CONTEXTE
L’Afrique de l’Ouest et du Centre compte parmi les régions les plus vulnérables aux crises et aux catastrophes dans le monde. La flambée des conflits armés, de l’insécurité et de la violence, affectant aujourd’hui de vastes zones, et plus particulièrement le Bassin du lac Tchad et le Sahel Centre , a aggravé les besoins et vulnérabilités des populations, déraciné des communautés entières et eu d’importantes conséquences socioéconomiques. Fin 2020, plus de 11,5 millions de personnes étaient déplacées à l'intérieur de leur propre pays et la région comptait 1,9 millions de réfugiés.
Par ailleurs, exacerbées par la dynamique des conflits, le retour à la surface de griefs profonds, la déliquescence de l’accessibilité des ressources et la dégradation de l’environnement, les tensions montent entre communautés, générant des conflits parfois meurtriers et des déplacements de populations.
Les conflits et violences touchant l’Afrique de l’Ouest et du Centre mettent en péril les droits de la personne, et des violations des droits de l’Homme et exactions sont régulièrement commises. En outre, les crises auxquelles font face les pays de la région ont conduit à d’importantes violations des droits civils et politiques et des droits économiques et sociaux des populations, exacerbant une situation en termes de libertés politiques et de stabilité institutionnelle déjà fragile. Enfin, la situation des femmes et des enfants dans la région reste préoccupante, tandis que les violences basées sur le genre, les discriminations et diverses formes d’exploitation y compris la mendicité forcée et le travail des enfants perdurent et sont amplifiées dans le contexte des crises humanitaires.
Outre le fait qu’ils contribuent aux tensions entre communautés et sont un facteur important dans les conflits, les bouleversements climatiques et l’imprévisibilité des pluies, les sécheresses et inondations fréquentes, la rareté grandissante de ressources naturelles et la dégradation des sols menacent de plus en plus les moyens de subsistance de communautés hautement vulnérables. En conséquence, l’insécurité alimentaire et la malnutrition sont de plus en plus élevées et répandues avec des pics saisonniers plongeant de vastes zones rurales dans une grave crise. Ainsi, il est projeté que d’ici au mois d’août 2021, 80 millions de personnes dans la région pourraient faire face à des conditions de Crise, d’Urgence ou de Famine .
La crise du COVID-19 a également ajouté une complexité supplémentaire à la situation régionale. Il y avait près de 638 000 cas confirmés de COVID-19 dans les pays de la région au 30 avril 2021. Outre les conséquences économiques dérivées de la baisse des mobilités et des activités économiques liées aux mesures de lutte contre la propagation du coronavirus adoptées par les gouvernements ont affecté durablement les moyens de subsistance et la survie des populations. L’impact socioéconomique de la pandémie pourrait ainsi multiplier par deux le nombre de foyers ayant un besoin urgent de nourriture pour de communautés déjà confrontées à des pics importants d’insécurité alimentaire. La pandémie de COVID-19 a également exacerbé les risques en termes de violations des droits de la personne et de libertés civiques et politiques. Face à la pandémie de la COVID-19, le droit d’accès à la vaccination des populations marginalisées constitue un défi majeur dans la région.
Les besoins humanitaires financier en Afrique de l’Ouest et du Centre, s’élèvent à plus de 6,1 milliards de dollars américains par année et, en mai 2021, seuls 13% pour cent des besoins identifiés par les Plans de réponse humanitaire (Humanitarian Response Plan) dans la région étaient financés.
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