Bulletin d'information No. 862 pour l'Afrique de l'Ouest

Report
from IRIN
Published on 05 Dec 2000
NATIONS UNIES
Bureau de coordination des affaires humanitaires
IRIN pour l'Afrique de l'Ouest
Tel: +225 22-40-4440
Fax: +225 22-41-9339
e-mail: irin-wa@irin.ci

MALI : Des bandits tuent un soldat dans le nord

Des bandits dans le sud du Mali ont tué un soldat et capturé quatre autres dimanche alors qu'ils escortaient des travailleurs médicaux dans le cadre d'une campagne de vaccination à domicile à Tin-Sako, une localité de la région de Kidal, a annoncé à IRIN le lieutenant-colonel Abdoulaye Coulibaly.

« Cela est regrettable car les forces armées participent à la mission humanitaire sur tout le territoire », a commenté M. Coulibaly ce mardi.

M. Coulibaly, qui est le chef du service d'information de l'armée, a informé que deux autres soldats étaient portés disparus. L'armée, a-t-il ajouté, est à la recherche des assaillants dont on ignore la force.

L'attaque survient deux semaines après une opération de ratissage de l'armée dans toute la région dans le but de nettoyer les territoires du nord des maraudeurs qui attaquent souvent les travailleurs locaux et humanitaires, et se saisissent de leurs véhicules.

[Voir dossier séparé intitulé 'MALI : More banditry reported in the north']

COTE D'IVOIRE : Calme apparent après les violences à Abidjan

Des manifestants ont affronté les forces de police pour le deuxième jour consécutif dans certains quartiers d'Abidjan, ont informé mardi les médias et d'autres sources. Pourtant, en milieu d'après midi, la ville était apparemment calme bien que les commerces et les transports publics ne soient pas tout à fait retournés à la normale.

Le gouvernement ivoirien a fait état de treize morts depuis le début des manifestations, lundi, contre l'exclusion du leader de l'opposition M. Alassane Ouattara des législatives du 10 décembre. Le Rassemblement des républicains (RDR) de M. Ouattara a estimé le nombre total des morts à une trentaine, selon l'AFP et d'autres organes d'information.

L'AFP a rapporté avoir vu des cadavres dans les rues de plusieurs quartiers. L'agence française de presse a également vu des jeunes, mains sur la tête, dans un camion militaire. D'autres ont démantelé des barricades sous l'oeil vigilant de la police.

Lundi soir, le gouvernement a annoncé l'état d'urgence et un couvre-feu de 21h GMT à 6h GMT tous les soirs du 4 au 12 décembre.

D'autre part, l'adjoint du porte-parole du ministère français des relations extérieures, M. Bernard Valero a déclaré mardi que la France était « sérieusement inquiète » de la situation en Côte d'Ivoire, et qu'elle avait pris des mesures de précaution telles que la fermeture des établissement scolaires français à Abidjan, a rapporté l'AFP.

« Nous sommes très préoccupés par la violence entre les manifestants du Rassemblement des républicains (RDR) et les forces de sécurité qui dure depuis deux jours maintenant à Abidjan », a ajouté M. Valero, cité par l'AFP.

COTE D'IVOIRE : Le porte-parole du RDR appelle à cesser les protestations

Le porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR) de l'opposition, M. Ali Coulibaly a appelé ce mardi à mettre un terme aux manifestations à Abidjan qui ont fait plusieurs morts.

Dans un message sur la radio publique, M. Coulibaly a estimé que la situation était « très inquiétante » et « déplorable ». Il a ajouté : « Si cette situation persistait, elle pourrait porter un grave préjudice à la paix sociale dans notre pays. Pour cette raison, et afin de faire cesser cette dangereuse escalade de la violence, nous faisons immédiatement un appel au calme ».

« Nous appelons à la cessation immédiate de toutes les manifestations susceptibles de faire perdre le contrôle de la situation », a-t-il dit. « Nous saisissons cette occasion pour présenter nos condoléances aux familles de tous ceux qui ont perdu leurs vies durant ces troubles, que ce soit les familles des forces de sécurité ou celles des manifestants ».

GHANA : Le parti au pouvoir l'emporte dans la bataille juridique sur la carte d'identité des électeurs

La cour suprême du Ghana a décidé que les cartes d'identité à empreintes digitales seront valables pour les élections de jeudi, octroyant ainsi une « victoire » au parti au pouvoir, selon la presse.

Le principal parti opposant, le New Patriotic Party (NPP) avait argué que les cartes d'identité à empreintes digitales permettraient au parti au pouvoir de remporter le scrutin, désormais très serré puisque la figure de proue du parti au pouvoir, le National Democratic Congress (NDC), M. Jerry Rawlings, achève son second et dernier mandat de président élu.

Le NDC avait souligné que comme 80 pour cent seulement des Ghanéens avaient les nouvelles cartes d'identité, le rejet des cartes à empreintes digitales écarterait un trop grand nombre d'électeurs.

La BBC a rapporté que plusieurs centaines de lanceurs de pierre partisans du NPP avaient manifesté devant le bâtiment de la cour suprême lundi mais qu'ils avaient été dispersés par la police qui a fait usage de gaz lacrymogènes.

GHANA : La commission électorale accrédite les observateurs du scrutin

La Commission électorale a indiqué que sept organisations locales et quatre internationales avaient été accréditées pour observer les élections générales du 7 décembre, a déclaré vendredi dernier à la Ghana News Agency M. Kwame Damoah-Agyeman, Directeur des élections.

Le « Daily Graphic », un journal d'Accra propriété du gouvernement, a indiqué que les organisations étrangères sont : la 'International Foundation for Education and Self-Help', le 'Sierra Leone National Electoral Commission Observer Group', la 'Nigerian Electoral Commission' et les missions diplomatiques au Ghana, notamment la 'British High Commission'.

Les organisations locales sont : la 'Coalition of Domestic Election Observers', la 'National Union of Ghana Students', la 'Ghana Legal Literary and Resource Foundation', 'Free and Fair Election International', la 'National Integrity Protection Society', 'Friends of the Alphabet' et le 'Forum for Religious Bodies'.

CAMEROUN : Amnesty condamne l'impunité

Amnesty international a exprimé son inquiétude au sujet d'un charnier contenant plus de 36 cadavres, découvert au début du mois de novembre près de l'aéroport international de Douala au Cameroun.

« La découverte de ce charnier exacerbe les craintes quant au sort d'un nombre plus important de personnes « disparues » durant les huit mois écoulés après avoir été détenus par les forces de sécurité », a indiqué Amnesty international lundi. Neuf autres corps avaient été découverts début mai à proximité du village Petit Dimbaba, au sud de Douala, la capitale économique du pays.

Selon Amnesty international, le chapitre camerounais de l'organisation non gouvernementale Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT) avait inscrit 29 victimes à la fin du mois d'août et avait fait état d'un nombre plus élevé de personnes non identifiées tuées.

Les groupes de la société civile, les leaders religieux et la presse au Cameroun ont critiqué à maintes reprises l'incohérence de la réponse du gouvernement aux accusations de tueries sommaires perpétrées par la force spéciale de sécurité, le Commandement opérationnel, en particulier à Douala, a rappelé Amnesty.

Jusqu'à présent, aucune enquête indépendante et ouverte n'a eu lieu en réaction aux allégations individuelles ou au comportement des membres du Commandement opérationnel en général.

« Une enquête immédiate sur toutes les allégations de tueries et de torture de la part des forces de sécurité devrait être immédiatement ouverte afin de faire comparaître les personnes responsables devant la justice », a demandé Amnesty international.

[Pour obtenir le communiqué complet d'Amnesty, prière de voir : http://www.amnesty.org/news/]

TCHAD : Acquittement du directeur de journal, sursis pour le commentateur

Un haut fonctionnaire public retraité, qui avait publié un article qui n'a pas plu au gouvernement du Tchad, a été condamné lundi à six mois de prison avec sursis par le tribunal de N'djamena, a fait savoir Reporters Sans Frontières (RSF). L'article de M. Garonde Djarama paru dans l'hebdomadaire « N'djamena Hebdo » traitait essentiellement des agressions contre les ressortissants des pays subsahariens en Libye, ainsi que de la mollesse de la réaction du gouvernement tchadien face à ces attaques. Il a également reçu l'ordre de payer une amende de 50 000 CFA (soit environ 65 $US) et la somme symbolique d'un CFA pour dédommagement.

Pour sa part, le directeur de l'hebdomadaire a été acquitté, mais aussitôt qu'il quitta le tribunal, M. Oualatar Begoto a été arrêté par la police judiciaire pour être interrogé au sujet d'une deuxième plainte déposée par l'ambassadeur libyen au Tchad. Il fut libéré ultérieurement.

AFRIQUE DE L'OUEST : Annan met l'accent sur l'importance du dialogue

L'Afrique a « beaucoup à apprendre de ses propres traditions » a déclaré lundi au Bénin le Secrétaire-Général de l'ONU, M. Kofi Annan, en faisant allusion aux communautés villageoises qui prenaient traditionnellement des décisions par consensus après un franc débat.

M. Annan s'adressait à la Conférence internationale sur la démocratie qui achèvera ses travaux mercredi au Bénin, deuxième étape de sa tournée dans quatre pays africains.

Il a ajouté que des moyens de communication de masse libres et vigoureux étaient essentiels pour la démocratie. « Dans une démocratie, les médias ne peuvent être passifs », a estimé M. Annan. « Ils doivent s'employer à chercher la vérité au nom du public, et être libres de la dire comme ils la voient ».

Alors que la pauvreté et l'oppression sont allés de pair, a-t-il souligné, le développement véritable consistera à se libérer des deux. « Aucun état ne peut réellement être appelé démocratique s'il n'offre à son peuple aucune échappatoire à la pauvreté », a relevé M. Annan. « Aucun pays ne peut véritablement se développer tant que sa population est exclue du pouvoir ».

Visite en Sierra Leone

M. Annan s'était rendu au Bénin en fin de semaine en provenance de la Sierra Leone où il avait indiqué aux journalistes dimanche que sa visite, la deuxième dans ce pays, visait à appuyer les efforts locaux et internationaux de relance du processus de paix après son quasi effondrement en mai.

"Je suis également ici pour démontrer ma solidarité au peuple de la Sierra Leone, traumatisé par un conflit catastrophique", a-t-il ajouté.

Parmi ceux qui ont souffert, figurent de nombreux enfants qui, en tant que combattants, ont commis des atrocités ou furent victimes de tels abus. M. Annan a effectué une visite dans un centre de réinsertion des anciens enfants soldats situé à Lakka, à huit kilomètres à l'ouest de Freetown.

Le Conseil de sécurité de l'ONU examine à l'heure actuelle le rapport ainsi que les recommandations de M. Annan quant à l'établissement d'un tribunal spécial pour juger les criminels de guerre. « Je forme sincèrement le vœu que cela puisse contribuer à mettre un point final à l'impunité et à décourager d'autres personnes, dans le futur, de commettre d'odieuses violations des droits de l'homme et du droit humanitaire », a-t-il conclu.

Abidjan, le 5 décembre 2000

[FIN]

Les informations contenues dans ce bulletin vous sont parvenues via IRIN, un département d'informations humanitaires des Nations Unies, mais ne reflètent pas nécessairement les vues des Nations Unies ou de ses agences. Si vous réimprimez, copiez, archivez ou renvoyez ce bulletin, merci de tenir compte de cette réserve. Toute citation ou extrait devrait inclure une référence aux sources originales. Les rapports d'IRIN sont archivés sur internet sous : http://www.reliefweb.int/IRIN. Toute utilisation par des sites web commerciaux nécessite l'autorisation écrite d'IRIN. ]