Des pays se joignent à l'initiative pour améliorer leurs perspectives de développement agricole

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from World Bank
Published on 27 Jul 2009 View Original
- L'AADAPT soutient des évaluations rigoureuses de projets agricoles

- Les évaluations compareront les résultats associés à un programme contre ceux qui auraient été obtenus en l'absence du programme

- L'AADAPT veut combler l'écart des savoirs dans les domaines de l'adoption des technologies agricoles, de l'irrigation et des infrastructures rurales, ainsi que la gestion des ressources naturelles

Les délégations de huit pays africains en développement sont arrivées à Addis-Abeba ce printemps avec un objectif commun, celui d'obtenir de meilleurs rendements sur leurs investissements dans l'agriculture.

Ils sont repartis avec un plan pour mesurer l'efficacité des programmes à l'aide d'une nouvelle initiative qui a pour but de découvrir ce qui fonctionne sur le terrain et ce qui ne fonctionne pas. L'initiative portant sur les adaptations agricoles ou AADAPT soutient des évaluations rigoureuses de projets de développement agricoles, appelées « évaluations d'impact ». Les principaux objectifs du programme sont de recueillir des connaissances au sujet des meilleures pratiques agricoles et de fournir les données nécessaires pour rendre les politiques et les programmes agricoles plus efficaces.

L'initiative a le potentiel de « changer radicalement la voie qui mène au développement agricole » et d'améliorer la vie de millions de petits agriculteurs et d'autres personnes vivant en milieu rural, dont les revenus et la survie même dépendent de l'agriculture, dit Arianna Legovini, directrice du groupe d'Évaluation de l'impact sur le développement de la Banque mondiale.

« Il est très important aujourd'hui de faire cela dans le cadre de notre programme agricole », affirme madame Legovini. « Ces pays étaient déjà très vulnérables face à la crise alimentaire et cette vulnérabilité pourrait s'accroître avec le changement climatique. Il est donc urgent d'investir dans les connaissances relatives à la croissance agricole et la sécurité alimentaire. »

Lors du récent sommet du G8 en Italie, les pays membres ont réitéré l'importance de la sécurité alimentaire et se sont dit inquiets de l'impact de la crise financière et des prix élevés des produits alimentaires sur les pays en développement, ainsi que du sous-investissement de longue date dans le domaine de l'agriculture.

11 pays se joignent à l'AADAPT

L'initiative AADAPT, une collaboration entre des pays en développement, la Banque mondiale et plusieurs partenaires, s'inscrit dans le cadre de l'effort renouvelé de la Banque mondiale pour placer l'agriculture au centre du programme pour le développement, tel que recommandé par le Rapport sur le développement dans le monde 2008.

Bon nombre de pays ont souffert de pénuries de vivres et de prix élevés au cœur de la crise alimentaire l'année dernière et plusieurs d'entre eux demeurent vulnérables. Près de 75 % des personnes pauvres du monde dépendent de l'agriculture pluviale pour survivre. Entre 2000 et 2025, le nombre d'Africains vivant dans des environnement pauvres en eau devrait augmenter de 300 à 600 millions.

Confrontés à certains de ces défis, l'Éthiopie, la République démocratique du Congo, le Ghana, le Malawi, le Mozambique, le Niger, le Nigeria et la Tanzanie ont participé aux ateliers d'inauguration de l'AADAPT à Addis-Abeba en avril. À ce jour, le Brésil, l'Inde et le Pérou se sont également joints à la nouvelle initiative.

« Nous dépensons beaucoup d'argent dans nos programmes et nous ne sommes pas certains que nos interventions soient efficaces et nous ne savons pas si ce que nous faisons est bien ou non », explique Tigist Redda, un participant à l'atelier originaire d'Éthiopie.

L'initiative favorise des politiques basées sur des faits

Dans le cadre de l'AADAPT, les équipes d'experts travailleront main dans la main avec les ministères gouvernementaux et les équipes de projet de la Banque mondiale pour mesurer l'impact des programmes en recueillant des données, en effectuant des sondages et en ayant recours à des groupes témoins, le cas échéant, pour évaluer les véritables résultats, déclare Stephen Mink, chef économiste de la Banque mondiale spécialisé dans le domaine de l'agriculture en Afrique.

Même s'il est vrai que les projets de la Banque mondiale comprennent en règle générale un processus de suivi et d'évaluation, l'AADAPT, qui dispose d'un financement initial de près de 1,2 million de dollars, offre des ressources supplémentaires, tant financières que techniques, pour « approfondir la causalité de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas », dit monsieur Mink.

Les évaluations d'impact de haute qualité qui sont dirigées par les pays eux-mêmes comparent les résultats associés à un programme aux résultats qui auraient été obtenus en l'absence du programme, note madame Legovini.

L'AADAPT veut combler l'écart des savoirs

L'initiative AADAPT tente en particulier de combler l'écart des savoirs en ce qui a trait aux questions suivantes :

- Comment accroître l'adoption de technologies agricoles ?

- Comment obtenir des rendements élevés sur les investissements dans l'irrigation et dans d'autres infrastructures rurales ?

- Comment réduire la vulnérabilité des populations rurales ?

- Comment gérer de manière durable les ressources naturelles ?

Les animateurs des ateliers ont aidé les délégations de chaque pays à élaborer un plan de travail pour tester les politiques agricoles en place et évaluer leur impact.

L'atelier de l'AADAPT a également donné naissance à une communauté de praticiens où les pays peuvent partager leurs expériences et leurs données et discuter en permanence de ce qui fonctionne. « Il ne s'agit pas seulement de savoir si les programmes fonctionnent, mais plutôt de savoir quels sont les éléments des programmes qui fonctionnent et qui rendront les programmes encore plus efficaces à long terme », souligne madame Legovini.

L'AADAPT cherche les bonnes mesures incitatives

À titre d'exemple, dans un cas particulier, il a été jugé plus efficace de fournir une petite subvention pour l'engrais tout de suite après les récoltes, lorsque les agriculteurs disposent de davantage d'argent pour acheter ce produit, plutôt que de donner une subvention plus importante plus tard dans l'année, lorsque les agriculteurs ont moins d'argent.

Patrick Verissimo, économiste principal de la Banque mondiale pour l'agriculture au Mozambique, affirme que l'AADAPT contribuera à déterminer si la formation de groupes d'épargne collective et la promotion de l'adoption de nouvelles technologies permettent d'accroître les revenus des petits agriculteurs et des ménages dirigés par des femmes.

L'AADAPT aide également à définir ce qui sera mesuré pendant un projet d'irrigation à venir, notamment pour savoir dans quelle mesure une meilleure gestion de l'eau donne lieu à une augmentation de la productivité dans les fermes, dit-il.

« L'AADAPT nous aide à intégrer l'évaluation de l'impact dans la conception de nos projets de manière que nous ne limitions pas à mesurer les résultats à la fin, mais tout au long du projet », déclare monsieur Verissimo.

Le but est de fournir les meilleurs conseils possibles

En ce qui a trait aux grandes infrastructures rurales, les pays ont besoin de trouver des façons d'obtenir des rendements élevés sur les investissements en transformant rapidement les systèmes de production agricole et en veillant à la viabilité financière et à l'entretien des opérations.

Savoir comment y parvenir est « un ingrédient essentiel pour que le secteur public soit intéressé et motivé à investir dans des infrastructures coûteuses, afin de réduire la vulnérabilité et accroître la croissance dans son pays », dit madame Legovini.

« L'idée est d'offrir les meilleurs conseils possibles en termes de contenu et de qualité des données qui sont recueillies dans chaque pays et également de permettre de les comparer d'un pays à l'autre, en les mesurant de la même manière. »

Des programmes similaires sont actuellement déployés dans les domaines de l'éducation, du paludisme, du VIH et de la gouvernance locale par l'Initiative du groupe d'Évaluation de l'impact sur le développement de la Banque mondiale et ses partenaires.

Les partenaires de la Banque mondiale dans l'initiative AADAPT sont l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires et plusieurs universités dont Oxford, Berkeley en Californie, Maryland, Padova et Yale. L'initiative bénéficie également du soutien du plan d'action du Groupe de la Banque mondiale contre la disparité et du Fonds d'affectation spéciale pour un développement écologiquement et socialement durable. La Gates Foundation soutient l'AADAPT par le biais de l'Étude sur la mesure des niveaux de vie dans le domaine de l'agriculture.