Cadre Harmonisé d’analyse, d’identification des zones à risque et d’estimation des populations en insécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest
Contexte
La situation sécuritaire de façon générale demeure le principal facteur déterminant de la situation alimentaire et nutritionnelle des ménages. Cependant, une amélioration a été relevée dans certaines localités du pays, avec le retour des personnes déplacées internes. La perturbation de la conduite normale des activités génératrices de revenus, les difficultés d’approvisionnement des marchés et d’acheminement de l’assistance demeurant par endroit, limite l’accès des ménages vulnérables à ces services. Par ailleurs, il sied de noter les efforts de l’Etat dans la reconquête du territoire et ceux des partenaires dans l’assistance des populations dans les zones à accès limités.
La production céréalière prévisionnelle de la campagne 2023/2024 au niveau national est estimée à 5 246 405 tonnes soit une légère hausse par rapport à celle de 2022/2023 et à la moyenne quinquennale respectivement de 1 ,30 % et de 4,35%. Néanmoins, 20 provinces sur les 45 ont enregistré des baisses de production céréalière (par rapport à la moyenne quinquennale) allant de 0,41% dans le Bam à 66,02% à l’Oudalan. Par ailleurs, des hausses de productions sont attendues dans 11 provinces essentiellement situées dans les zones relativement calme sur le plan sécuritaire.
La production prévisionnelle des autres cultures vivrières (niébé, voandzou, patate et igname) estimée à 1 081 426 tonnes, est en hausse de 1,58% par rapport à la campagne agricole passée et de 21,35% par rapport à la moyenne quinquennale. Parmi ces cultures, les hausses les plus importantes par rapport la moyenne des cinq ans sont attendues pour le niébé soit une variation de +23,14%.
La production prévisionnelle des cultures de rente est estimée à 1 622 737 tonnes soit une hausse de 2,12% par rapport à la campagne agricole 2022/2023 et de 8,26% par rapport à la moyenne quinquennale. Cette tendance haussière est imputable à celle du soja (67,16%) et de l’arachide (39,39%).
Les prix des principales céréales sur les marchés agricoles de collecte ont évolué à la baisse par rapport à l’année passée mais demeurent supérieurs aux prix moyens des cinq dernières années. La baisse annuelle des prix est la conséquence de la bonne performance de la campagne précédente de 2022/2023 expliquant une bonne disponibilité sur les marchés agricoles accessibles. La même tendance est constatée sur les marchés de détail avec les prix des principales céréales en octobre qui sont en baisse respective de 17%, 8% et 5% pour le mil local, le sorgho et le maïs. Comparé à la moyenne des cinq dernières années, le niveau des prix reste supérieur avec des variations moyennes de +29%, +31% et de +41%, respectivement pour le maïs, le mil et le sorgho. Sur certains marchés tels que Arbinda, Markoye, Nouna, Kompienga et Djibo, il est enregistré des hausses de prix de plus de 50% pour les céréales.
L’approvisionnement irrégulier de certains marchés est conditionné par des convois militaires et/ou des ponts aériens limitant les flux des céréales de base des zones de production vers les régions déficitaires des parties nord du pays.
Concernant les marchés à bétail, l'offre des animaux, surtout celle des petits ruminants, est importante sur la majorité des marchés suivis qui sont situés dans les zones relativement calme (du fait du cantonnement des acteurs autours des localités relativement calme sur le plan sécuritaire). Les variations moyennes annuelles des prix sont stables pour le taureau (+6%), pour le bélier (-2%) et le bouc (2%). Les variations quinquennales sont de +25%, +23% et +2%, respectivement pour le bouc, le bélier et le taureau. Sur le marché de Dori, des baisses quinquennales des prix de tous les animaux sont enregistrées en raison de la faiblesse de la demande et du pouvoir d’achat des acteurs. Par ailleurs, les TDE sont en légère hausse de 8% par rapport à la moyenne des cinq ans. Cependant, des baisses de variations allant de 6% à Fada à 33% sur les marchés dans les zones à fort défi sécuritaire sont enregistrées