Sécurité alimentaire : le fonds multi-donateurs attribue ses premiers dons à cinq pays

Report
from World Bank
Published on 23 Jun 2010 View Original
  * Le Bangladesh, Haïti, le Rwanda, la Sierra Leone et le Togo sont les cinq premiers bénéficiaires du Programme mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP).

* Le GAFSP a été mis en place par le Groupe de la Banque mondiale afin d'encadrer les promesses de dons faites par le G20 en septembre 2009.

* Les membres fondateurs du GAFSP sont le Canada, la Corée du Sud, l'Espagne, les États-Unis et la Fondation Bill & Melinda Gates.

Le 23 juin 2010 - Le Rwanda est un pays enclavé dont la densité de population est l'une des plus élevées du monde. Dans le « pays aux mille collines », les agriculteurs travaillent de haute lutte pour extraire de la terre leur subsistance.

Au Rwanda, les terres arables sont non seulement insuffisantes mais elles sont de surcroît situées à près de 90 % à flanc de coteau. L'érosion provoquée par les pluies torrentielles qui s'abattent sur plus de la moitié des versants rwandais entraînent l'inondation et l'envasement des vallées au-dessous. Elle coûte au pays 1,4 million de tonnes de sols fertiles chaque année.

La faible productivité agricole dont souffre le Rwanda - qui n'est pas une fatalité compte tenu notamment des conditions agro-climatiques favorables dont il jouit - constitue l'une des principales préoccupations des autorités rwandaises. L'augmentation de la productivité agricole du pays et la sécurité alimentaire pour les Rwandais sont ainsi au cœur de la Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté élaborée par le gouvernement.

L'agriculture est le pilier de l'économie rwandaise : elle représente environ 39 % du produit intérieur brut (PIB) et 90 % des besoins alimentaires du pays. Elle contribue en outre à 63 % des recettes d'exportation. D'après les estimations du gouvernement rwandais, une croissance régulière de l'agriculture d'au moins 8 % permettrait au Rwanda d'atteindre le premier des objectifs de développement pour le Millénaire : réduire de moitié l'extrême pauvreté d'ici 2015.

C'est en appui au plan stratégique national pour l'agriculture et la sécurité alimentaire - élaboré en partenariat avec les bailleurs de fonds, la société civile et le secteur privé - que le Rwanda va bénéficier du nouveau fonds fiduciaire mondial pour la sécurité alimentaire. Ce financement, qui s'élève à 50 millions de dollars, doit soutenir les efforts de transformation de l'agriculture en terrasses par la réduction de l'érosion dans des zones ciblées. L'objectif est d'augmenter les revenus des agriculteurs tout en stimulant la productivité de manière durable et respectueuse de l'environnement.

De l'appel du G20 à la création d'un fonds multi-donateurs par la Banque mondiale

Le Programme mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP, selon l'acronyme anglais) a été lancé en avril 2010, après que les dirigeants du G20 réunis à Pittsburgh en septembre 2009 ont demandé à la Banque mondiale de mettre en place un mécanisme multilatéral pour exécuter les promesses de dons (22 milliards de dollars) en faveur de la sécurité alimentaire à long terme formulées lors du sommet du G8 à L'Aquila, en juillet 2009.

Les cinq bailleurs de fonds à l'origine du programme - le Canada, la Corée du Sud, l'Espagne, les États-Unis et la Fondation Bill & Melinda Gates - se sont engagés à verser près de 900 millions de dollars au GAFSP. Ils ont versé à ce jour 254 millions de dollars, soit 30 % environ du montant de leurs engagements. Outre le Rwanda, les autres pays bénéficiant de la première série de financements sont le Bangladesh, Haïti, la Sierra Leone et le Togo.

Les aides, comprises entre 35 et 50 millions de dollars, visent à stimuler la production de denrées de base (riz, maïs, manioc), à aider les agriculteurs à accéder à de meilleures semences, ainsi qu'à des conseils techniques, et à améliorer leurs débouchés.

L'attribution de ces fonds a été saluée par le Président de la Banque mondiale comme une « première étape importante sur la voie de la sécurité alimentaire » : pour les agriculteurs pauvres des premiers pays bénéficiaires, l'enjeu est de « produire suffisamment de nourriture pour que leurs propres familles ne connaissent pas la faim ».

Mais Robert B. Zoellick a également souligné l'espoir de voir les autres pays donateurs exécuter leurs engagements à l'occasion des prochains sommets internationaux, et participer ainsi aux efforts entrepris pour stimuler la productivité agricole et remplir les étals des marchés.

Pour Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale à la Banque mondiale, la mobilisation des donateurs est plus que bienvenue. Citant une étude récente menée par la Banque mondiale, elle avertit que l'instabilité des prix des produits alimentaires suscite une préoccupation croissante : alors qu'au niveau mondial le prix des céréales a chuté l'année dernière, les prix alimentaires domestiques ont connu ces derniers mois une forte augmentation en Asie du Sud et dans certaines régions d'Afrique subsaharienne.

Objectifs du soutien financier initial du GAFSP

Bangladesh (50 millions de dollars) : Améliorer la productivité et la résistance des petits exploitants agricoles contre les raz de marée, les crues subites et les sécheresses fréquentes, financer l'adoption de meilleurs variétés de semences et de meilleures techniques de gestion de l'eau.

Haïti (35 millions de dollars) : Augmenter la productivité des petits exploitants agricoles, particulièrement les femmes, en améliorant l'accès aux semences, aux engrais et à la technologie.

Rwanda (50 millions de dollars) : Appuyer la transformation de l'agriculture en terrasses en réduisant l'érosion et en stimulant la productivité de manière durable et respectueuse de l'environnement.

Sierra Leone (50 millions de dollars) : Financer la commercialisation des produits des petits exploitants agricoles en améliorant les facteurs de production, en offrant des formations en gestion agricole et en reliant les agriculteurs aux marchés.

Togo (39 millions de dollars) : Stimuler la production de riz, de maïs et de manioc en fournissant aux petits exploitants de meilleures variétés de semences, une assistance technique et un accès plus large et plus facile au crédit.