Burkina Faso: Attaques armées à Arbinda, Flash Update No. 2 (16 avril 2019)

POINTS SAILLANTS

• Le 31 mars 2019, des attaquants armés ont pris d'assaut la ville d'Arbinda, tuant un chef religieux local. Cette attaque a déclenché des affrontements ayant coûté la vie à plus de 60 personnes.

• Les enregistrements sont en cours pour déterminer le nombre de personnes déplacées par ces violences.

• Le 6 avril, le gouvernement a transféré 300 personnes d'Arbinda vers la ville voisine de Kelbo, après que celles-ci aient exprimé leur crainte de devenir la cible de représailles.

• Les besoins prioritaires sont l'eau, l'assainissement, les abris, les articles ménagers de base et la protection.

• Le gouvernement et les organisations humanitaires fournissent une assistance.

• L'accès à la zone touchée reste difficile en raison de l'insécurité.

APERÇU DE LA SITUATION

Le 31 mars, des assaillants armés ont pris d'assaut la ville d'Arbinda, dans la province du Soum, dans la région du Sahel, tuant un chef religieux local et six membres de sa famille. L'attaque a déclenché des affrontements intercommunautaires dans plusieurs villages autour d'Arbinda, entraînant la mort de plus de 60 personnes. La ville d'Arbinda accueillait déjà 14 289 déplacés internes ayant fui l’insécurité et les violences avant l'attaque du 31 mars. Les enregistrements sont en cours et ce chiffre sera revu à la hausse. Près de 80% des personnes déplacées ont trouvé refuge dans des communautés hôtes.

Le gouvernement a déplacé quelque 300 personnes appartenant à la communauté Peulh vers la localité de Kelbo, au sud d’Arbinda. Les déplacés d’origine Peulh, qui avaient fait cette demande de délocalisation, avaient au départ trouvé refuge dans l’enceinte du bureau du maire d’Arbinda, par crainte de représailles à la suite de l’assaut du 31 mars. Le gouvernement et les organisations humanitaires fournissent des vivres, de l’eau, une aide médicale et des services d’assainissement aux personnes déplacées à Arbinda et Kelbo. L’insécurité reste toutefois un obstacle pour les opérations humanitaires.

Les attaques armées et l'insécurité dans les régions de l'Est, du Centre-Nord, du Nord et du Sahel au Burkina Faso ont déclenché une urgence humanitaire sans précédent. Plus de 138 000 personnes ont été forcées de quitter leur foyer, dont plus de la moitié depuis le début de l’année 2019. Quelque 357 écoles ont été rouvertes en mars, 954 écoles restent fermées, privant toujours quelque 119 000 enfants d’éducation. Environ 250 000 personnes n'ont plus accès aux soins médicaux, les centres de santé ayant été fermés de force ou ayant réduit leurs services. Les organisations humanitaires intensifient leurs opérations pour appuyer l'action menée par le Gouvernement et fournir une assistance et une protection vitales aux personnes déplacées et aux autres personnes dans le besoin. En 2019, la communauté humanitaire lance un appel de 100 millions de dollars pour venir en aide à 900 000 des 1,2 million de personnes les plus vulnérables. Au 15avril, 21% des fonds avaient été engagés.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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