Bulletin hebdomadaire d'information No. 104 pour l'Afrique de l'Ouest

Report
from IRIN
Published on 31 Dec 2001
NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA)
Réseau d'Information Régionaux Intégré (IRIN)
(du 22 au 28 décembre 2001)

NIGERIA : Un homme avoue avoir assassiné le ministre de la justice

La police du Nigeria a affirmé détenir un homme de 27 ans qui a avoué être l'un des huit membres de la bande qui a tiré, dans la nuit du 23 décembre, sur le ministre de la Justice et procureur général, Bola Ige, dans sa résidence de la ville d'Ibadan au sud-est.

Le chef de la police de l'état d'Oyo au sud-ouest, Mike Okno, a déclaré au cours d'une conférence de presse jeudi à Ibadan, la capitale, que plusieurs suspects ont été arrêtés en plus de l'homme qui s'est rendu de lui-même à la police mercredi. Selon M. Okuo, l'homme, dont il n'a pas divulgué le nom, a affirmé qu'on lui avait promis un million de naira (8960.6 us $) pour le crime. M. Okuo a décrit les renseignements fournis par le suspect de "très utiles" et a précisé que ceux qu'il a nommés seraient arrêtés dans les 24 heures.

"Le meurtre d'Ige est le dernier d'une série d'assassinats politiques dans le sud-ouest du Nigeria, lié à l'hostilité farouche opposant le gouverneur Bibi Akande d'Osun, l'Etat natal d'Ige, et son adjoint, Ivyiola Omisore. Tous les trois sont membres du troisième plus grand parti politique du Nigeria, l'Alliance pour la Démocratie (AD). Il est de notoriété publique qu'Ige était un grand partisan de M. Akande.

Le sénat nigérian a commencé une session d'urgence en réaction à l'assassinat du ministre.

NIGERIA : Début des opérations du premier champ pétrolifère autochtone en mer

Le premier champ pétrolifère au large du Nigeria a commencé à fonctionner à la Noël dans l'Etat de Rivers, au sud-est, a rapporté mardi la télévision nigériane. Le champ pétrolifère d'Okono, l'un des deux champs découverts en mer par des ingénieurs nigérians en 1983, est désormais achevé après le forage de quatre puits, a annoncé la télévision publique. Sont ancrés aux quatre puits des navires-citernes de production flottante temporaire, de stockage et de chargement, qui peuvent emmagasiner jusqu'à 200 000 barils par jour, et traiter 20 000 autres par jour. L'exploitation de ce champ pétrolifère marque le début de la propre production du Nigeria du pétrole brut en mer, a souligné la télévision. L'autre champ pétrolifère nigérian en mer, Okpoho, doit entrer en service dans les dix-huit prochains mois.

SIERRA LEONE: Les combats au Liberia augmentent le nombre des réfugiés rapatriés

Le nombre des réfugiés sierra léonais rapatriés du Liberia, ravagé par la guerre, a fortement augmenté au cours des dernières semaines, a rapporté mercredi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Le HCR a indiqué que, depuis le 17 décembre, on estime que près de 1 300 réfugiés sont retournés dans leur pays en franchissant la frontière de Jendema, au nord-ouest de la capitale libérienne, Monrovia. Avant cette date, le nombre des rapatriés s'élevait à environ une douzaine par jour, a précisé l'agence pour les réfugiés.

La plupart des réfugiés vivait à Sinje II, à quelque 80 km au nord-ouest de Monrovia. L'accentuation des départs a été motivée par le conflit continu entre les rebelles, défavorables au gouvernement, et les forces gouvernementales dans le comté de Lofa, au nord du Liberia, par des informations faisant état d'exactions à l'encontre des réfugiés à Sinje II par des soldats libériens, et par l'amélioration des conditions de sécurité en Sierra Leone, à l'issue du désarmement des ex-combattants.

Les camps de Sinje I et II, qui hébergeaient 15 000 réfugiés Sierra Léonais environ, ont enregistré 1 500 nouveaux arrivants de Lofa au cours des derniers jours. Tout retour massif du Liberia - qui abrite 30 000 réfugiés sierra léonais - conjugué avec l'arrivée des réfugiés Libériens, exercerait une forte pression sur "des capacités d'accueil d'ores et déjà limitées en Sierra Leone", a averti le HCR.

De petits groupes civils du Liberia fuient également les combats et passent en Sierra Leone, a ajouté le HCR. Des combats entre les forces du gouvernement libérien et les forces hostiles au gouvernement se sont déroulés sporadiquement depuis 1998, entraînant des déplacements internes massifs. Après une nouvelle vague de violence qui a éclaté au nord-ouest du Libéria à la fin de novembre, les déplacés ont fui leurs camps, ce qui a poussé les agences de secours à réitérer leurs appels au gouvernement libérien et à la communauté internationale pour soutenir la réinstallation des déplacés dans des zones plus sûres. Le chef adjoint du PAM pour l'Afrique de l'ouest, Arnold Vercken, a indiqué lundi que les personnes ont fui les camps des déplacés à Jenemana et à Bopolu, dans le nord-ouest, pour un site provisoire à Sawmill, à 70 km de la capitale Monrovia. Tant Jenemana que Bopolu, désormais désertés, ont été saccagés et détruits. M. Vercken a indiqué que Sawmill hébergeait plus de 10 000 déplacés et qu'il pourrait en avoir plus de 20 000 dans les prochaines semaines si l'insécurité persistait. Toutefois, en tant que ville de passage pour les militaires allant sur le champ de bataille, Sawmill est potentiellement peu sûre, a affirmé M. Vercken, en ajoutant que les Nations Unies avaient demandé au gouvernement d'installer les personnes déplacées à Clay Junction à environ 50 km de Monrovia.

Il a indiqué qu'il y avait quelques inquiétudes au sujet du nombre élevé de jeunes hommes parmi les déplacés, qui étaient jusqu'ici surtout des femmes, des enfants et des personnes âgées.

La nouvelle tendance fait penser que des combattants hostiles au gouvernement pourraient avoir infiltré les déplacés.

Dans un communiqué publié mercredi, Refugees International (RI) a aussi exhorté la communauté internationale à procurer un soutien immédiat pour un nouveau transfert des déplacés.

SIERRA LEONE : Les affrontements de Koidu résolus

Une réunion de conciliation pour mettre fin aux derniers affrontements dans la ville de Koidu à l'est, s'est déroulée samedi, avec la participation de représentants des Nations Unies, du Front révolutionnaire uni (RUF), des Forces de défense civile (CDF), alliées au gouvernement, de jeunes et de personnes âgées locaux, a indiqué la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL).

La réunion, qui a identifié l'extraction minière anarchique et la collecte des revenus comme quelques unes des causes des affrontements, a convenu à l'unanimité d'arrêter l'extraction illégale à l'intérieur de la ville de Koidu, particulièrement le long des routes. Elle a aussi décidé que le président du Conseil municipal de la ville de New Sembehun commencerait la collecte des revenus et que toutes les personne déplacées serait autorisée à réoccuper leurs maisons.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a accepté à l'unanimité la semaine dernière, de prolonger de 11 mois l'interdiction sur les importations de tous les diamants bruts en provenance de la Sierra Leone, après avoir noté que tant les anciens rebelles que les forces alliées au gouvernement continuaient l'extraction illégale.

SIERRA LEONE : Le parlement approuve le nouveau système de vote

Le parlement sierra léonais a approuvé un nouveau système de vote qui sera utilisé aux élections législatives qui se tiendront en mai 2002, a annoncé lundi à IRIN le directeur adjoint à l'information, Dominic Lamin.

En vertu du nouveau "bloc de districts" approuvé par l'assemblée législative jeudi, les partis soumettront les noms des candidats dans chaque district électoral, et l'élection des représentants des partis sera basée sur le pourcentage des suffrages voté par les partis dans les districts. Il remplace un système de représentation proportionnelle en vertu duquel les partis obtiennent des sièges au parlement sur la base du pourcentage de voix qu'ils ont voté dans les différentes circonscriptions à travers le pays. Le nouveau système n'a pas bien été accueilli universellement. Dans un récent scrutin mené par une Campagne pour la Bonne Gouvernance non gouvernementale, presque 82 pour cent des sondés ont affirmé qu'ils ne comprenaient pas comment cela fonctionnait. A la question de savoir comment le gouvernement allait résoudre cette question, M. Lamin a indiqué que la commission électorale nationale allait lancer "une campagne d'éducation pour sensibiliser la population".

LIBERIA: Le CSNU révise la liste des interdictions de voyage

Le Conseil de Sécurité des Nations Unie a révisé mercredi sa liste de Libériens interdits de voyage international en vertu des sanctions imposées au début de l'année. La liste revue retient plusieurs officiels du gouvernement, notamment le président et des membres du Front révolutionnaire uni (RUF) de la Sierra Leone.

Ceux qui restent interdits, ont affirmé les Nations Unies mercredi, sont le président Charles Taylor, Sam "Mosquito" Bockarie, un membre du RUF, l'homme d'affaires européen Viktor Bout, le directeur des opérations de l'aéroport international Roberts, Randolph Cooper, et le ministre des Affaires étrangères, Monie Captan.

L'interdiction imposée initialement pour 12 mois est une réaction à l'évidente implication dans le trafic d'armes et de diamants à la fois par le gouvernement et par les officiels du RUF. Elle a été approuvée le 7 mars et a touché plusieurs autres ressortissants libériens, leurs épouses, le personnel militaire et d'autres personnes reconnues être compromises dans le trafic.

LIBERIA: Des avocats libérés après trois mois de détention

Deux avocats libériens ont été libérés cette semaine après trois mois de détention pour "outrage" à la Chambre basse du parlement, a confirmé à IRIN une source diplomatique dans la capitale Monrovia.

Marcus Jones et Ishmael Campbell ont été emprisonnés depuis septembre pour avoir qualifié d'inconstitutionnelle la détention du président de l'Association des avocats, Emmanuel Wureh, sur ordre de la chambre des représentants. Ils ont été aussi accusés "d'inciter d'autres avocats à boycotter toutes les assises du tribunal".

Les avocats ont observé un boycott de quatre semaines pour protester contre l'emprisonnement de leurs deux collègues.

L'agence d'information panafricaine (PANA) a indiqué jeudi que le président du parlement, Nyundueh Monokomana, a libéré les hommes sur intervention du président Charles Taylor "pour des raisons humanitaires et réconciliatrices".

GUINEE- BISSAU: Vingt neuf personnes arrêtées suite à un coup d'état

Vingt-neuf personnes ont été placées en garde à vue en Guinée-Bissau en liaison avec la tentative de coup d'état qui a eu lieu il y a trois semaines, a rapporté un média portugais citant les propos le 21 décembre du procureur général adjoint, Antonio Sedja Man.

Il a aussi affirmé que d'autres suspects s'étaient cachés et qu'ils étaient recherchés par les autorités, ont indiqué l'agence d'information 'LUSA' et la radiodiffusion portugaise (RTP).

Le coup d'état a eu lieu le 3 décembre. Parmi les détenus se trouvent l'ancien chef d'état major de la marine, Lamine Sanha, et un autre ancien chef des forces armées, Almani Camara.

Peu de détails ont été fournis sur la tentative de coup d'état ou sur l'enquête qui est menée par les militaires et par les services de sécurité, a signalé à IRIN une source diplomatique à Bissau.

AFRIQUE DE L'OUEST: La CEDEAO renforcera la sécurité, l'intégration et la lutte contre la traite humaine

La stabilité régionale, l'intégration et l'engagement pour lutter contre la traite humaine sont quelques uns des objectifs fixés par la 25ème session ordinaire du sommet de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), tenue les 20 et 21 décembre dans la capitale du Sénégal, Dakar.

Les dirigeants de l'Afrique de l'Ouest ont condamné les activités des groupes armées illégaux, en particulier ceux opérant à l'intérieur de l'Union du Fleuve Mano (Guinée, Liberia et Sierra Leone), a indiqué à IRIN une source proche de la CEDEAO. Ils ont aussi exprimé leur soutien pour le travail des agences humanitaires dans la région, mais ont appelé toute la communauté internationale à une contribution accrue pour instaurer la paix en Afrique de l'ouest et en particulier dans les pays en conflit, a ajouté la source. Ils ont aussi approuvé la création d'une seconde zone monétaire qui comprendra le Ghana, la Guinée, le Nigéria, la Sierra Leone et la Gambie, qui prendra effet en 2003. En 2004, la CEDEAO prévoit d'intégrer cette nouvelle zone monétaire à celle existante du CFA et de créer une monnaie unique [ La zone CFA ( Communauté franco-africaine) comprend les anciennes colonies françaises de la région, à l'exception de la Guinée ].

Les dirigeants ont aussi décidé de mettre en place des unités de police pour lutter contre la traite des êtres humains, habituellement des femmes et des enfants. Ils ont décidé qu'une formation spéciale serait assurée pour la police, les douanes, les fonctionnaires de l'immigration, les juges et les procureurs.

Une autre décision clé a été l'élection du secrétariat exécutif de la CEDEAO qui maintenant sera dirigé par Mohamed Ibn Chambas du Ghana. M. Chambas, qui a remplacé Lansana Kouyate de Guinée, pourra assurer deux mandats successifs de quatre ans. Le sommet a aussi nommé le président Abdoulay Wade du Sénégal comme président de la CEDEAO. Il remplacera le président malien Alpha Oumar Konaré.

La CEDEAO comprend le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Nigéria, le Sénégal , la Sierra Leone et le Togo.

AFRIQUE : Des financements des Nations Unies pour des projets des droits de l'homme

Les initiatives de la communauté des droits de l'homme à travers 20 pays, neuf d'entre eux en Afrique Subsaharienne, recevront de petites subventions d'un montant de 5000 us $ des Nations Unies, du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du Bureau du Haut Commissariat pour les Droits de l'Homme, a-t-il été annoncé lundi.

Le PNUD a affirmé que le projet, qui a commencé en 1998, soutient des activités qui peuvent avoir un impact important. Il a cité l'exemple d'une organisation appelée 'Liberia Prison Watch', qui a utilisé ses subventions pour veiller au respect des droits de l'homme dans les prisons et pour susciter une prise de conscience parmi les membres du système de justice criminel.

Le projet entre maintenant dans une nouvelle phase durant laquelle les subventions seront attribuées au Burkina Faso, au Burundi, aux Comores, à la République démocratique du Congo, à la Guinée, au Liberia, à Madagascar, à la Sierra Leone, à la Tanzanie et à d'autres pays situés à l'extérieur de l'Afrique Subsaharienne.

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