Benin

PROJEUNES Évaluation Finale : Prévenir les Mariages Précoces et Forcés au Bénin

Format
Evaluation and Lessons Learned
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

Résumé exécutif

Le projet PROJEUNES vise à promouvoir la santé sexuelle et reproductive (SSR) et les droits des adolescents et jeunes, filles et garçons, au Bénin en aidant à réduire les mariages précoces et forcés d'enfants (MPFE) dans les départements de l'Alibori et du Borgou. Il a été mis en œuvre dans 20 villages des départements de l’Alibori et du Borgou par CARE et ses partenaires. Ce rapport final couvre la période du 1 er avril 2018 au 31 mars 2021. Il inclue les données de fin de projet (endline).

Principaux résultats du projet

PROJEUNES a réalisé les principales activités planifiées dans le projet, du niveau des extrants au niveau des résultats. En ce qui concerne le résultat ultime 1000, qui visait à améliorer la santé et les droits des adolescentes à risque et des survivantes de MPFE au Bénin, les données finales de PROJEUNES ont révélé des augmentations remarquables des indicateurs-clés par rapport à la baseline :

  • Le taux de MPFE dans les zones ciblées par le projet est passé de 57% à la baseline à 23% à la endline

  • Le taux de natalité est passé de 16% à la baseline à 8% à la endline pour les adolescentes (15-19 ans); et de 74% à la baseline à 61% à la endline pour les jeunes filles (20-24 ans)

Aussi, le pourcentage des enquêté-e-s qui affirment connaître l’âge officiel de mariage des filles au Bénin a quasiment doublé entre la baseline et la endline, passant de 45% à 92%. Cette nette progression s’observe surtout chez les enquêtées de sexe féminin qui semblaient elles-mêmes ignorer à la baseline l’âge officiel de mariage des filles au Bénin. Par ailleurs, il est observé une réduction significative du nombre d’enquêté-e-s qui affirment que les MPFE sont très fréquents dans leurs communautés (4% à la endline contre 55% à la baseline). Néanmoins, pour plus d’un enquêté sur deux, le preneur de décision du mariage d’une jeune fille reste son père.

Concernant le résultat intermédiaire 1100, qui visait une utilisation accrue des services de santé sexuelle et reproductive (SSR) des adolescents, par les adolescents, filles et garçons, en particulier les filles survivantes et à risque de MPFE, le projet a réalisé des améliorations significatives entre la baseline et la endline :

  • La demande satisfaite pour les contraceptifs modernes chez les adolescentes (15-19 ans) est passé de 27% à 79%; et chez les jeunes femmes (20-24 ans) de 44% à 77%

  • La proportion adolescentes et adolescents (15-19 ans) et jeunes femmes et hommes (20-24 ans) satisfait-e-s des services de SSR reçus a connu une hausse exponentielle, passant respectivement de 63% à 99%, de 55% à 89%, de 66% à 98% et de 48% à 95%

Comparativement à la baseline, une nette amélioration du niveau de connaissance des textes ou lois sur les violences faites aux femmes et filles ou sur la SSR est observée à la endline. Environ 70% des enquêtés à la endline ont affirmé connaître au moins un texte ou une loi sur les violences faites aux femmes et filles ou sur la SSR contre 12% des enquêtés à la baseline. Aussi, le pourcentage des enquêtés qui affirment avoir entendu parler des différents moyens ou méthodes contraceptives a connu une légère augmentation à la endline en passant de 88% (95% des enquêtés de sexe masculin et 86% des enquêtés de sexe féminin) à la baseline à 91% (90% des enquêtés de sexe masculin et 91% des enquêtés de sexe féminin) à la endline. Une nette amélioration du taux d’adoption des méthodes contraceptives est observée entre la baseline et la endline. Le taux d’utilisation des contraceptifs a pratiquement doublé en passant de 26% à la baseline à 58% à la endline. Le pourcentage d’enquêtés qui mentionnant avoir reçu une visite d’un agent santé (y compris les relais communautaires) au cours des 12 derniers mois qui ont précédé la collecte de données a pratiquement doublé en passant de 25% à 45%.

Concernant le résultat intermédiaire 1200, qui visait une protection accrue des droits des adolescentes dans les départements de l’Alibori et du Borgou, le projet a réalisé des améliorations significatives entre la baseline et la endline :

  • Les proportions de personnes qui ne sont pas d'accord avec les violences sexistes ont augmenté entre la baseline et la endline, passant de 7% à 59% pour les adolescentes, de 32% à 74% pour les adolescents, de 15% à 63% pour les jeunes femmes, de 30% à 75% pour les jeunes hommes, de 16% à 54% pour les femmes et de 52% à 79% pour les hommes

  • 99 adolescentes survivantes de MPFE et 157 adolescentes vulnérables/à risque de MPFE ont été appuyées par le projet

Ainsi, des améliorations sont observées à la endline comparée à la baseline en termes de respect et de reconnaissance des droits des femmes et des filles. La plupart des enquêtés quelle que soit la tranche d’âge et quel que soit le sexe sont d’accord sur le fait que les femmes d’une part et les adolescentes d’autre part ont besoin d’informations et d’éducation sur la SSR afin de pouvoir faire leurs propres choix. Cependant, en ce qui concerne spécifiquement la possibilité pour une adolescente de se rendre dans un CS sans la permission de ses parents, d’utiliser des méthodes de contraception sans la permission de ses parents ou partenaire ou encore d’aller au CPS sans la permission de ses parents, plus de la moitié des enquêtés pensent que l’autorisation des parents est de mise. Ces résultats suggèrent que les parents ou plus globalement la famille demeurent une institution vitale au centre du changement d’attitudes et de comportements en lien avec la SSR et les droits des adolescentes dans la zone d’intervention du projet. De plus, en moyenne, les enquêtés à la endline connaissent deux bonnes pratiques en matière de SSR contre une moyenne d’une bonne pratique connue à la baseline.

Enfin, concernant le résultat intermédiaire 1200, qui visait à avoir des politiques et programmes du gouvernement et de la société civile renforcés sur les mariages précoces et forcés d’enfants, les VBG et la SSRD, le projet a réalisé une avancée majeure en terme de DSSR. Grâce au plaidoyer résultant des activités des cartes communautaires de performance (CCP – voir extrant 1321), le projet a obtenu la gratuité des services et produits de planification familiale (PF) dans les deux zones sanitaires d’intervention du projet (Malanville-Karimama et Nikki-Kalalé-Pèrèrè), ce qui pourrait expliquer l’utilisation plus grande des contraceptifs. On note par contre, des ruptures dans l’approvisionnement et la disponibilité des produits contraceptifs dans plusieurs CS.

En dépit de ces bonnes performances, quelques cibles sont restées non atteintes. Il s’agit de certains indicateurs en lien avec la prise de décisions en matière de SSR, la connaissance des textes et lois sur les violences faites aux femmes et filles, la connaissance des bonnes pratiques en matière de SSR, l’information sur les IST et le VIH/Sida et la connaissance des droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles.