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Bénin : Les réfugiés togolais continuent d'affluer, mais les fonds ne suivent pas

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DAKAR, le 3 août (IRIN) - De nombreux togolais fuient encore leur pays plus de trois mois après le scrutin présidentiel controversé d'avril dernier et les réfugiés, dont le nombre s'élève aujourd'hui à 40 000, ne semblent pas vouloir retourner chez eux, a déclaré mardi le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) tandis qu'il réitérait son appel auprès des bailleurs de fonds.
Depuis les premières flambées de violence, en avril dernier, à l'issue d'un scrutin présidentiel controversé, 24 500 réfugiés togolais ont traversé la frontière béninoise, à l'est, et 15 500 autres ont fui vers le Ghana, à l'ouest. Ils sont aujourd'hui dispersés dans les régions frontalières des deux pays.

Au plus fort de la crise politique togolaise, plusieurs milliers d'habitants passaient la frontière chaque semaine. Bien que le nombre des nouveaux arrivants ait fortement diminué, quelque 200 Togolais se réfugient encore au Bénin chaque semaine, selon Jennifer Pagonis, porte-parole du HCR à Genève. Au Ghana, en revanche, aucun nouveau réfugié n'a été signalé depuis la fin du mois de mai.

Tandis que le nombre total des réfugiés continue d'augmenter, les fonds du HCR enregistrent un déficit. L'agence a besoin de 4,7 millions de dollars américains pour mener ses opérations au Bénin et au Ghana. Toutefois, n'ayant reçu jusqu'à présent qu'une somme totale de 1,75 millions, elle a été contrainte de puiser 1,5 millions dans ses réserves.

« Du coup, on se retrouve avec un déficit de 1,45 millions », a déclaré Mme Pagonis. « Il semble que les réfugiés n'ont pas l'intention de rentrer chez eux dans un futur immédiat. Il est donc crucial que les bailleurs répondent à notre appel pour nous permettre d'aider ces populations ».

Les Togolais qui traversent encore la frontière béninoise déclarent fuir le pays pour échapper aux persécutions des forces de sécurité. Ils affirment que celles-ci cherchent à éliminer tout opposant potentiel du président Faure Gnassingbé, le vainqueur du scrutin contesté.

Les réfugiés sont, en majorité, des jeunes gens originaires du sud du pays, une région toute acquise à l'opposition.

« Ce que les réfugiés nous disent tous, c'est que le jour, la situation est calme. C'est la nuit que les choses se passent », a révélé un travailleur humanitaire basé au Bénin, qui a requis l'anonymat.

« Des gens en uniformes se rendent dans les régions où vivent des sympathisants ou des militants de l'opposition, et personne ne sait ce qu'il advient de ces derniers... Il y a un climat de peur ».

Les autorités ont assuré que les réfugiés ne risquaient plus rien s'ils retournaient chez eux. Elles ont rejeté les allégations de violations continues des droits de l'homme.

Lors des négociations qui ont eu lieu en juillet à Rome entre M. Eyadéma et Gilchrist Olympio, leader de l'opposition depuis de nombreuses années, les deux hommes ont conclu qu'il était impératif d'engager un processus de réconciliation nationale et de procéder au rapatriement des réfugiés.

Mais certains travailleurs humanitaires affirment que le rapatriement ne se fera pas avant quelques mois.

« Bien que le rapatriement soit vivement souhaité, il ne se fera pas avant la fin de cette année, voire de l'année prochaine », a déclaré le représentant d'une organisation humanitaire.

« Il y a, parmi les réfugiés, un noyau dur de militants qui ne veulent rien savoir du rapatriement. Avant tout, ils ont besoin de sentir qu'au moins certaines de leurs préoccupations ont été entendues », a-t-il ajouté.

Le scrutin présidentiel avait été organisé à la hâte en avril, à la suite du décès de l'ex-président Gnassingbé Eyadéma, qui avait gouverné le pays pendant 38 ans. Les manifestations de rue qui avaient suivi l'annonce officielle de la victoire de son fils Faure avaient été réprimées par les forces de sécurité.

L'opposition, prétendûment radicale, a refusé de se joindre au gouvernement d'unité nationale formé par le nouveau président.

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