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Burkina Faso Key Message Update: L’insécurité empêche l’approvisionnement et la fréquentation du marché principal dans la province du Soum, Mai 2020

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Messages clés

  • Avec 809 cas confirmés de COVID-19 depuis le 9 mars, le pays compte à la date du 18 mai, 96 cas actifs indiquant un ralentissement de la propagation de la maladie. Cette relative stabilisation dans l’évolution des nouveaux cas a amené le gouvernement assouplir les mesures restrictives à savoir, l’ouverture des marchés, des bars et restaurants, la levée de quarantaine des villes et l’ouverture du transport interurbain. Les frontières terrestres demeurent fermées excepté pour le transport de marchandises.

  • Dans les centres urbains, la disponibilité des produits alimentaires de grande consommation reste satisfaisante car les stocks de riz importé et d’huile peuvent couvrir plus de 3 mois les besoins et ceux du sucre suffisent pour au moins 8 mois. En raison des contrôles opérés par le gouvernement, les prix sont dans l’ensemble stables par rapport à l’année passée et à la moyenne quinquennale. Cependant, la situation économique reste timide et les pertes d’emplois et de revenu enregistrés les mois précèdent, continuent d’affecter négativement le pouvoir d’achat des ménages pauvres. L’ouverture de points de vente de céréales à prix subventionné et les distributions alimentaires en cours au profit de 112880 personnes dans les deux grandes villes, contribuent à favoriser une insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) pour les pauvres urbains.

  • Outre la situation sanitaire, l’insécurité demeure une préoccupation avec la poursuite des exactions de groupes terroristes surtout dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord et de l’Est. Le mois d’avril a enregistré 55 incidents et 301 fatalités, soit des niveaux respectivement similaires et en hausses de 50 pourcent par rapport à la moyenne mensuelle depuis les douze derniers mois. A la veille de la saison agricole qui s’annonce, plus de 848000 personnes sont déplacées internes et les localités des provinces frontalières avec le Mali au nord et le Niger à l’est sont d’accès limité. Dans ces zones, les centres de santé fermés ou fonctionnant à minima représentent plus de 80 pourcent dans la région du Sahel, plus de 30 pourcent dans le Centre-Nord et environ 20 pourcent dans la région de l’Est.

  • En milieu rural, la fermeture temporaire des marchés principaux, a négativement affecté la principale source de revenu des ménages qui est la vente d’animaux. Malgré la reprise, ces marchés restent peu fréquentés par les acheteurs étranges. En conséquence, les prix des petits ruminants ont baissé d’environ 16 pourcent à Djibo et à Dori. Par rapport à la moyenne quinquennale, la baisse des prix atteint 29 pourcent à Dori et 20 pourcent à Djibo. Le marché de Djibo reste particulièrement d’accès difficile en raison de l’occupation des voies d’accès par les groupes terroristes. Les offres d’animaux y ont chuté du tiers et les stocks en mil (denrée de base) sont faibles.

  • Les ménagés hôtes et les PDIs sont contraints de dépendre de l’assistance alimentaire du PAM et de la Croix Rouge qui a couvert 30 et 24 pourcent de la population respectivement en mars et avril. Dans les autres provinces de forte présence de PDI (Loroum, Bam, Sanmatenga et Namentenga), l’assistance réalisé en avril touche au moins 20 pourcent de la population. Grâce à l’assistance, les ménages pauvres et PDIs de ces provinces et ceux du Soum sont en insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 ! de l’IPC). Par contre, l’assistance reste faible dans les provinces de l’Oudalan, du Séno, du Yagha (dans la région du Sahel), de la Gnagna et de la Komondjaori (dans la région de l’Est) et les PDIs et ménages hôtes pauvres sont en insécurité alimentaire aigue Crise (phase 3 de l’IPC).