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Bulletin hebdomadaire d'information No. 128 pour l'Afrique de l'Ouest

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NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA)
Réseaux d'Information Régionaux Intégré (IRIN)
(du 8 au 14 juin 2002)

LIBERIA: Les agences humanitaires ont accès aux camps de Sinje

Une équipe de l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) qui a visité les camps vendredi a informé que la situation à l'intérieur et autour des camps s'était améliorée. « Si la tendance continue, nous retournerons dans les camps lundi », a indiqué à IRIN vendredi le représentant adjoint du HCR, Theophilus Vodounou.

"Les miliciens qui étaient entrés dans les camps et terrorisaient les réfugiés ont reçu l'ordre de partir d'officiers du ministère de la Défense », a affirmé M. Vodonou.

Les camps de Sinje, a précisé M. Vodounou, hébergent quelque 11 000 réfugiés et autant de déplacés à l'intérieur. Un nombre égal de réfugiés, qui vivent côte à côte avec des déplacés à l'intérieur, se trouve dans le camp de Zuannah, près de Monrovia, o=F9 il y a 3 000 réfugiés et plus de 10 000 déplacés à l'intérieur, a-t-il ajouté.

Cependant, la politique du gouvernement libérien consiste à ne pas laisser les réfugiés et les déplacés vivre côte à côte et ce « pour des raisons de sécurité ». Le gouvernement a alloué un site à Sinje et un autre à Segbeh (près de Monrovia) en vue du transfert des déplacés en provenance des camps de Sinje et de ceux venant de Zuannah respectivement.

"Nous dialoguons actuellement avec les NGO afin de construire des camps pour que les déplacés à l'intérieur puisse venir », a ajouté M. Vodounou.

Une équipe du Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires (BCAH/OCHA) et celle du Programme alimentaire mondial (PAM) ont également visité les camps en début de semaine et préparent la prochaine phase d'opération, a indiqué une source humanitaire.

D'autre part, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a offert mercredi des produits non alimentaires à environ 138 lépreux et à 400 membres de leurs familles qui ont trouvé refuge dans le camp de Sinje, apprend-on dans un communiqué émanant du CICR.

Une équipe de délégués, a précisé le CICR, qui était allée évaluer la situation des déplacés dans la localité, a découvert les lépreux qui ont dû fuir au début du mois les combats près de la localité de Kolakare, dans le nord du Liberia.

"Abandonnés par tous et en guenilles, ils sont enfin arrivés à un camp à Sinje anciennement utilisé par des réfugiés sierra léonais qui furent rapatriés pour la plupart au début de l'année », précisait le communiqué.

Les camps de Sinje n'ont pas été accessibles pendant plusieurs semaines à cause des combats acharnés entre les rebelles des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), qui luttent depuis 1998 pour renverser le gouvernement du président Charles Taylor, et les forces gouvernementales.

Les agences humanitaires ont pu accéder cette semaine aux camps de Sinje, situés à environ 50 km au nord-ouest de la capitale libérienne, Monrovia, qui étaient isolés à cause des récents combats, ont déclaré à IRIN des travailleurs humanitaires à Monrovia.

LIBERIA: Taylor est plus intéressé par l'initiative de Rabat

Le président Charles Taylor du Liberia a déclaré à une mission militaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) que son gouvernement était plus intéressé par la réunion proposée la semaine prochaine au Maroc pour résoudre la crise qui perdure avec les pays voisins, a indiqué à IRIN une source diplomatique à Monrovia. M. Taylor aurait souligné que son gouvernement n'était pas prêt à engager des négociations avec les rebelles du mouvement Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD).

La mission de la CEDEAO est arrivée au Liberia pour discuter des plans en vue de la tenue de pourparlers de paix entre le gouvernement et le LURD. La mission intervient après une décision de la CEDEAO tendant à essayer de mettre fin à la crise libérienne en organisant une table ronde entre le LURD et le gouvernement du président Taylor.

La réunion, prévue pour le 20 juin à Rabat, au Maroc, fait suite à une autre rencontre organisée en février à l'initiative du roi Mohammed VI entre les présidents du Liberia, de la Guinée et de la Sierra Leone. Il est attendu que Rabat II concrétise les décisions antérieures qui, entre autres choses, invitaient à un déploiement de troupes le long des frontières communes des pays du fleuve Mano. Les enjeux sont la relance de l'union trilatérale et la reprise des relations amicales entre les trois.

La fragilité de la situation au Liberia, en particulier au cours des derniers mois, est le résultat de la recrudescence des combats entre les forces libériennes et le LURD dont l'objectif est de renverser M. Taylor. Des combats ont été signalés cette semaine dans les comtés de Bong et de Tubmanburg.

Le LURD a proclamé mardi qu'il a capturé Suehn, à 35 km au nord de Monrovia, et qu'il a bloqué les forces qui lui sont hostiles dans le district de Kailahun, en Sierra Leone. Il n'y a pas eu de confirmation indépendante des proclamations des rebelles.

GUINEE EQUATORIALE: L'Union européenne et Amnesty critiquent le procès

Amnesty International (AI) et le Parlement européen (UE) ont qualifié d' 'inéquitables' le procès récent et les sentences prononcées contre des dirigeants de l'opposition, qui ont été accusés de comploter pour renverser le gouvernement.

Amnesty a a invité mardi les autorités de la Guinée équatoriale à organiser, dans un délai raisonnable, un nouveau procès des 68 dirigeants de l'opposition condamnés à des peines allant de 6 à 20 ans de prison, ou de les libérer car les « sentences ont été prononcées à l'issue d'un procès inéquitable oú aucune preuve n'a été présentée contre aucun accusé », a indiqué Amnesty. En outre, l'organisation internationale de protection des droits de l'homme a demandé l'ouverture d'une enquête au sujet des allégations de torture des accusés avant et pendant le procès.

A l'ouverture du procès le 23 mai, 144 hommes étaient sur les bancs des accusés. Soixante-huit ont été condamnés et 76 autres ont été remis en liberté. Parmi les condamnés, Felipe Ondo Obiang et Guillermo Nguema Ela, de la Fuerza Democratica Republicana, d'opposition, ont écopé d'une peine de 20 et 14 ans de prison respectivement. Placido Miko, secrétaire général du principal parti opposant, Convergencia para la Democracia Social, a été condamné à 14 ans.

L'Union européenne, par le biais de son parlement, a passé une motion de censure contre les sentences, a condamné les allégations de torture et de mauvais traitement, et a demandé que le gouvernement cesse de harceler les opposants. L'UE a également invité le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema à "honorer son engagement vis-à-vis de la communauté internationale d'entamer une transition véritable vers la démocratie en appelant à l'organisation d'élections libres », a rapporté vendredi le journal espagnol ABC. Une autre ONG de défense des droits de l'homme, la Fondation internationale Olof Palme, a déclaré que le procès avait des motifs politiques qui visent à éliminer l'opposition avant les élections de février 2003.

Le procès a fait resurgir des informations contradictoires concernant la situation des droits de l'homme et sociopolitique du pays.

Tandis que l'ex-représentant spécial des Nations Unies pour la Guinée équatoriale, Guastavo Gallon Giraldo a averti que la situation en matière des droits de l'homme allait en se détériorant et qu'elle méritait une surveillance étroite, la Commission de l'ONU pour les droits de l'homme l'a désapprouvé, a refusé de proroger son mandat et a décidé « d'encourager le gouvernement [de Malabo] à mettre en oeuvre un plan national d'action sur les droits de l'homme ». [Le rapport d'Amnesty est disponible sur http://web.amnesty.org/ai.nsf/recent/AFR240092002!Open ]

GUINEE-BISSAU: Le projet d'amnistie est jugé inconstitutionnel

Le président Kumba Yala, qui avait fait part de son intention d'accorder une amnistie aux personnes accusées de participation à la tentative de coup d'état de décembre 2001, n'est pas habilité à le faire car il s'agit d'une prérogative de l'Assemblée nationale, a indiqué à IRIN une source diplomatique.

M. Yala avait fait l'annonce mardi devant des diplomates internationaux dans la capitale Bissau. Or, seul le parlement est habilité à accorder une amnistie, sur une requête du président, a expliqué la source.

Les partis d'opposition ont estimé que le projet de M. Yala était inconstitutionnel et ont demandé que l'amnistie inclut également les personnes impliquées dans les événements politiques et militaires depuis 1980.

L'amnistie proposée coïncide avec une autre tentative de coup de force qui vient d'être déjouée en mai, si l'on en croit le gouvernement. Mais comme ce fut le cas en décembre, l'annonce en a surpris plus d'un car il n'y a pas eu de signes visibles d'agitation, a noté la source.

"Il y a un calme suspect » en Guinée-Bissau, a déclaré la source jeudi, ajoutant que « tous les ingrédients de l'instabilité » sont réunis dans le pays.

MONDIAL: Publication d'un nouveau rapport sur le travail des enfants

Pour marquer la première Journée mondiale contre le travail des enfants, l'Organisation internationale du travail (OIT) a publié mercredi un nouveau rapport stipulant que des millions d'enfants sont encore employés illégalement.

Le rapport - 'Un avenir sans le travail des enfants ' - indique que 246 millions d'enfants de moins de 17 ans sont soumis au travail des enfants, mettant en péril leur bien-être moral,mental ou physique. Près de 8,4 millions d'enfants sont encore exposés « aux pires formes de travail », notamment le servage, les conflits armés et la pornographie, dénonce le rapport.

En dépit des efforts internationaux accrus, la communauté internationale doit continuer à mener une lutte acharnée contre le travail des enfants, a déclaré mercredi le directeur général de l'OIT, Juan Somavia.

Le Rapport mondial du BIT sur le travail des enfants est publié en ligne: http://www.ilo.org/public/english/standards/decl/publ/reports/report3.htm

GHANA: Nouvelles inondations

La France et la Banque mondiale ont fait don respectivement de 5 millions et de 3,2 millions de dollars pour aider le gouvernement du Ghana à faire face au problème constant des inondations après que 123 millimètres de pluie se soient abattus sur la capitale, Accra, et sur la ville de Kumassi entre dimanche et lundi matin. La France a promis 11 millions de dollars supplémentaires.

Les dons seront surtout utilisés pour restructurer les drainages.

D'après un rapport de situation émanant du coordinateur résident de l'ONU à Accra, le bureau régional de l'Organisation nationale de gestion des catastrophes a indiqué qu'environ 2 000 personnes ont été affectées par les inondations. L'aide humanitaire a été fournie par le personnel militaire qui a utilisé des embarcations pour évacuer la population tandis que l'Organisation a apporté aux victimes des tentes et des couvertures. Le service météorologique national a souligné cette semaine que la saison des pluies ne faisait que commencer et qu'il fallait s'attendre à plus de pluies.

Au cours des dernières années, le Ghana a été frappé par des inondations durant les saisons pluvieuses en partie en raison des mauvais systèmes de drainage. Six personnes ont été tuées en 2001.

CAMEROUN: Les droits de l'homme sont fondamentaux pour le développement, affirme Robinson

Le respect des droits de l'homme devrait être la pierre angulaire du développement de l'Afrique, a affirmé vendredi la Haut Commissaire des droits de l'homme, Mary Robinson, lors de l'inauguration d'un centre régional sur les droits de l'homme au Cameroun.

Le Centre sous régional de l'ONU pour les droits de l'homme et la démocratie en Afrique centrale, sis dans la capitale camerounaise, Yaoundé, vise à promouvoir les droits de l'homme et à encourager la primauté du droit dans la région.

Il renforcera le travail de plusieurs organisations des droits de l'homme et de la société civile, aidera à la formation et fournira une assistance financière et technique aux organisations non gouvernementales de défense des droits de l'homme.

Le fait d'établir le centre au Cameroun souligne le désir des Nations Unies de promouvoir les droits de l'homme dans les pays d'Afrique centrale, a expliqué Mme Robinson qui effectue une visite de deux jours au Cameroun.

"L'Afrique centrale qui comprend la région des Grands Lacs, [a connu] des conflits armés dont l'impact transfrontière est important. Les conflits ont eu des répercussions négatives sur les droits de l'homme, notamment sur les droits culturels, sociaux, économiques, politiques et civils, ainsi que sur le fonctionnement même des institutions non étatiques et étatiques », a souligné Mme Robinson.

Le secrétaire général de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale, Louis-Sylvain Gomba, a promis que la communauté allait collaborer avec le centre sous régional en vue de la promotion des droits de l'homme.

La cérémonie a marqué l'inauguration officielle mais le centre est opérationnel depuis mars 2001. Dirigé par l'éthiopien Teferra Shiawl-Kidanekal, il se penche sur la situation des droits de l'homme en Angola, au Burundi, au Cameroun, dans la République centrafricaine, au Congo, dans la République démocratique du Congo, en Guinée équatoriale, au Gabon, au Rwanda et dans la Sao Tomé-et-Principe.

NIGERIA: 237 millions de dollars pour la santé et la réduction de la pauvreté

La Banque mondiale a approuvé le 7 juin des prêts de 237 millions de dollars en vue d'améliorer le secteur de la santé au Nigéria et de mettre en oeuvre des programmes de réduction de la pauvreté. Cent-vingt-sept millions de dollars seront utilisés pour redresser l'administration du système de santé dans 35 des 36 Etats du Nigéria, tandis que les 110 millions qui restent serviront à l'amélioration des conditions de vie dans les zones urbaines de sept Etats sélectionnés, a informé la Banque mondiale dans un communiqué de presse.

D'après la Banque mondiale, la paupérisation a conduit à une détérioration des services sociaux dans tout le pays.

BURKINA FASO: La Hollande apporte son soutien à la réduction de la pauvreté

Le Burkina Faso et la Hollande ont signé un accord jeudi par lequel le gouvernement néerlandais versera 21 milliards de francs CFA (30 millions de dollars) destinés à soutenir une stratégie d'atténuation de la pauvreté d'une durée de trois ans.

L'accord tend à appuyer le programme de la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (2002-2004) de ce pays d'Afrique de l'Ouest, apprend-on dans un communiqué conjoint signé par le ministre des Finances du Burkina Faso, Jean Baptiste Compaoré, et par l'ambassadeur de la Hollande, Alphonse Hennekens.

Le montant sera alloué à des secteurs bénéficiant aux personnes les plus vulnérables dans le pays et contribuera à atténuer les inégalités de développement entre les régions du pays, ajoute le communiqué.

M. Hennekens a indiqué que les fonds ont été alloués, entre autres raisons, car le Burkina Faso a été l'un des premiers pays de la région à adopter une stratégie de réduction de la pauvreté. « Le Burkina Faso a mis en oeuvre une politique macroéconomique prudente qui soutient la croissance économique », a-t-il précisé.

En 2001, le gouvernement néerlandais a alloué 12 millions de francs CFA (13 millions de dollars) en faveur des programmes de réduction de la pauvreté au Burkina Faso.

SIERRA LEONE: 42,8 millions de dollars d'allègement de la dette

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé l'octroi de 42,81 millions pour alléger la Sierra Leone de 80 pour cent de ses obligations au titre du service de la dette, a annoncé la BAD mercredi.

La réduction, consentie dans le cadre de l'Initiative en faveur des pays pauvres lourdement endettés (HIPC), aidera le pays à réserver davantage de ressources à la réduction de la dette grâce à une bonne gouvernance, à une prestation de services sociaux de meilleures qualité, à une relance de l'économie et à une stabilité politique, stipule le communiqué de presse.

L'appui se concentre également sur une amélioration des conditions de vie des groupes les plus vulnérables tels que les rapatriés, les réfugiés et les victimes de la guerre, en leur offrant des activités génératrices de revenus et de meilleurs services sociaux.

Le Rapport 2001 sur le développement humain, publié par le Programme des Nations Unies pour le développement, a indiqué que 68 pour cent des Sierra Léonais vivaient au-dessous du seuil de pauvreté en 1999, alors que le ratio du service de la dette du pays représentait 3,2 pour cent du produit intérieur brut.

AFRIQUE : Il faudrait appuyer le NEPAD, recommande un comité d'experts

Un comité d'experts indépendants de l'ONU a exhorté les Nations Unies mardi à appuyer le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) comme la meilleure option du continent pour la croissance et le développement car les initiatives internationales de la décennie écoulée ont « failli» au continent. Les recommandations du comité sont contenues dans son rapport sur le Nouvel ordre du jour des Nations Unies pour le développement de l'Afrique, un effort international conduit par l'ONU en vue d'insuffler un élan au développement de l'Afrique dans les années 1990. La décennie écoulée a été une « autre décennie de mauvaise performance économique », ont constaté les douze membres du comité, qui ont vivement invité l'ONU à « mettre tout son poids derrière la nouvelle stratégie formulée par les dirigeants africains, le NEPAD ».

[Le rapport intégral du comité est disponible sur www.http://www.un.org/ecosocdev ]

[FIN]

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