Assistance aux réfugiés, rapatriés ou personnes déplacées en Afrique1 (couvre la période du 1er janvier 2007 au 15 juin 2008) (A/63/321)

Report
from UN General Assembly
Published on 22 Aug 2009 View Original
Soixante-troisième session
Point 42 de l'ordre du jour provisoire*
Rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies
pour les réfugiés, questions relatives aux réfugiés,
aux rapatriés et aux déplacés et questions humanitaires

I. Introduction

1. Le déplacement de personnes suite à des conflits armés et à d'autres situations de violence en Afrique s'est accru pendant l'année 2007 et le nombre total de personnes déracinées a augmenté d'environ 1 million. =C0 la fin 2007, la population totale qui préoccupait le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR ou HCNUR) atteignait les 15,2 millions d'individus, et le nombre de personnes déplacées dépassait largement le nombre de réfugiés. Les estimations de 12,7 millions de personnes déplacées en Afrique comptent pour près de la moitié du total des personnes déplacées dans le monde. Les nations africaines ont accueilli 2,3 millions de réfugiés en 2007, poursuivant ainsi la tendance à la diminution observée depuis 2001.

2. Sous-jacents à ces principales tendances, on retrouve les progrès significatifs réalisés pour obtenir des solutions durables et l'incidence de plusieurs nouveaux mouvements de population sur tout le continent. Pendant la période couverte par le rapport, plus de 2 millions de personnes déplacées ont trouvé des solutions à leur situation critique. Ceci est le résultat, en grande partie, du processus de consolidation de la paix et de la stabilité dans certains pays d'origine, mais également de la générosité de plusieurs états africains qui ont proposé l'intégration locale et de pays, ailleurs dans le monde, qui ont fourni des possibilités de réinstallation. En 2007, on estimait que 300 000 réfugiés et 1,7 million de personnes déplacées avaient pris la décision de rentrer chez eux, souvent après des années d'exil. Cependant, leur joie a souvent été tempérée par les difficultés à se réintégrer dans des communautés affectées par les conflits. Des progrès significatifs ont été accomplis en matière d'intégration locale de groupes de réfugiés résiduels en Afrique centrale, australe et occidentale. Pour quelque 19 000 réfugiés sur tout le continent, une réinstallation dans un pays tiers a représenté la solution à long terme la plus appropriée.

3. En même temps, les conflits frappant le nord de la République centrafricaine, le Tchad, la province du Nord-Kivu de la République démocratique du Congo, la Somalie et la région du Darfour au Soudan ont provoqué de nouveaux déplacements internes et de part et d'autre des frontières internationales et ont exacerbé des situations humanitaires déjà catastrophiques. La fourniture d'assistance et de protection ont constitué un défi, souvent dangereux et cependant vital pour des millions de personnes qui fuyaient l'insécurité, les conflits politiques et la persécution.

4. Les pays africains sont demeurés les bénéficiaires de la majeure partie du financement international pour les secours d'urgence et les opérations humanitaires. Entre janvier 2007 et juillet 2008, un peu plus de 5,5 milliards de dollars des états-Unis ont été alloués à des activités humanitaires en Afrique, identifiées par le biais de 36 appels au secours interorganisations des Nations Unies et de leurs partenaires. La majorité de ces appels devait servir à des activités bénéficiant aux personnes déplacées. Le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires a contribué à assurer une réponse aux situations d'urgence plus prévisible, notamment par le biais de subventions pour l'Afrique de plus de 398 millions de dollars des états-Unis par rapport à des déboursements totaux de 613 millions de dollars. Plusieurs donateurs ont en outre continué à canaliser les ressources humanitaires vers le Soudan et la République démocratique du Congo, en dotant les coordinateurs humanitaires de ces pays d'un mécanisme de financement stratégique permettant d'assurer un soutien rapide en cas d'activités critiques. Les organisations des Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG) ont reçu des financements importants par le biais de Fonds d'intervention pour les urgences humanitaires en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, en Somalie, au Soudan et au Zimbabwe.