Burkina Faso

Burkina Faso : Alerte de la sécurité alimentaire, 8 décembre 2009

Sécurité alimentaire stable en dépit des inondations historiques du 1er septembre 2009

Les inondations du 1 au 3 septembre à Ouagadougou, Boucle du Mouhoun, Est, Centre Est, Centre, Centre Nord, Centre Sud, Plateau Central et le Nord ont causé des pertes en vie humaine, des destructions de logements, des pertes de moyens de production et d'existence, de culture et d'infrastructures hydro?agricoles affectant environ 119.356 personnes. Les enquêtes récentes ont montré que les dégâts sur les cultures sont faibles. Sur le plan national, les superficies de cultures céréalières et maraichères inondées sont d'environ 22.200 hectares, soit 0.6 pour cent des superficies totales emblavées en céréales. Trois cent trente hectares des superficies maraichères ont été endommagés à Ouagadougou et ses environs et 2004 ha sur l'ensemble du pays, ce qui traduit en une perte d'un pour cent de la production maraîchère nationale. Malgré ces pertes, aucune hausse des prix des céréales ni des produits maraîchers n'est constatée. La mobilisation de l'Etat et ses partenaires a permis jusque là d'assister convenablement les sinistrés sur le plan alimentaire, matériel, sanitaire, de logement, etc. Les sinistrés usent de stratégies pour recouvrer les moyens de production et faire renaître leurs activités. L'évacuation programmée des sites actuels d'hébergement à Ouagadougou par le Gouvernement est un signe de retour à la normalisation. Aucun impact significatif sur la sécurité alimentaire nationale n'est prévu, et aucun besoin extraordinaire au delà des projets déjà en cours ne s'avère nécessaire.

Les ménages vivant de l'activité de production maraichère, du petit commerce d'articles divers (secteur informel), d'artisanat installé le long des principales artères de la ville sont les plus affectés par la perte des moyens de production. La plupart des ménages sinistrés oeuvrant dans le secteur informel, y compris le commerce d'articles situé le long des principales, a repris les activités malgré les dégâts enregistrés, ce qui permet d'acquérir quelques revenus. Dans la province du Kadiogo, le barrage de Saaba a été complètement détruit, ce qui réduit considérablement la pratique de la culture maraîchère. Sur les autres sites maraîchers endommagés, la courte durée du cycle de production de ces cultures permet à bon nombre de personnes d'entamer un nouveau cycle de production tant que les semences sont disponibles.

Sur les nouveaux sites de regroupement, l'alimentation est toujours assurée par l'Etat, les humanitaires et divers autres donateurs. En cette période de récolte, l'approvisionnement des marchés est normal dans la capitale et les prix sont à la baisse. Aussi, l'approvisionnement des différents marchés de la capitale en légumes frais reste normal. Si les différentes actions de soutien au relogement et au recouvrement des moyens de production sont mises en oeuvre, l'impact des inondations sur la sécurité alimentaire des populations affectées sera résolu.

La reprise progressive des activités par les personnes sinistrées et la baisse actuelle des prix des permet l'accès à la nourriture sur les marchés. Toutefois les ménages les plus vulnérables, ceux pauvres dirigés par des femmes, les handicapés, PVVIH etc., auront besoin d'assistance alimentaire en plus de l'aide au relogement. A partir de mars, la hausse saisonnière des prix des céréales conjointement avec la fin de la saison maraîchère diminuera l'accès aux aliments. Les besoins alimentaires pourront être couverts par les filets habituels. Afin de renforcer la situation alimentaire des personnes sinistrées et leur permettre d'assurer leur propre alimentation pendant cette période, les ménages affectés auront besoin d'appui aux moyens d'existence jusqu'à l'arrivée des nouvelles récoltes en septembre 2010.