Burkina Faso

Burkina Faso : Bilan de la réponse humanitaire (janvier à juin 2021)

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Analyse qualitative bilan premier semestre

Le second trimestre de 2021 a été marqué au Burkina Faso par un accroissement de la violence ciblant principalement les populations civiles. En effet de 86 personnes civiles tuées dans 105 incidents sécuritaires entre le 1er janvier et le 31 mars 2021, il est dénombré à la date du 30 juin 2021, 298 civiles tuées dans 300 incidents sécuritaires liés aux violences contre les civils. L’attaque enregistré à Solhan (ville de la région du Sahel) dans la nuit du 4 au 5 juin 2021, où plus de 132 personnes ont trouvé la mort, a été jusqu’ici, la plus grande attaque que le Burkina Faso ait connu depuis le début de la violence en avril 2015.
Cette situation de violence de grande ampleur dans les régions du Sahel, de l’Est et du Centre-Nord, a poussé plus de 280 000 personnes en deux mois et demi à fuir leur domicile pour rechercher la sécurité avec son corolaire d’accroissement des besoins humanitaires. La recrudescence des explosions des EEI et aussi le mauvais état des routes en saison pluvieuse (mai à octobre) a rendu encore plus difficile le travail des acteurs humanitaires sur le terrain.
Au cours des six premiers mois de l’année, la réponse humanitaire au Burkina Faso a pu toucher 1,6 millions de personnes en besoin, une légère baisse en comparaison avec la même période en 2020, quand 1,8 millions ont reçu de l’assistance humanitaire. Plus importante que la valeur absolue de la différence entre les deux chiffres, la diminution en termes de proportion des personnes atteintes par rapport aux personnes cibles – de 69% du cible atteint en 2020 à 55% du cible atteint cette année est une préoccupation pour la communauté, seulement renforcée par la réduction de la quantité d'assistance reçue par les personnes atteintes par l'aide ; par exemple, les rations réduites distribuées par le Programme alimentaire mondial (PAM) depuis janvier 2021.
Face à l’augmentation par 60% des besoins dans le premier semestre de 2021 en comparaison avec la même période de l’année précédente – 3,5 millions personnes en besoin de l’aide humanitaire et 2,9 millions ciblés en comparaison avec 2,2 millions en besoin et 1,8 millions ciblés en 2020 – la faible augmentation des ressources financières mobilisées – US$ 108 millions en 2021 en comparaison à US$ 98 millions en 2020 – est une source de grave préoccupation pour la communauté humanitaire.
Néanmoins, les efforts concertés pour un meilleur accès incluent le dialogue avec les militaires et la mise en ouevre des recommandations issues de l’analyse des contraintes d’accès dont l’utilisation des services UNHAS et l’engagement auprès des communautésont résulté dans la reprise des activités humanitaires dans des zones qui restaient difficiles sinon inaccessibles en 2020, telles que Tin-Akoff et Arbinda à la province de l’Oudalan et Djibo à la province du Soum dans la région du Sahel, et au sud-est du pays.
Le sous-financement de la réponse contraigne les acteurs à parfois opérer des choix en vue de répondre aux besoins les plus urgents et le plus rapidement possible. Les efforts de plaidoyer doivent donc continuer à se renforcer à tous les niveaux et ceux principalement sur la protection des personnes vulnérables et leur meilleur accès à l’assistance humanitaire.
Pour ce faire, il est également impératif que la communauté humanitaire améliore encore d’avantage, les mécanismes de redevabilité envers les communautés affectées. De l’analyse des données il ressort que seulement 20% des organisations engagées dans la réponse affirment disposer d’un mécanisme de redevabilité fonctionnelle.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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