Burkina Faso

Burkina Faso Key Message Update: Hausse générale des prix des denrées dégradant le pouvoir d’achat des ménages, juillet 2021

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Key Messages

Le nombre d’incidents (116) et de fatalités (376) ont particulièrement augmenté au cours des mois de de juin par rapport aux mois précédents de l’année en raison de incursions continues des groupes djihadistes. Cela entraine un nombre croissant de déplacés internes dont le cumul en fin juin a atteint 1312071, soit une augmentation de 58655 par rapport au mois de précèdent. Depuis juillet, les incidents et tueries se poursuivent et l’augmentation du nombre de PDI est observée surtout dans les communes frontalières du nord et du nord-est et dans la région de l’Est.

Après une installation précoce à normale, la saison agricole se poursuit de façon satisfaisante avec des cumuls pluviométriques au 20 juillet dans l’ensemble excédentaires par rapport à la moyenne. Néanmoins, entre mi-juin et mi-juillet, des séquences sèches dépassant 10 jours ont été enregistrés localement dans l’extrême-nord (régions du Sahel et du Nord) et à l’ouest (région de la Boucle du Mouhoun) et ont ralenti les opérations de semi dans ces localités. Dans l’ensemble, le développement des cultures (au stade de levé) est similaire à l’année passée et à la normale. Tout comme la saison écoulée, la poursuite des incidents et les déplacements de populations limitent les activités agricoles et vont affecter négativement les productions agricoles, surtout dans les provinces frontalières (Loroum, Soum, Oudalan, Yagha, Komondjari et Kompienga) et environnant (Séno,Yatenga, Bam, Sanmatenga, Gourma).

Malgré la présence de l’assistance humanitaire et l’opération en cours de vente de céréales à prix subventionné par le gouvernement, les prix des céréales de base restent élevés par rapport à la moyenne quinquennale (26% pour le maïs, 10% pour le mil et 9% pour le sorgho). Sur les marchés de bétail, les prix des différentes espèces enregistrent également des hausses par rapport à la moyenne quinquennale. Les variations à la hausse sont particulièrement plus marquées pour les béliers et les boucs du fait de la hausse de la demande pendant la fête de la Tabaski. Ainsi, sur les marchés de Dori et de Djibo et comparativement à la moyenne quinquennale, le prix du bélier est en hausse de 37 et 22% respectivement et celui du bouc de 62 et 66% respectivement. Cependant, les PDI et ménages hôtes pauvres dans les zones agropastorales au nord du pays ne profitent pas de ces prix car ayant des avoirs limités voire épuisés.

L’assistance alimentaire est priorisée pour les PDI. La majorité de ces PDI habitent dans des familles d’accueil et sont contraints de partager leurs rations avec les ménages hôtes. Ce qui amène certains à pratiquer la restriction de la consommation des adultes au profit des enfants ou à réduire les quantités ou le nombre de repas quotidien à un. Dans les zones bénéficiaires, l’assistance humanitaires attenue les perspectives pires de l’insécurité alimentaire aigue. Toutefois, Il est probable que des situations de crise ou pire soient vécues dans les zones inaccessibles par l’assistance, notamment les communes frontalières dans l’extrême-nord.

La pandémie de COVID-19 continue de perturber les importations. Dans les milieux urbains, la baisse atypique d’environ de moitié des stocks commerçants en denrées de grande consommation par rapport à la moyenne entraine des hausses de 12 et 20% des prix du riz et de l’huile respectivement comparé à la moyenne. Les prix du poisson et de la viande connaissent aussi des hausses de 17% chacun. Ce qui affecte négativement le pouvoir d’achat des ménages, en particulier les pauvres.