au-dessus de la moyenne, ceux de la viande et du poisson accusent des hausses de 20 pour cent chacun. Des augmentations atypiques de prix sont observées dans certaines communes inaccessibles et qui comptent une forte présence de PDIs. C’est le cas de la commune de Kelbo où le mil et le sorgho atteignent des variations annuelles de 90 pour cent et 80 pour cent respectivement.

  • Les PDI et ménages hôtes pauvres dans les zones de forte présence de PDI continuent de faire face à l’insécurité alimentaire aigüe Crise (Phase 3 de l’IPC). Selon les résultats du suivi de la sécurité alimentaire pour le mois d’aout (SP/CONASUR), les stratégies d’accès alimentaire, en particulier au sein des PDI, portent entres autres sur la réduction des quantités de rations journalières (94 pour cent des PDI), le recours aux aliments de substitution (35 pour cent des PDI) et les emprunts et mendicité (22 pour cent des PDI). Dans les zones inaccessibles par l’assistance (communes de Mansila, Markoye, Tin-Akoff, Déou, Oursi, Arbinda et Kelbo), il est probable qu’il y ait des populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC), au regard de l’érosion des avoirs des ménages, du non-fonctionnement des services de base, des récoltes marginales attendue en en fin septembre et des migrations forcées de populations en cours.