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Afrique Verte - Actualités - No. 45 - Mars 2007

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Des innovations dans les programmes au Mali et au Niger

Les causes de l'insécurité alimentaire au Sahel évoluent. Il y a encore quelques années, les familles sahéliennes produisaient des céréales, essentiellement pour leur auto consommation. Les problèmes alimentaires étaient concentrés dans les zones de faible production, généralement enclavées, difficiles à approvisionner. Aujourd'hui, les Sahéliens subissent les impacts de l'économie de marché ; ils vivent dans un système plus ouvert. Chaque famille vend une partie de sa production au moment des récoltes pour subvenir à ses besoins monétaires et se voit dans l'obligation d'acheter des céréales plus tard dans la saison, à un prix élevé, pour se nourrir. Rares sont les marchés mal approvisionnés, même en zone déficitaire, par contre les prix des céréales y demeurent élevés.

L'insécurité alimentaire n'est donc plus fonction de la capacité de production d'une région, c'est un indice de pauvreté des populations. Dans ce nouveau contexte, les collectivités locales sont de plus en plus sollicitées, notamment au Mali o=F9 les élus de la région, du cercle (département) et de la commune doivent gérer la sécurité alimentaire à leur niveau, souvent sans avoir été véritablement formés. C'est pourquoi Afrique Verte a initié dans ses nouveaux projets (financements Conseil régional Nord-Pas-de-Calais et Commission européenne notamment), un programme d'information formation sur les systèmes nationaux de prévention des crises, pour les élus et les responsables d'organisations paysannes afin qu'ils puissent mieux gérer leur sécurité alimentaire.

D'autre part, la malnutrition infantile persiste. Elle entraîne des retards de croissance et de développement cognitif. Différentes causes sont identifiées : manque d'information des mères qui ne savent pas que la complémentation de l'allaitement maternel est indispensable à partir de 6 mois, manque de capacité financière pour acheter des aliments infantiles enrichis : ils sont souvent importés, donc chers. Pourtant, il est possible de produire des aliments adaptés aux besoins alimentaires des enfants avec les produits locaux. Au Mali, Afrique Verte a monté un projet en partenariat avec l'association Misola, spécialisée dans la production de farines infantiles enrichies ; Misola partage notre stratégie d'intervention : promotion des produits et des savoir-faire locaux. Cette action participera à la lutte contre la malnutrition infantile. Nous espérons pouvoir monter d'autres programmes en partenariat, tant au Niger qu'au Burkina, pour améliorer l'impact de notre intervention.

Stabilité des prix des céréales

Fin 2006, les récoltes ont été bonnes ; les services techniques nationaux ont annoncé des bilans céréaliers nets excédentaires, ce qui devrait permettre d'éviter les pénuries de céréales sur les marchés.

Au cours du trimestre, les états ont lancé des appels d'offre pour procéder à la reconstitution des stocks nationaux de sécurité.

Le suivi du prix du mil au Burkina, Mali et Niger montre que le marché est calme, les prix sont relativement stables. Dans les zones d'intervention d'Afrique Verte, le sac de 100 kg de mil est partout inférieur à 15.000 FCFA, sauf au Niger dans les régions de Tillabéry et d'Agadez.

Les prix élevés sur Agadez s'expliquent par les coûts de transport (la région ne produit pas de mil). Sur Tillabéry, la production a été extrêmement hétérogène: la région est globalement excédentaire mais certains villages sont déficitaires à 95% ! D'o=F9 une forte demande et une pression sur les prix.